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Une contrefaçon des dons du Saint-Esprit – Le cas de Robert Baxter et l’église catholique-apostolique

 

Biographie de Robert Baxter : [ca. 1802-1889] Baxter était un avocat qui fut impliqué dans un groupe de chrétiens de l’Eglise d’Écosse. Ce groupe commença à expérimenter des phénomènes inhabituels où une puissance venait sur les membres de l’assemblée et les inspirait à prophétiser ou à parler dans des langues auparavant inconnues. Tous dans le groupe, y compris Baxter, supposaient que cette puissance était le Saint-Esprit, mais finalement Baxter commença à avoir des doutes et en «éprouvant les esprits», il réalisa qu’ils avaient été trompés par un esprit mensonger. Le groupe pris plus tard le nom d’église catholique-apostolique mais a parfois été qualifiée d’Irvingienne d’après le nom de son fondateur, Edward Irving (1792-1834).

Avant de lire les propres écrits de Baxter, nous résumerons le descriptif de ses expériences.[1] Baxter était un chrétien conservateur, croyant en la Bible, qui s’occupait des pauvres de sa région (p. 4)[2]. Au moment de son expérience, et après s’être rendu compte du fait qu’il s’agissait d’une contrefaçon, il croyait que les dons de l’Esprit étaient pour toutes les époques, il n’avait ainsi aucun préjugé théologique contre les manifestations modernes de l’Esprit (p. 3). Alors qu’il participait à une réunion de prière, Baxter sentit une puissance descendre sur lui. Celle-ci lui intima la conviction qu’il ne partageait pas suffisamment sur la question du second avènement au point qu’il commença à pleurer à ce sujet. Il se sentit inspiré de livrer un message à haute voix à ceux qui étaient présents, et son corps fut pris de tremblements incontrôlables. Après cela, il commença un temps de prière et de jeûne pour chercher le Seigneur au sujet de ce qui s’était passé. En priant, des versets se présentaient dans sa tête à propos d’Elie accompagné d’un message déclarant que le Seigneur déversait sur l’église l’esprit et la puissance d’Elie pour préparer le retour de Christ. Ceci le persuada que la manifestation venait de Dieu (p. 4-7, 147-148). Pour Baxter, la puissance était clairement externe (i.e. quelque chose en dehors de la personne qui les touchait et les influençait). Cette puissance se consacrait tellement à diriger les personnes vers le Christ et à encourager ceux qui l’écoutaient à cultiver les fruits de l’Esprit qu’il ne semblait pouvoir s’agir que du Saint-Esprit (p. 21-22). L’auteur eut la conviction mentale et son propre esprit semblait témoigner qu’il s’agissait bel et bien du Saint-Esprit (p. 147, 149). Le Christ et le besoin de repentance étaient prêchés si fortement sous l’influence de cette puissance qu’il était difficile pour Baxter de la percevoir comme autre chose qu’un mouvement de rafraîchissement de Dieu (p. 44).

A partir de là, il y eut une venue régulière de cette puissance sur Baxter au cours de laquelle il était amené à faire des déclarations aux autres (p. 5, 13, 68-70). Il fut empreint de connaissances sur les autres qu’il n’aurait normalement pas été en mesure de connaître (p. 71-72, 86-88). Il pouvait lire les pensées des autres (p. 69-70, 87-88), dire aux gens quelle était la volonté supposée de Dieu (p. 14, 23), parler dans des langues qu’il n’avait pas auparavant étudiées (p. 68, 133-135), prier en public avec puissance (p. 12) et prêcher avec impact (p. 5, 15-16). Finalement, la puissance conduisit Baxter à dire à certaines personnes qu’elles allaient devenir prophètes, apôtres ou impliqués dans d’autres ministères spéciaux (p. 63, 68-70). Une des caractéristiques de la puissance était qu’elle conduisait ceux qui étaient influencés par elle à livrer de fortes réprimandes aux gens (p. 15, 19-20, 68, 128) et à encourager ceux qui l’écoutaient à s’examiner spirituellement (p. 86-87). Cette puissance amenait aussi à faire des choses bizarres comme conduire Baxter à se lever de manière inattendue et quitter une école du dimanche (p. 10), se sentant obligé d’aller dans un bureau gouvernemental avec l’intention d’interrompre les activités pour livrer une prophétie (p. 23-25). Elle le conduisait à se sentir obligé de quitter une réunion à domicile à cause de quelque chose d’impur dans la maison (p. 35-36), ou à lui faire sentir qu’il était appelé à quitter sa femme et que cela allait être utilisé par Dieu comme une mesure disciplinaire à son encontre pour ne pas avoir cru que la puissance était le Saint-Esprit (p. 38-41, 49-51, 90). Lorsque la femme de Baxter eut des doutes sur le fait que cette puissance était bien de Dieu, elle commença elle-même à avoir des expériences mystiques qui semblaient confirmer que ce n’était pas le cas (p. 18, 88-89). Cette puissance a souvent encouragé les gens à être attentifs de ne pas être trompés par Satan, en leur rappelant que celui-ci est capable de se présenter comme un ange de lumière (p. 62). Cependant, la puissance disait qu’elle ne permettrait jamais à Satan de parler par l’un des prophètes (p. 117) et ses disciples utilisaient l’expression « Satan ne peut chasser Satan » pour justifier leurs déclarations comme véridiques (i.e. pourquoi Satan critiquerait Satan?) (p. 136).

Les manifestations voyageaient d’une congrégation à l’autre lorsqu’une personne nantie de la puissance visitait une autre congrégation (p. 141). Les expériences étaient si impressionnantes que Baxter était stupéfait de ce qui lui arrivait quand l’esprit venait sur lui (p. 152). La puissance voulait que ceux qui la suivaient se séparent du courant dominant du christianisme, qu’elle décrivait comme rétrograde et mondain (p. 54-57, 62-63, 87, 128-129, 150, 153). La puissance indiquait que l’église établie ne serait plus essentiellement utilisée par Dieu, mais seulement le nouveau mouvement associé aux dons de l’Esprit (p. 28, 32-33). Ceci eut pour effet de distancer les adeptes de cet esprit de tout chrétien qui les encourageait à reconsidérer le fait qu’ils suivaient bien le vrai Esprit (p. 128). Ceux qui suivaient l’esprit étaient amenés à apparaître comme possédant une sainteté et un zèle dépassant ceux des chrétiens des autres dénominations (p. 128) et cela les a naturellement poussés à croire que Dieu allait les utiliser plutôt que d’autres dénominations.

L’esprit prétendait être et déclarait ce qu’était la «vérité» (p. 104-105) et il recherchait la confiance totale et la soumission en essayant d’amener les gens à abandonner leur capacité de compréhension et de s’y soumettre sans juger quoi que ce soit. Si des contradictions apparaissaient, il leur était dit d’attendre et de croire que la puissance les expliquerait (p. 127). Baxter nota que c’était tout à fait naturel pour ceux qui suivait l’esprit de rationaliser et d’expliquer dans leurs pensées les contradictions qu’ils commençaient à remarquer dans les prophéties (p. 51). L’esprit encourageait les gens à faire confiance à ceux qu’il habilitait (c’est-à-dire les prophètes et les prophétesses) et qui étaient considérés comme des porte-paroles de l’esprit (p. 20).

La puissance gagnait la confiance des gens en les flattant avec des prophéties qui indiquaient qu’ils étaient super spirituels ou qu’ils avaient été choisis par Dieu pour être prophètes ou apôtres, etc. et que seuls ceux qui faisaient partie du mouvement de l’esprit constituaient la vraie Eglise (p. 66, 128). Cela a naturellement attiré les gens vers l’esprit parce cela les faisait se sentir importants. La puissance soulignait que plus les gens le suivraient, plus ils deviendraient puissants ; elle les encourageait à s’attendre à ce qu’une plus grande puissance miraculeuse vienne. Cela rendit encore plus attrayant pour les gens de la suivre et suscita une espérance croissante en la venue d’une étonnante nouvelle ère de miracles (p. 88).

La puissance mettait l’accent sur la seconde venue du Christ (p. 142) et réprimandait ceux qui n’avaient pas fidèlement annoncé la venue prochaine du Seigneur (p. 147). Cela contribua à l’excitation et au sentiment des membres qu’ils étaient à la veille d’une nouvelle ère sur le point d’être ouverte.

La puissance encourageait également les gens à cesser de pratiquer le baptême et la communion, les menant plutôt à les considérer comme inutiles, étant donné qu’ils avaient été remplis spirituellement (p. 77-80). C’était naturellement plus acceptable à la lumière du fait qu’ils étaient sur le point d’entrer dans une nouvelle ère.

La puissance encourageait les gens à rechercher le baptême du Saint-Esprit et de feu et cela conduisait à la réception des dons de l’Esprit, y compris à s’attendre à la téléportation vécue par Philippe (p. 63-65, 77-78, 85, 90-91, 100, 106-108, 154). La puissance conduisait fréquemment les gens à utiliser l’expression «feu» (p. 64).

L’esprit a également utilisé la peur pour contrôler les gens. Il leur disait que de se moquer du nouveau mouvement les rendrait coupables de blasphème contre le Saint-Esprit (p. 37) et que les doutes seraient perçus comme des tentations plutôt que comme du bon sens (p. 75, 96). Ainsi, ceux qui suivaient l’esprit se sentaient obligés de rejeter tous les doutes, de peur qu’en les entretenant ils ne tombent dans le péché (p. 130). À un moment donné, Baxter dit qu’il tremblait à l’idée de concevoir des doutes (p. 117). Si une personne exprimait des doutes, le groupe incriminait son don individuel (i.e. il s’agissait d’une expérience venant d’un esprit de contrefaçon) plutôt que de voir le mouvement entier comme erroné (p. 27). Lorsque des erreurs se manifestaient, les gens se sentaient obligés d’en assumer la responsabilité (i.e. ils avaient parlé dans la chair, de leur propre volonté, etc.) (p. 130).

L’esprit avait visiblement tendance à se manifester plus autour des gens qui croyaient en lui, mais à être plus retenu autour de ceux qui ne croyaient pas (p. 47-48, 83-84).

Les effets spirituels et psychiques que cet esprit eut sur ceux qui l’avaient embrassé étaient étonnants. Il pouvait amener à une forte conviction de péché au point que les gens se sentaient ouvertement et personnellement réprimandés lors des réunions publiques (p. 5, 7, 9, 147), allant jusqu’à pleurer (p. 147). La puissance pouvait aussi apporter la paix de l’esprit ainsi que la foi (confiance et espérance) dans le fait que Dieu allait répondre aux prières de la personne (p. 151) ainsi qu’une grande joie et reconnaissance (p. 10-11, 90). Il semblait vraiment que ceux qui embrassaient cette puissance se voyaient communiquer l’amour de Dieu (p. 152).

La puissance donnait de nouveaux éclairages sur les Écritures auxquelles Baxter n’avait jamais pensé auparavant (p. 55-56, 59-62) et ces idées étaient à la fois belles et réconfortantes (p. 86). En effet, le travail de l’esprit était entrelacé avec l’Écriture (p. 117). Cette expérience, comme Baxter l’a décrite, se ressentait comme un puissant travail de l’Esprit qui le conduisit en communion avec Christ, lui faisant ressentir qu’il avait une relation spéciale avec la pensée du Christ. Cela était accompagné d’une compulsion à partager avec les autres ce que le Seigneur lui avait révélé (p. 151). Baxter remarqua, cependant, que ces nouvelles idées avaient tendance à devenir le point d’attention de la personne qui les recevait au point que celle-ci mettait une emphase déséquilibrée sur elles (p. 140-141).

Alors que les gens vivaient de telles expériences, leur réponse naturelle a été d’être conduits dans une vie chrétienne plus fervente et dévouée (p. 8, 45, 96, 148, 152) et l’esprit encourageait ceux qui l’écoutaient à demander plus de Dieu, mais Baxter se rendit compte que ce dont il s’agissait réellement était qu’elles recherchaient plus de puissance et non réellement Dieu (p. 65-66).

Baxter remarqua que s’il avait des appréhensions à suivre ce que l’esprit disait, il trouvait un soulagement et la paix quand il se résignait à faire la volonté de Dieu telle qu’elle lui était dictée par la puissance (p. 46).

Malgré tous les sentiments encourageants que la puissance insufflait à ceux qui l’adoptaient, elle avait aussi un côté sombre. Baxter a exprimé comment l’obscurité venait dans ses pensées lorsque les prophéties données sous la puissance ne se réalisaient pas (p. 85-86, 88) et il se sentait parfois dérangé dans son esprit en parlant sous l’onction de la puissance (p. 120). Bien qu’il se sente parfois mal à l’aise dans les choses qu’il était amené à dire, il raisonnait en pensant que si Dieu le disait, comment cela pouvait-il être mauvais (p. 21)?

L’auteur a également remarqué que plus on écoutait l’esprit, plus on devenait naïf et crédule, même face à d’apparentes contradictions (p. 28). Les fréquentes impulsions surnaturelles causées par l’embrassement de cette puissance semblaient affaiblir l’esprit au point que les pensées pouvaient être facilement modifiées d’une impulsion à l’autre (p. 137-138).

Une série d’événements ont finalement joué un rôle dans le fait que Baxter réalisa qu’il avait été trompé. Ceux-ci comprenaient des prophéties qui ne se s’étaient pas réalisées telles que prophétisées ou attendues (p. 41-42, 52-53, 82-83) ainsi que des déclarations contradictoires (p. 92-95). Il y eut la situation d’un homme, dans laquelle la puissance avait conduit Baxter à le reconnaître comme spécialement appelé par Dieu, et qui avait été convaincu de parler sous la puissance d’un démon (p. 91-92, 106), et aussi un exemple où la puissance ne pouvait chasser un démon d’un homme (p. 72-74).

Baxter finit par conclure qu’il avait été livré à un esprit séducteur à titre de discipline pour ses propres péchés (p. 8, 47-48, 50-51, 83-84, 117-118). Mais quand il essaya de partager cela, il se rendit compte que cela même qui avait amené la discipline sur certaines personnes (i.e. le péché d’orgueil) les empêchait de pouvoir admettre qu’elles avaient été trompées (p. 118). Après avoir quitté le mouvement, l’esprit avertit ceux qui étaient encore dedans de ne plus s’associer à Baxter (p. 124).

Ce qui suit est l’expérience personnelle, l’observation et la réalisation de Baxter qu’il avait été trompé en acceptant une contrefaçon.

Premières expériences de la puissance par Baxter

A cette époque je fus, du fait d’arrangements professionnels, appelé à Londres, et j’eus un fort désir d’assister aux réunions de prière qui étaient alors tenues en privé par ceux qui parlaient sous la puissance, et qui recherchaient les dons […] Après qu’un ou deux frères aient lu et prié, il fut donné à M. T.[3] deux ou trois mots très distincts, et empreints d’une énergie et d’une profondeur de ton qui me parurent extraordinaires, et cela tomba sur moi comme une parole surnaturelle que j’attribuai à la puissance de Dieu; Les mots étaient dans une langue que je ne comprenais pas. Au bout de quelques minutes, Mme E. C.[4] déclara en anglais une phrase qui, quant à la matière, à la manière et à l’influence qu’elle eut sur moi, me conduisit à m’incliner aussitôt comme devant l’expression de l’Esprit de Dieu. Ceux qui ont entendu ces déclarations puissantes et directives n’ont besoin d’aucune description; mais ceux qui n’en ont jamais entendu peuvent concevoir qu’un ton de voix inhabituel et surnaturel, ainsi qu’une puissance d’expression intense et fascinante (en plus d’être une réprimande sévère à l’égard de tous les présents, et applicable à mon propre état d’esprit) m’affectèrent, ainsi que les autres qui étaient réunis, s’attendant à entendre la voix de l’Esprit de Dieu. Au milieu du sentiment de crainte et de révérence qui naquit, je fus moi-même saisi par la puissance; et alors que je luttais contre elle, elle s’exprima, et me fit rendre une confession de mon propre péché, pour lequel nous avions été réprimandés. Elle me fit ensuite prononcer une prophétie selon laquelle les messagers du Seigneur devaient sortir, publier aux extrémités de la terre avec la puissante de Dieu, le témoignage de la prochaine venue du Seigneur Jésus. La réprimande avait été donnée pour ne pas avoir déclaré la prochaine venue de Jésus, et je fut frappé dans ma conscience, après m’être abstenu plusieurs fois d’en parler aux autres, dans la crainte qu’ils aient pu trébucher sur cela ou en être offensés.

J’étais submergé par cet événement. L’obtention du don de prophétie, qui était sensé être cette expression surnaturelle, était, pour moi-même et plusieurs autres, un grand objet de désir. Je ne pouvais donc que me réjouir d’en avoir été le sujet; mais il y avait tant de difficultés rattachées aux circonstances dans lesquelles la puissance était venue sur moi, et j’étais si anxieux et affligé de m’être éventuellement trompé sur la pensée réelle de Dieu à ce sujet, que j’eus pendant plusieurs semaines l’esprit lourd et accablé. Il y avait en moi, au moment de l’énonciation, une très grande excitation; et pourtant j’étais distinctement conscient qu’un pouvoir agissait au travers de moi au-delà de la simple puissance de l’excitation. Cette puissance était si distincte de l’excitation que, dans tous mes troubles et doutes, je ne pouvais jamais réduire toute [l’expérience] à la [simple] excitation. (Narrative Of Facts, p. 4-6)

Baxter expérimente la puissance lui donnant des connaissances surnaturelles

La puissance qui reposait alors sur moi était bien plus intense qu’auparavant, alors que je livrais mon esprit et mon corps dans une obéissance parfaite, elle m’entraînait sans confusion ni excitation […] Toutes les anciennes visites de la puissance avaient été très brèves; mais maintenant elles étaient continues, elle semblait reposer sur moi toute la soirée. Les choses que je devais prononcer se reflétaient dans mon esprit sans prévenir, sans attente, sans plan ni arrangement : Tout était l’œuvre du moment présent, et j’étais devenu comme l’instrument passif de la puissance qui m’utilisait […] J’étais conduit [par la puissance] à engager les présents à demander des instructions sur tout sujet sur lequel ils cherchaient à être enseignés par Dieu; et, à plusieurs questions posées, les réponses furent données par mon entremise avec puissance. L’une en particulier faisait référence aux circonstances d’une affaire dont j’étais moi-même totalement ignorant, ce qui convainquit la personne qui l’avait posée que l’esprit qui parlait en moi connaissait ces circonstances, y ayant fait allusion dans sa réponse. (Narrative Of Facts, p. 13-14)

Le lendemain, à la réunion de prière du matin, rien de particulier ne se produisit. Au petit déjeuner [plus tard], plusieurs personnes que je ne connaissais pas étaient présentes et, ayant été amené à donner ce qui semblait être une prophétie des plus glorieuses […] il me fut clairement montré avec puissance, avant même que quelqu’un ne parle, qu’une personne dans la pièce avait un esprit qui répudiait totalement ce qui avait été prophétisé. Il ne m’a pas été révélé à laquelle des parties présentes elle s’appliquait, mais la puissance était si impressionnante, que je dis ouvertement : «Le Seigneur me montre qu’il y a une personne ici dont le coeur est endurci contre la vérité; qu’elle parle, car le Seigneur a un plan de miséricorde envers elle.» Pendant un petit moment, personne ne parla […] [finalement] une voix me parvint du haut de la pièce, et il me fut montré qu’il s’agissait de la personne en question. Je lui dis cela et lui demandais de parler. Il s’exprima et montra de façon très frappante, comment son état d’esprit m’avait été exactement ouvert […] Je sais que je n’avais jamais vu cet homme, ne le connaissais pas et n’avais jamais entendu le son de sa voix, avant que je ne révèle l’état de son esprit; Mais dès que j’entendis le son de sa voix, je le reconnus comme étant la personne visée. (Narrative Of Facts, p. 69-70)

Le samedi matin, chez M. Irving, un autre incident extraordinaire se produisit, me montrant le discernement de l’esprit qui parlait en moi. Au milieu du petit-déjeuner, M. Irving dit : «Notre frère (désignant une personne assise près de lui) souhaiterait demander conseil au Seigneur par ton entremise». Le monsieur, qui m’était un parfait inconnu, dit alors qu’il avait eu l’intention de faire quelque chose qu’il explicita, et voulu savoir si c’était la volonté du Seigneur et s’il devait le faire. La puissance vint alors sur moi, lui donnant une réponse, et se référa aux actions de M. B., d’Oxford; Elle déclara combien il attristait le Seigneur par sa témérité, et nous avertit de ne pas le suivre. Il n’y avait rien ni dans la question, ni dans la personne, ni dans la conversation précédente, qui ne conduise à parler de M. B; et comme il m’avait été donné de dire cela, je me demandai pourquoi celui-ci fut mentionné; mais après m’être renseigné, je compris que M. B. était un ami particulier de ce monsieur qui avait contribué à l’amener dans les difficultés au sujet desquelles il avait demandé conseil. (Narrative Of Facts, p. 71-72)

Un jour, dans l’église écossaise, alors que je méditais sur le bien-fondé de soumettre ma langue, et que je priais Dieu pour être enseigné à ce sujet, une déclaration vint de la part de Mlle E. C. «Remets ta langue à Jésus» qui continua par une exhortation à un entier abandon de nous-mêmes à l’Esprit de Jésus parlant et demeurant en nous. Les exemples d’un tel discernement évident des pensées sont si nombreux qu’ils enlèvent la possibilité de coïncidences accidentelles. Dans trois ou quatre cas distincts, alors qu’une personne priait en silence dans sa chambre, il arriva qu’une autre personne ayant le don, assise dans la pièce voisine, donna les réponses dans la puissance. Il se trouve que dans le cas de presque toutes les personnes avec lesquelles j’ai discuté, et qui avaient été amenées à croire dans la puissance, les exemples de discernement de leurs pensées, ou les références à leur état d’esprit particulier, ont été si frappants, qu’ils conduisaient à leur reconnaissance de la puissance. (Narrative Of Facts, p. 135)

Au petit déjeuner, chez M. Irving, la dernière scène de mon infortuné ministère parmi eux fut tant remarquable que mystérieuse. Pendant plusieurs matinées, lors des prières de famille, de très grands discours et des présentations particulièrement belles et réconfortantes de l’Écriture m’avait été donnés par la puissance. Ce matin, un pasteur (qui, je l’ai compris depuis, était d’Irlande et était venu expressément pour s’informer, favorablement disposé quant à l’oeuvre, mais effrayé par les doctrines), était présent. Il parla à M. Irving, mais je n’avais pas entendu ses observations. La soeur de Mlle E. C., qui était assise à côté de moi, me dit : «Ce monsieur est en train d’attrister l’Esprit.» Je regardai, et je vis un pouvoir reposant sur Mlle E. C., qui parlait sur le ton de la censure, mais je n’en recueillis pas plus sur lui, si ce n’est que le pasteur avançait quelque chose de faux. M. Irving commença alors, comme de coutume, à lire un chapitre auquel j’avais été conduit par la puissance; mais au lieu d’en donner une explication comme précédemment, la puissance qui reposait sur moi révéla qu’il y avait certains dans la pièce qui devaient partir. La parole vint sur moi, comme quoi nous étions assemblés à une sainte ordonnance pour prendre part au corps et au sang du Christ, et qu’il était de l’intérêt de tous de s’examiner afin de ne pas y prendre part indignement. Personne ne sortait, et je me fis encore et encore, de plus en plus péremptoire, pour les prévenir, jusqu’à ce que le pasteur en question et un vieil homme étranger ne sortent. Alors M. Irving continua à lire le chapitre. (Narrative Of Facts, p. 86-87)

Baxter reçoit la capacité de parler en langues sous la puissance

Au cours de mon récit, j’ai omis par inadvertance de mentionner mes expressions en d’autres langues. Comme une attention particulière est souvent portée sur cette forme d’expression qui appuya l’œuvre, je vais y faire allusion.

Quelques jours avant la prophétie de mon appel à la fonction apostolique, alors que j’étais assis à la maison, une grande puissance vint sur moi, mais pendant un temps considérable, sans susciter une quelconque impulsion à l’expression. Ensuite, une phrase en français fut distinctement exposée à ma pensée, et, fut exprimée sous l’impulsion de l’énonciation. Puis, en peu de temps, des phrases en latin furent prononcées de la même manière et, après de courts intervalles, des phrases dans beaucoup d’autres langues, à en juger par le son et l’exercice des différents organes vocaux. Ma femme, qui était auprès de moi, déclara que certaines d’entre elles étaient italiennes et espagnoles; Elle peut lire et traduire la première, et connaît la seconde dans une moindre mesure. Dans ce cas, elle ne fut pas capable d’interpréter ou de retenir les mots tels qu’ils étaient prononcés. Tout au long de ces déclarations, je fus grandement éprouvé dans mes pensées. Après la première phrase, une impulsion à l’énonciation persista en moi mais que je retins péniblement, ma conviction étant que tant que des mots ne m’étaient présentés, je ne devais pas utiliser ma langue pour les énoncer. Pourtant, j’étais troublé au sujet de ce que pourrait signifier l’impulsion et si j’y cédais. Au cours de ces expérimentations, je cédai pour quelques instants ma langue, mais l’expression qui s’échappa me parut si discordante que j’en conclus que l’impulsion sans les mots donnés, était une tentation; Ainsi je retins ma langue, et quand des mots m’étaient donnés, je la cédais. Parfois, il m’était donné des mots seuls, et parfois des phrases, bien que je ne pusse reconnaître ni les mots ni les phrases comme appartenant à une langue que je connaissais, sauf celles qui étaient françaises ou latines. Ce qui me fortifia, après mûre réflexion, dans l’opinion que je ne devais pas céder ma langue, était le souvenir de ce que dit M. Irving, lorsqu’il expliquait comment l’expression en langues vint pour la première fois sur M. T., qui avait des mots et des phrases qui se présentaient à lui. Juste après cet exercice, il vint un énoncé en anglais, déclarant que le don des langues, qui se manifestait à Londres, n’était rien de moins que celui des «langues» nécessitant une interprétation, et qui fut manifesté autrefois dans l’église de Corinthe; Mais que bientôt le Seigneur accorderait le don de la Pentecôte, permettant à ceux qui le recevraient de prêcher dans toutes les langues aux nations de la terre. J’ai été à plusieurs reprises confronté au même exercice, exprimant des mots et des phrases sans liens, mais jamais un discours connexe. Après m’être rendu à Londres, j’interrogeais ceux qui parlaient en langues, pour savoir s’il leur était donné des mots et des phrases ou s’ils abandonnaient leurs langues à l’impulsion de l’énoncé, sans percevoir de phrase. Ils répondirent presque tous qu’il leur arrivait la seconde situation et plus rarement la première. A Londres, je fut aussi amené à confirmer, devant M. Irving, ce qui avait été dit ici concernant le don des langues de la Pentecôte pour la prédication; et, telle fut la promptitude avec laquelle il se rallia aux paroles, que bien qu’il eût écrit et publié que le don de la Pentecôte n’était pas destiné à la prédication, il céda tout de suite, et confessa son erreur, rendant grâces pour la correction. (Narrative Of Facts, p. 133-134)

Baxter expérimente les dons surnaturels de prêche sous la puissance

Le lendemain matin, j’assistai à la première réunion de prière; et alors que le pasteur m’appelait pour prier, je reçus de la puissance une direction distincte pour lire le onzième chapitre du livre de l’Apocalypse. Je le lus sous la puissance, et ce faisant, je fus conduit par la puissance à l’exposer […] Dans la soirée, je vins à la maison du pasteur, où étaient assemblés les jeunes gens qui, pendant la semaine, enseignaient dans des écoles, et des maisons privées, dans différentes parties de Londres. Là encore, la puissance était très présente sur moi; et, pendant près de deux heures, je fus amené à leur donner ce que l’Esprit appelait «prêcher dans l’Esprit» (un sermon exposant le cours de l’église depuis les jours des apôtres). Ce sermon déclarait, entre autres choses, que dans les temps apostoliques, l’Eglise était comme Samson dans sa force; et que lorsque l’Eglise commença à forniquer avec les rois de la terre, le monde était comme Dalila qui séduisit l’Eglise pour lui faire abandonner la source secrète de sa force, (qui fut dite être l’enseignement de l’Esprit); et qu’au lieu de cet enseignement, l’Eglise recherchait l’approbation, les opinions, et les enseignements du monde […] (Narrative Of Facts, p. 15-16)

Le matin suivant le jour de mon arrivée, je fus sollicité de nouveau, et ouvrant au prophète Malachie, je lus le quatrième chapitre. Comme je lisais, la puissance vint sur moi, et je pus lire avec puissance. Ma voix s’élevait bien au-dessus de sa hauteur naturelle, faisant des répétitions de certains passages, et avec le même soulèvement intérieur que j’avais toujours éprouvé auparavant au contact de la puissance. Lorsque je m’agenouillai pour prier, je fus amené à prier dans la puissance pour la présence et la bénédiction de Dieu au sein de l’église; et dans tout ceci je ressentais une grande joie et paix, sans aucun empêchement qui avait eu lieu lors des dernières expressions dans la puissance. (Narrative Of Facts, p. 12)

Baxter commence à réaliser qu’il est trompé par un esprit mensonger

Ce soir là, une situation se produisit au milieu de mon discours, qui, même si elle ne me fit que peu d’impression à ce moment-là, me semble depuis avoir été ordonnée par Dieu comme un témoignage à notre égard, du fait que nous étions trompés. Alors qu’il fut dit : «Compte les jours, mille trois cents et deux cents», le capitaine G., qui était assis près de moi répéta les mots après moi, afin de se souvenir d’eux, et dit les mots, «deux cents» plus fort que les autres, le son retentit dans mes oreilles comme s’il m’avait dit «merveilleux», ce qui me donna l’impression qu’il trouvait merveilleux qu’on me fît dire de telles choses. Je me tournai vers lui, et je fus conduit par la puissance à le réprimander pour avoir trouvé cela merveilleux, et à lui demander d’examiner son propre cœur, car s’il se préoccupait de merveilles, il tomberait dans le piège de l’ennemi. Il ne reconnut pas son erreur à ce moment-là, mais par la suite […] le Capt. G. reconnu son erreur, et dit qu’il pensait ne pas le mentionner à ce moment, pour me le dire plus tard en privé. (Narrative Of Facts, p. 19)

Tout au long de la même journée, beaucoup de messages me furent donnés, ainsi qu’une intervention qui m’apparut comme une imitation satanique de l’esprit de révélation. Une puissance vint sur moi dans une volonté de révélation, communiquant d’une manière indistincte que je serai appelé à témoigner à Cambridge et à la Chambre des communes; et que, dans ce but, je serai enlevé par l’Esprit, comme Philippe le fut (Actes VIII) et il semblait que cela se ferait le jour même. Aucun signe probant ne me fut donné et je ne pus donc pleinement y croire; Mais, craignant de tenter ou d’attrister l’Esprit de Dieu en dépit de cette information je sortis, et me livrant entre les mains de Dieu, j’attendis de voir si la révélation venait de lui. Comme rien ne suivit, je jugeai que cela venait de Satan […] (Narrative Of Facts, p. 41-42)

Quelques jours après l’avoir quitté, M. Irving me fit suivre une lettre, ayant écrit quelques lignes de sa part, me disant combien ils avaient été encouragés et affermis par ma dernière visite à Londres, et combien ils attendaient mon retour nantis des pleins pouvoirs d’apôtre. Mais en même temps, il ajouta que M. F., qui avait parlé dans la puissance parmi nous, avait été convaincu de parler sous l’influence d’un esprit mauvais, Mme C.[5] et Mlle E. C. l’avait ainsi déclaré. Cela me troubla beaucoup, car j’avais moi-même été saisi par la puissance pour lui annoncer son appel au ministère spirituel. Il avait aussi été présent et parla dans la puissance le dernier matin où j’étais présent chez M. Irving, lorsque deux personnes furent priées de sortir; et quand il fut déclaré dans la puissance que le Seigneur ne souffrirait pas qu’un incroyant ou une personne impure ne soit présente à cette sainte ordonnance, comme on l’appelait. Voilà des contradictions que je ne pouvais expliquer […] (Narrative Of Facts, p. 91-92)

Par la suite, des discours vinrent, nous préparant à une grande faveur et grâce, qui avait été ordonnée pour nous par le Seigneur. Dans l’intervalle d’un jour ou deux, il s’ensuivit une déclaration étonnante (stipulant que le Seigneur m’avait mis à part) comme quoi, depuis le jour où j’avais été appelé au ministère spirituel, je devais compter 40 jours (échéance qui était presque expirée), que pendant ces 40 jours j’avais été éprouvé. Il fut dit que le Seigneur m’avait éprouvé et trouvé fidèle, et qu’ayant maintenant démontré en moi le premier signe d’un apôtre : «la patience» (se référant à 2 Cor. XII, 12), il me donnerait la plénitude de ceux-ci, par le don «des signes, des prodiges et des miracles», et qu’ainsi le Seigneur m’appelait à être un apôtre […] Il m’ordonna de revenir à l’église, où ma bouche avait été initialement ouverte, et, au quarantième jour, la puissance devait être donnée, les malades devaient être guéris, les sourds devaient entendre, les morts devaient être ressuscités, et des signes et des miracles puissants devaient apparaître […] Le [40e] jour, cependant, passa sans aucune manifestation de la puissance qui avait été prédite […] J’étais vraiment affligé du fait du retard de l’accomplissement de la prophétie concernant la consécration apostolique le quarantième jour […] Pour ajouter à ma détresse, j’appris de mon ami du pays, qu’il avait parlé dans la puissance, et reçu des instructions pour aller accomplir un miracle de guérison. Il précisa que dans le jeûne et la prière, il partit en mission, mais ne put accomplir aucun miracle. Il en conclut avoir parlé par un esprit mensonger et ne put croire plus longtemps que nous parlions par l’Esprit de Dieu. Ma prophétie concernant le quarantième jour avait été ébruitée dans mon propre quartier, et son échec ainsi que celui de mon ami, avaient eu un tel effet, que ma femme et la plus grande partie des croyants du pays avait abandonné tout ceci comme étant une tromperie. (Narrative Of Facts, p. 65-66, 70, 82- 83)

[…] J’étais, comme on peut le supposer, engagé dans l’examen de ce sujet et de l’ensemble des circonstances depuis le début ; les échecs successifs des prophéties et les contradictions des messages. Lorsque calmement examinés et comparés avec le fait présent de l’appui d’une fausse doctrine[6], tout ceci était fortement en faveur d’une origine mauvaise, et compte tenu qu’elle était manifestement surnaturelle, je fus convaincu qu’il s’agissait d’une œuvre de Satan, à qui, comme un ange de lumière, il fut permis de nous tromper pour un temps […] Soucieux de communiquer avec M. Irving, je me rendis à Londres, et le rencontrais le matin où il se présenta devant le presbytère de Londres. L’appelant lui et M. J. C.[7] à part, je leur dis ma conviction que nous avions tous parlé par un esprit de mensonger, et non par l’Esprit du Seigneur. Il dit qu’il était impossible que Dieu ait pu nous envoyer de puissantes séductions, car il s’agissait là de son jugement sur les méchants, alors que nous cherchions le Seigneur, et désirions sa gloire. Je lui répondis, que je pensais que Dieu nous avait envoyé cela comme un châtiment pour notre orgueil et nos pensées hautaines ; que nous nous étions élevés dans nos propres cœurs, et que Dieu nous humiliait […] Je le revis le soir, et le matin suivant, je me suis efforcé de le convaincre de son erreur doctrinale et de nos illusions concernant l’œuvre de l’Esprit, mais il était tellement fermé, qu’il ne put voir ni l’un ni l’autre. (Narrative Of Facts, p. 118-119)

Longtemps après avoir abandonné cette oeuvre comme une illusion, la présence de la puissance continuait en moi au point que j’étais obligé de lui résister sans cesse : Quand dans la prière, la puissance venait et m’amenait à délivrer un message dans la puissance, j’étais obligé d’arrêter de prier pour y résister. Cela a été très pénible pendant longtemps, joint à cela l’obscurité et la torpeur des pensées, pour avoir été si longtemps influencé par des illusions. Toutefois dans de telles circonstances, tout ce que nous pouvons faire est de maintenir notre confiance dans le fait que Dieu ne nous abandonne pas; et de veiller à éviter tout esprit d’apitoiement ou de plainte envers Dieu, de nous humilier, et d’invoquer le sang de l’aspersion de l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde : Ses compassions ne prennent pas fin, elles se renouvellent chaque matin. (Narrative Of Facts, p. 145)

Epilogue et commentaires du « blog de réflexion chrétien »

En 1835, douze « apôtres » furent appelés par les prophètes du mouvement des Irvingites, c’est ainsi que naquit l’église catholique-apostolique. En 1836, une parole prophétique donna lieu au fait que ces « apôtres » furent envoyés dans les territoires du monde chrétien de l’époque. Leur but était une réforme spirituelle de la chrétienté notamment par l’annonciation de leurs révélations prophétiques. En 1879, tous les « apôtres » étaient morts, interdisant l’ordination de nouveaux ministères de culte. Suite à cela, le mouvement déclina en terme de membres, mais des dissidences advinrent, notamment en 1879 avec la création de l’église néo-apostolique qui opta pour le remplacement des « apôtres » morts.

Il existe maintenant plusieurs dénominations officiellement « apostoliques», dans le monde évangélique, comme par exemple l’église apostolique, fondée en 1916. A noter, que la plupart de ces dénominations adhèrent à la vision théologique de C. Peter Wagner, appelée Nouvelle Reforme Apostolique (NRA). Ce mouvement fédérateur se caractérise entre autre par la promotion d’une gouvernance apostolique des églises (voir cet article critique sur la NRA).

Dans cet article, on a pu observer que des esprits mauvais, ont, au moyen de la tromperie, suscité la création de l’église catholique-apostolique. Si la Bible nous encourage à être remplis de l’Esprit (Éphésiens 5:18) et si l’expression des dons du Saint-Esprit est toujours possible actuellement (voir cet article sur les dons du Saint-Esprit), le témoignage ci-dessus nous rappelle que les dons peuvent aussi être contrefaits par des esprits démoniaques et qu’il est par conséquent nécessaire d’éprouver les esprits.



Notes de fin

[1] Baxter n’a pas divisé son livre en chapitres, j’ai donc indiqué les numéros de pages pour aider les lecteurs à trouver les sections référencées.

[2] Robert Baxter, Narrative Of Facts Characterizing The Supernatural Manifestations In Members Of Mr. Irving’s Congregation, And Other Individuals, In England And Scotland, Formerly In The Writer Himself, London : James Nisbet, 1833.

[3] Il s’agit d’Edward Taplin, considéré comme l’un des prophètes du mouvement.

[4] Il s’agit d’Emily Cardale, considérée comme l’une des prophétesses du mouvement.

[5] Il s’agit de Mary Campbell Caird, l’une des prophétesses.

[6] Baxter se réfère ici à un désaccord théologique qu’il eut avec Irving sur la nature humaine de Jésus. Au moment d’écrire ces lignes, je n’ai pas suffisamment étudié la position d’Irving pour commenter cela. Irving a publié son opinion à ce sujet dans un ouvrage intitulé : The Orthodox and Catholic Doctrine of Our Lord’s Human Nature, London : Baldwin & Cradock, 1830.

[7] Il s’agit de John Bate Cardale, l’un des apôtres du mouvement.


Source : JENNING, Daniel R.. 2000 Years Of Spiritual Warfare: Recorded Accounts Of Demonic Activity From The 1st To The 21st Centuries. CreateSpace Publishing, 2015, p. 111-126. Disponible à l’adresse : http://www.danielrjennings.org/

Traduction française : émanant du Blog de réflexion chrétien, 2018-01-11. Reproduit avec autorisation.

Les dons du Saint-Esprit – Ne peuvent soutenir de nouvelles révélations et n’ont pas cessé

Nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée. Si quelqu’un a le don de prophétie, qu’il l’exerce en accord avec la foi; (Romains 12:6)

Vous de même, puisque vous aspirez aux dons spirituels, cherchez à posséder avec abondance ceux qui édifient l’Eglise. (1Corinthiens 14:12)

Les dons ont-ils cessé ? Beaucoup ont fait valoir que «oui». Ils pensent que l’achèvement du canon du Nouveau Testament (la forme écrite de l’enseignement des Apôtres) rend superflu les dons spirituels. Étant donné que les Apôtres sont morts et que le canon est clos, nous n’aurions plus besoin des dons spirituels. D’autres ont soutenu que «non» : la présence des dons spirituels indiquerait une nouvelle œuvre de Dieu qui placerait certains chrétiens dans une catégorie spirituelle plus élevée que les chrétiens ordinaires. Ces deux enseignements sont erronés parce qu’ils sont fondés sur une mauvaise compréhension de l’utilité des dons spirituels.

Cette mécompréhension réside dans le fait que les dons spirituels seraient appelés à «compléter» une révélation partielle. En d’autres termes, l’information spirituelle qui n’est pas disponible par des moyens ordinaires pourrait être connue au moyen des dons de l’Esprit. Cet argument tel qu’utilisé par certains cessationistes,[1] consiste à dire que les dons spirituels ont temporairement apporté des vérités à propos de Christ et Sa parole qui n’avaient pas encore été écrites par les Apôtres. Par exemple, Walter Chantry écrit : «Ainsi, des révélations provisoires ont été données afin d’édifier l’église tandis que le Saint-Esprit rappelait toutes choses sur Christ aux Apôtres [Jean 14:26].»[2] D’autres qui croient aux dons, mais qui en ont une conception abusive affirment également que les dons de l’Esprit apportent de nouvelles révélations. Dans leurs cas, il s’agit de révélations extrabibliques qui vont au-delà de ce qui a été écrit par les Apôtres.[3]

Je vais défendre une troisième position : que les dons de l’Esprit n’ont pas cessé, mais que leur but n’est pas d’apporter des révélations extrabibliques à l’église. Les dons du Saint-Esprit sont donnés à l’église pour édifier le corps du Christ et pour amener chaque membre à être une partie importante et utile du corps. A cette fin, les dons dits «de révélation» contribuent à l’édification, l’encouragement et la consolation (1Corinthiens 14:3). Cela ne signifie pas prédire l’avenir ou apporter des informations spirituelles à l’église qui n’ont pas été écrites dans la Bible.

Arguments en faveur du fait que les dons ont cessé

La théorie selon laquelle les dons de l’Esprit ont cessé repose sur deux idées. La première est que la Bible prédit que les dons cesseraient. L’autre est que l’utilité des dons n’était que de confirmer les vrais Apôtres et de délivrer la révélation jusqu’à ce que le canon du Nouveau Testament ait été achevé. Ces deux prémisses sont fausses, comme nous le verrons.

Que les dons spirituels aient accrédité les Apôtres dont l’enseignement avait autorité est bien vrai, par contre leur utilité ne peut se résumer à cela. D’autre part, les œuvres puissantes de Dieu au travers des Apôtres du Nouveau Testament étaient beaucoup plus grandes que la seule manifestation des dons spirituels. Leurs lettres de créance en tant qu’authentiques Apôtres impliquaient également d’avoir rencontré le Christ ressuscité et d’avoir reçu leur enseignement de Lui. Paul a affirmé avoir vu le Seigneur ressuscité et avoir reçu son enseignement apostolique du Christ Lui-même.[4] Il est vrai que les Apôtres ont reçu la tâche d’écrire le Nouveau Testament, que leurs ministères ont été validés de diverses façons, y compris par la présence de signes et de miracles, et que le canon de l’Écriture est complet. Pourtant, ceci en soi, ne prouve pas qu’il n’y ait plus de dons du Saint Esprit après 100 ap. J.-C.

1Corinthiens 13:8-10 : quand ce qui est parfait sera venu

Le passage suivant est à la base de l’assertion selon laquelle la Bible prédit que les dons cesseraient après la mort des Apôtres :

L’amour ne périt jamais. Les prophéties disparaîtront, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. En effet, nous connaissons partiellement, et nous prophétisons partiellement, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. (1Corinthiens 13:8-10)

Les cessationistes interprètent «ce qui est partiel» comme étant la révélation incomplète disponible au travers des dons alors que les Apôtres finissaient d’écrire le Nouveau Testament et «ce qui est parfait» comme étant le canon achevé de l’Écriture.[5] Cependant, le contexte montre que Paul met en contraste le caractère temporaire et provisoire des «dons» avec la nature éternelle de l’amour agapê. Le chapitre 13 porte sur l’amour comme étant un fondement nécessaire mais ayant manqué dans une situation où les dons ont été exercés abusivement. Les Corinthiens pensaient que les dons confirmaient la présence d’une spiritualité supérieure chez certaines personnes. Ce n’est pas le cas, dit Paul. Les dons doivent servir à l’édification du corps du Christ et non à élever l’un par rapport à l’autre. Si les Corinthiens avaient agit dans l’amour du Christ, ils auraient été préoccupés par le bien-être des autres et n’auraient pas fait parader égoïstement leur propre spiritualité devant l’église, recherchant la gloire aux yeux des autres.

1Corinthiens 13 n’est pas un chapitre sur l’achèvement du canon du Nouveau Testament. Au lieu de cela, Paul y parle de l’amour agapê, soit quelque chose que nous avons maintenant et qui va durer jusque dans l’âge à venir. Dans 1Corinthiens 13:12, il oppose «aujourd’hui» et «alors» : «Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, de manière peu claire, mais alors nous verrons face à face; aujourd’hui je connais partiellement, mais alors je connaîtrai complètement, tout comme j’ai été connu.» Paul (qui reçu beaucoup de révélations de Dieu et écrivit une grande partie du Nouveau Testament) ne disait pas que sa connaissance partielle serait changée en pleine connaissance s’il vivait assez longtemps pour que le canon soit disponible sous forme écrite. Il disait qu’«alors» il «connaîtrait» et «avait été connu.» Il est clair que l’objet de la connaissance de Paul est capable de le «connaître» également. On ne peut pas dire que le canon écrit puisse connaître pleinement Paul. C’est Christ que Paul connaît maintenant et qu’il connaîtra pleinement.

Pensez à ce que l’Apôtre Jean dit à ce sujet : «Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons un jour n’a pas encore été révélé. Mais nous savons que, lorsque Christ apparaîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est» (1Jean 3:2). Ainsi, voir «au moyen d’un miroir, de manière peu claire» sera révolu quand nous verrons «face à face». Cette connaissance relationnelle et personnelle qui se caractérise par l’amour et rendue complète à une date future n’est rien de moins que la connaissance de Christ. Il nous connaît entièrement maintenant, mais quand nous Le verrons face à face, notre compréhension partielle sera développée, rendue mature et parfaite. Charles Hodge commente 1Corinthiens 13:9,10 en disant : «Ceci est la raison pour laquelle la connaissance et la prophétie doivent cesser. Elles sont partielles et imparfaites et donc ne sont adaptées qu’à un état imparfait d’existence. Les révélations accordées aux prophètes conféraient de simples aperçus des mystères de Dieu; quand ces mystères seront divulgués dans la pleine lumière du ciel, quel intérêt présenteront encore ces aperçus?»[6]

Une autre approche est de dire que les langues auraient cessé au moment de l’achèvement du canon, mais que la connaissance et la prophétie n’auraient pas cessé. Ceci est basé sur le fait que différents mots grecs sont utilisés dans le verset 8 pour «cesser» et «disparaître.» Ceci implique que Paul enseignait que les langues cesseraient à un moment différent de la prophétie et de la connaissance. Ceci est aussi une interprétation forcée qui soulève une problématique que Paul n’aborde pas. Paul compare la permanence de l’amour avec la nature temporaire des dons. La prophétie, la connaissance et les langues ont été établis dans 1Corinthiens 12 comme des dons. Le contraste entre ces dons et l’amour est introduit dans le chapitre 13; mais il ne précise pas la nature et l’utilisation de divers dons jusqu’au chapitre 14. Le changement dans les verbes dans 1Corinthiens 13:8 est purement rhétorique.[7] Les langues, la connaissance (de type provisoire) et la prophétie qui sont maintenant des dons de l’Esprit seront inutiles lorsque le donateur de l’Esprit Saint et ses dons sera vu face à face.

Les dons ne sont plus nécessaires?

Le deuxième aspect de l’argument selon lequel les dons ont cessé est l’assertion qu’il n’y aurait plus besoin d’eux. S’ils n’ont fait qu’accréditer les vrais Apôtres et compléter la révélation partielle, ainsi avec la mort des Apôtres et l’achèvement de l’écriture du Nouveau Testament, il n’y aurait plus besoin des dons de l’Esprit. Un examen des passages qui instruisent sur les dons de l’Esprit permettra de déterminer si cela est vrai.

Un exemple particulier cause d’énormes problèmes pour ceux qui croient cette théorie, à savoir que Paul dit lui-même : «Je remercie [mon] Dieu de ce que je parle en langue plus que vous tous.» (1Corinthiens 14:18). Supposons un instant que la théorie cessationiste soit avérée, que le don des langues (et autres dons) soit sert à valider l’autorité apostolique soit sert à compléter la révélation des églises qui n’ont pas un Nouveau Testament achevé. Pourquoi alors, Paul parlait-il en langues? Assurément, il n’avait pas besoin de s’entendre parler en langues pour être assuré qu’il était un Apôtre; il était tout à fait sûr de ce fait.

Par conséquent, si les cessationistes ont raison, Paul doit avoir parlé en langues pour compléter la révélation incomplète à son propre égard. Cependant, cela pose un problème étant donné que Paul a affirmé avoir obtenu son enseignement apostolique de Christ lui-même (Galates 1:11-24; 1Corinthiens 15:1-8) qui l’a appelé à enseigner les vérités de l’Évangile aux autres. Paul n’a pas parlé en langues lors de rassemblements chrétiens, mais en privé (1Corinthiens 14:19). Paul a enseigné dans ce même chapitre que celui qui parle en langue, ce qui l’inclue, ne parle pas aux hommes mais à Dieu : «En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des paroles mystérieuses.» (1Corinthiens 14:2). Je crois que «personne» ne comprenant inclue l’orateur lui-même. Sinon pourquoi Paul dirait-il à ces chrétiens de ne pas parler en langues dans l’église sauf s’il y a un interprète ou de prier que celui qui parle en langues puisse interpréter lui-même ? (1Corinthiens 14:5,13). La raison est que ni celui qui parle en langues, ni les autres personnes présentes ne peuvent le comprendre, problématique explicitée tout au long de 1Corinthiens 14.

Il n’y a aucune raison de croire que Paul comprenait son propre parler en langues. Écoutez ce qu’il a dit : «Car si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence est stérile.» (1Corinthiens 14:14) Ceci étant, comment Paul pouvait-il parler en langues -ce qu’il faisait en privé- et compléter ainsi la révélation partielle? Il nous a dit qu’il ne comprenait pas les mots.

Par conséquent, la théorie cessationiste ne tient pas. Celle-ci affirme que le don des langues (et d’autres dons charismatiques) ne validait que l’autorité apostolique et/ou complétaient la révélation partielle. Mais on a là un cas qui ne relève d’aucune de ces deux options, de sorte que la théorie est fausse. Il y a d’autres utilités aux dons. Il s’avère que ces autres utilités ne sont pas logiquement liées à l’existence des Apôtres du premier siècle. La Bible n’enseigne pas que les dons spirituels cesseraient avant le retour du Christ et n’enseigne pas qu’ils accréditent seulement les Apôtres et complètent la révélation partielle. Les passages primaires qui parlent des «charismata» (le mot grec traduit par «dons» dans les passages clés tels que 1Corinthiens 12:4, 9, 28, 30, 31 et Romains 12:6) ont à voir avec l’édification du corps de Christ.

Le but biblique des dons

Les dons de l’Esprit Saint sont pour le bénéfice du corps du Christ. Ceci est souvent répété dans les passages qui parlent d’eux. Beaucoup de gens qui croient dans les dons s’engagent dans des pratiques qui font plus de mal que de bien au corps. Cela montre que leurs enseignements et leurs pratiques ne sont pas bibliques; mais cela ne prouve pas que les dons aient cessé. Beaucoup de gens ont une très mauvaise compréhension de ce que sont nos plus grands besoins. Ils supposent que notre besoin est d’obtenir une information secrète, de nouvelles révélations, des prédictions de l’avenir, ou peut-être d’avoir une expérience exaltée de «louange». Toutes ces choses ne font finalement que blesser le corps du Christ. Ce que nous avons besoin c’est d’être rendu conforme à l’image de Christ.

Lorsque Paul enseigne sur le bénéfice mutuel du corps, nous avons besoin de le comprendre dans son propre contexte. Paul a enseigné que l’ultime but, bénéfice et espoir de l’église, était que nous grandissions «en Lui» et que nous soyons préparés comme une épouse immaculée pour Christ. Considérons quelques-uns des nombreux passages à ce sujet :

Ainsi, nous ne serons plus de petits enfants, ballottés et emportés par tout vent de doctrine, par la ruse des hommes et leur habileté dans les manoeuvres d’égarement. Mais en disant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tout point de vue en celui qui est la tête, Christ. C’est de lui que le corps tout entier, bien coordonné et solidement uni grâce aux articulations dont il est muni, tire sa croissance en fonction de l’activité qui convient à chacune de ses parties et s’édifie lui-même dans l’amour. (Ephésiens 4:14-16)

Chaque fois que Paul donne un enseignement approfondi sur les charismata, il souligne l’importance de chaque membre du corps. Ceci est le cas dans Romains 12 : «En effet, de même que nous avons plusieurs membres dans un seul corps et que tous les membres n’ont pas la même fonction, de même, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ et nous sommes tous membres les uns des autres, chacun pour sa part.» (Romains 12:4, 5). Le verset 6 comporte ensuite le terme charismata.

Encore plus frappant à cet égard est l’enseignement trouvé dans 1Corinthiens 12. Après avoir décrit un certain nombre de dons, Paul écrit : «Mais toutes ces choses, c’est un seul et même Esprit qui les accomplit, en les distribuant à chacun en particulier comme il le veut.» (1Corinthiens 12:11). Les charismes n’ont rien à voir avec un groupe d’élite de personnes spirituelles qui, après avoir été spécialement gratifiées plus que d’autres, deviennent le centre d’attention. Rien n’est plus étranger à l’enseignement biblique sur les dons spirituels le fait que certaines personnes revendiquent des onctions spéciales qui rendent tout le monde dépendant d’eux. Si quelqu’un semble effectivement être supérieur dans la mesure où les dons spirituels lui sont accordés, un tel homme doit adopter une attitude d’humilité et de service, estimant les autres comme meilleurs que lui. Si certains semblent avoir des dons ouvertement moins sensationnels, et qu’ils se considèrent peut-être insuffisants à de multiples égards, ces personnes devraient être estimées tout aussi élevées par le reste du corps.

Voici l’enseignement biblique sur ce point :

Bien plus, les parties du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires, et celles que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d’un plus grand honneur. Ainsi nos organes les moins décents sont traités avec plus d’égards, tandis que ceux qui sont décents n’en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d’honneur à ce qui en manquait, afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps mais que tous les membres prennent également soin les uns des autres. (1Corinthiens 12:22-25)

Malheureusement, si de nos jours Dieu agit à travers une personne d’une manière puissante, une telle personne va probablement tenter de monter sur toutes les estrades et se promouvoir en tant que grand et puissant homme de Dieu. Ces revendications démontrent l’attachement à la chair et le manque de préoccupation pour le troupeau de Christ qui le motivent réellement. Simon le magicien voulait les dons spirituels à cette fin et a été fortement réprimandé par Pierre (Actes 8). Aujourd’hui, il voyagerait tout autour du monde et aurait une émission télévisée.

Le but des dons est le bénéfice de l’ensemble du corps du Christ, et non de créer un groupe d’élite de super-saints dont tout le monde aurait soi-disant besoin, mais qui n’aurait besoin de rien de notre part, si ce n’est de notre argent. J’étais en désaccord avec Walter Chantry plus haut dans son affirmation selon laquelle les dons ont cessé. Sur ce point, cependant, je suis d’accord avec lui. Le chapitre de son livre, Signs of the Apostles, intitulé «When the Spirit Comes» a beaucoup de bonnes choses à dire.[8] Parmi elles se trouve le fait que le Saint-Esprit nous appelle à la sainteté et la vérité.

En outre, l’Esprit vient sur des gens ordinaires, ayant souvent de nombreuses faiblesses et souffrances et les utilise pour la gloire de Dieu. Tellement de choses nous sont parvenues sous la bannière «charismatique» et ont été si grossières, peu profondes, centrées sur l’homme et non bibliques que ce n’est pas étonnant que beaucoup aient décidé que ces dons n’étaient pas de Dieu. Le vrai travail de l’Esprit est de nous conformer à l’image du Christ. Christ n’est pas venu sur la terre pour s’enrichir, éviter la souffrance, et s’exalter lui-même devant les masses dans le but d’une vaine gloire. L’édification du corps du Christ est le but des charismata. Si cela n’est pas le cas, les charismatiques ne peuvent faire face à la critique.

Inversement, lorsque la Parole de Dieu est honorée, les nouvelles révélations sont rejetées, la doctrine du Christ est précisément enseignée, la sainteté est pratiquée, et les membres du corps sont pris en charge et encouragés, une véritable œuvre de Dieu se déroule alors. Si nous refusons un tel travail parce que les dons spirituels sont présents, nous créons du dommage au troupeau du Christ. Si nous déclarons que l’Esprit Saint ne distribue plus ses dons à l’église et considérons tous ceux qui reçoivent certains dons comme horriblement trompés, nous manquons de sollicitude aimante pour le corps de Christ au sujet duquel les passages vus plus haut s’appliquent. Il y a eu erreur des deux côtés de cette question.

Les dons et la vérité biblique

L’une des objections aux dons de l’Esprit est qu’ils sont empreints de «révélation» et donc sans utilité après que le Nouveau Testament ait été achevé. Prenons deux des dons les plus en vue : les langues et la prophétie à la lumière de cette objection. Paul a écrit à propos de ces dons :

En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des paroles mystérieuses. Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les encourage, les réconforte. Celui qui parle en langue s’édifie lui-même, alors que celui qui prophétise édifie l’Eglise. (1Corinthiens 14:2-4)

La définition que Paul fait des langues et de la prophétie ne les envisage pas comme ajoutant à la révélation au-delà des enseignements du Christ et des Apôtres. Paul avait écrit plus tôt dans cette épître, «à ne pas aller au-delà de ce qui est écrit» (1Corinthiens 4:6b). Ils avaient déjà reçu le vrai évangile de Christ et la vérité des Apôtres ainsi que les Écritures de l’Ancien Testament déjà achevés. Ils n’avaient pas besoin de nouvelles révélations, ils avaient sérieusement besoin de marcher avec obéissance dans ce qu’ils avaient déjà reçu.

Paul dit que la personne qui parle en langues parle à Dieu. De toute évidence, dans ce cas, de nouvelles révélations ne sont ni données ou reçues. J’ai toujours pensé que l’édification personnelle reçue par une personne parlant en langues implique le fait qu’elle est en train de prier par l’Esprit de Dieu, selon les desseins de Dieu. Chantry et avant lui Hodge croient que la personne parlant en langue comprend ce qu’elle dit, bien que ses auditeurs ne le puissent.[9] Ils ne peuvent pas croire qu’une édification personnelle pourrait découler de paroles dans une langue inconnue. En réponse, je me réfère à Romains 8:26,27 : De même l’Esprit aussi nous vient en aide dans notre faiblesse. En effet, nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières, mais l’Esprit lui-même intercède [pour nous] par des soupirs que les mots ne peuvent exprimer. Et Dieu qui examine les coeurs connaît la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. Dans ce cas, la compréhension cognitive des détails manque, mais le bénéfice de la prière vient au croyant habité par l’Esprit qui donc «gémis», animé par le désir de l’Esprit Saint pour les desseins de Dieu. Si cela est spirituellement édifiant bien qu’il y ait un manque de maîtrise cognitive sur les détails, pourquoi le parler en langues à Dieu ne fonctionnerait pas identiquement? Cela semble être ce que Paul enseigne. Dans ce cas aucune «nouvelle» révélation n’est conférée au croyant ou l’église.

La prophétie ne doit pas faire obligatoirement penser à une transmission de révélations divines. Puisque le mot est assez empreint de la connotation des prophètes de l’Ancien Testament, certains supposent que cela signifie prédire l’avenir, annoncer les décrets des jugements de Dieu, ou de donner de nouvelles révélations s’apparentant à l’Écriture. Mais ce n’est pas ce que Paul dit à propos de la prophétie en tant qu’un des charismata. Il est en vue de l’édification, de l’exhortation, et de la consolation. Les objecteurs diront que l’Ecriture nous donne déjà ces choses; nous n’avons donc pas besoin de prophétie telle que définie. Il est vrai que les Écritures donnent à ceux qui connaissent Christ, «tout ce qui est nécessaire à la vie et à la piété» (2Pierre 1:3). Cela ne signifie pas que nous n’aurions besoin d’aucun enseignement, d’orientation ou exhortation.

Considérez le fait que Romains 12:6 utilise le terme charismata pour décrire des dons tels que «le service, l’enseignement et l’encouragement» ainsi que la prophétie. Est-ce que les mêmes critiques diront que nous n’avons pas besoin d’enseignement parce que la Bible contient déjà tout l’enseignement que Dieu veut donner à l’Église? Nous enseignons parce que la Bible n’est pas seulement un grand livre traitant de nombreuses questions, mais la Bible doit être appliquée et comprise par toutes les générations dans toutes les situations. La prédication et l’enseignement de la Parole de Dieu est un don de la grâce de Dieu qui doit respecter les limites établies dans les Ecritures. La prophétie doit être comprise selon la même lumière, puisque Paul la mentionne également dans Romains 12. Par la grâce de Dieu, les gens de Son peuple sont encouragés, exhortés et consolés par référence à des vérités bibliques appliquées à un rassemblement de croyants.

La prophétie ne doit pas être délivrée avec l’énonciation «ainsi parle le Seigneur,» pour être valide. Cette énonciation est certainement plus à propos pour caractériser la lecture des Écritures, que nous savons venir de Dieu. La prophétie peut simplement faire référence à l’Écriture, comme dans le cas où quelqu’un dirait que l’Esprit Saint veut que la congrégation prenne au sérieux le commandement d’aimer Dieu et son prochain. Il s’agit alors d’une exhortation. Si le contenu est biblique et l’application pieuse, raisonnable et appropriée, on ne doit pas «mépriser les prophéties» (1Thessaloniciens 5:20). Paul dit que celui qui parle en langue, «parle à Dieu» et Paul a permis de parler en langues dans l’assemblée seulement s’il y avait un interprète. Cela donne le sentiment que des expressions conduites par l’Esprit, tels que la prophétie, puissent se faire sous la forme de prières à Dieu. D’ailleurs certaines prophéties bibliques prennent cette forme.

La prophétie, comme un don de l’Esprit, n’ajoute pas à la révélation, c’est à dire à «la foi transmise aux saints une fois pour toutes.» (Jude 1:3), ni ne prédit l’avenir. Jésus a dit, «Mais prenez garde; voici, je vous ai dit tout à l’avance» (Marc 13:23). Il a dit cela dans le contexte d’un avertissement au sujet des faux prophètes. Ce que Dieu va faire a déjà été écrit dans l’Écriture, et n’est pas en attente d’être annoncé par les prophètes des derniers jours. Une grande partie de l’opposition contre les dons est alimentée par une mauvaise utilisation de ces dons par des personnes qui prétendent avoir une spiritualité supérieure. Leur préoccupation est souvent l’auto-exaltation et non le bien-être du corps comme nous y encourage Paul.

Conclusion

Le seul remède à l’erreur et la confusion est l’enseignement biblique solide. Lorsque la controverse provoque la dissidence, les schismes et la confusion, nous devons faire attention à peser les faits, étudier les passages pertinents et accepter de suivre la vérité. Dans le cas du travail actuel de l’Esprit Saint, la vérité est trop importante pour être mise de côté par les préjugés partisans qui dédaignent de regarder la preuve. Il y a eu des erreurs et des attitudes non-chrétiennes des deux côtés de cette question. Que Dieu travaille par son Esprit pour nous mettre en conformité avec ses desseins éternels en Christ.


Sauf indication contraire, les citations bibliques de la traduction française sont tirées de La Bible : Segond 21. Romanel-sur-Lausanne : Société Biblique de Genève, 2007.

Notes de fin

[1] J’utilise ce terme pour désigner ceux qui croient que les dons spirituels ont cessé d’exister après environ 100 ap. J.-C.

[2] Walter J. Chantry, Signs of the Apostles — Observations on Pentecostalism Old and New, Carlise, PA : Banner of Truth Trust, 1973, 1993 edition, p. 39.

[3] Certains peuvent s’opposer à ce point de vue en faisant remarquer que Paul utilise le terme «révélation» dans 1Corinthiens 14:6 et 26, 30. Au verset 6, Paul parle hypothétiquement de lui-même, «si je venais chez vous en parlant en langues au lieu de vous apporter une parole de révélation» illustrant ainsi la nécessité de parler en langues connues quant on parle à l’église. Ceci ne donne nullement le droit aux Corinthiens d’écrire une nouvelle Bible comportant des révélations personnelles dépassant l’enseignement du Christ et de ses apôtres. Au verset 30, la «révélation» à un membre de la congrégation qui «prophétiserait» est dite au verset 31 être en vue de l’exhortation commune. Ceci est en accord avec la définition que Paul donne sur la prophétie pour la congrégation en 14:3. «Révélation» au verset 26 est logiquement liée à la discussion du verset 30, de sorte que la même chose s’applique à ce terme. En outre, le terme «prophète» dans 1Corinthiens 14 est la terminologie pratique qui signifie «celui qui prophétise» pas un office ecclésiastique dans l’église. Voir Gordon Fee, The First Epistle to the Corinthians, Grand Rapids : Eerdmans, 1987, p. 694, n. 69.

[4] Voir 1Corinthiens 15:3-8; 1Corinthiens 9:1 et aussi 2Corinthiens 12:12 où Paul affirme que «des signes, des prodiges et des miracles» attestaient sa vocation apostolique.

[5] Chantry, Signs, p. 50, 51.

[6] Charles Hodge, An Exposition of the First Epistle to the Corinthians, Grand Rapids : Baker, 1857, reprint 1980, p. 272.

[7] Gordon Fee, Corinthians, p. 642, n. 17.

[8] Chantry, Signs, p. 96-115. Je suis en désaccord avec l’idée de Chantry sur le fait que les langues doivent être comprises par l’orateur pour être valides, mais d’accord avec une grande partie de sa critique sur ce qui est erroné avec les pratiques modernes de ceux qui prétendent avoir une condition spéciale vis-à-vis de l’Esprit Saint. Charismatiques et pentecôtistes feraient bien de lire le livre de Chantry et être en désaccord avec lui où ils le doivent, mais prennent à cœur plusieurs de ses vues. Je suis d’accord avec lui que le canon est clos, qu’il n’y a plus apôtres et de prophètes de type biblique, et qu’il n’y a pas de «nouvelles révélations.» Cependant, tout cela m’avait été enseigné dans une école biblique pentecôtiste.

[9] Op. cit. Hodge, Corinthians, commentary on chapter 14:1-20, p. 276-292. Bien que Hodge parvienne à rendre son argument plausible en donnant des façons possibles de traduire le grec qui sont différentes de la plupart des versions anglaises, je reste en désaccord. Je pense qu’il est préférable de comprendre Paul comme disant que celui qui parle en langues dit des mystères à Dieu, que sa compréhension est stérile, et qu’il prie dans son esprit, mais n’en comprend pas les mots. Dans les passages des Actes, il n’est pas évident que les personnes parlant en langues comprennent leurs propres paroles, bien qu’à une occasion certaines l’aient pu.

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