Démons, médicaments et mensonges – La fabuleuse saga de Rebecca Brown et d’Elaine

Article de G. Richard Fisher, Paul R. Blizard et M. Kurt Goedelman, « Drugs, Demons and Delusion – The Amazing Saga of Rebecca Brown and Elaine ». In : The Quarterly Journal, Personal Freedom Outreach, 1989, vol. 9, no 4.

L’original anglais peut être obtenu à l’adresse suivante : http://www.pfo.org/

Traduction française émanant du « Blog de réflexion chrétien », https://reflexionsjesus.wordpress.com/, 2018-04-21. Reproduit avec autorisation.


Un mariage avec le diable, des hôpitaux et des municipalités dirigées par des adorateurs de Satan, un camp de sorciers dans les bois et une guerre contre les forces des ténèbres portée par une seule femme sont quelques-unes des histoires racontées par une soi-disant ancienne sorcière, et une femme médecin qui prétend l’avoir délivré de l’esclavage occulte.

Rebecca Brown et Elaine (aucun nom de famille n’est donné), ont raconté leur histoire à Jack Chick, que la société Chick Publications publia sur deux cassettes audio : Closet Witches 1 et Closet Witches 2, et deux livres : He Came To Set The Captives Free [Il est venu libérer les captifs] et Prepare for War [Preparez la guerre !]. Rebecca et Elaine ont également eu l’occasion de promouvoir leur message lors d’une émission du talk show Geraldo en 1987.[1]

Chick Publications, autrefois connu principalement comme éditeur de tracts évangéliques, acquit une notoriété en tant qu’éditeur d’histoires sensationnelles, notamment celles de John Todd, qui prétendit avoir une connaissance approfondie sur une société conspiratrice appelée les Illuminatis ; ainsi qu’Alberto Rivera, qui dit avoir été un prêtre jésuite, témoin de toutes sortes d’activités et de complots impies de l’Eglise catholique romaine.[2]

Chick n’en est pas à sa première controverse et considère comme ennemi spirituel quiconque conteste les informations de ses publications. Sur la cassette audio Closet Witches 2, il dit : « Je pense que les auditeurs doivent regarder attentivement qui, dans les cercles chrétiens, attaquera Rebecca et Elaine pour détruire leur crédibilité et le message de cette bande. Les assaillants pourraient bien se révéler être des satanistes ou des sorcières prétendant être des croyants en Christ et cela va être très, très intéressant de suivre. »

On s’attend à ce que les lecteurs et auditeurs de l’histoire fassent confiance aux propos de deux femmes, Rebecca Brown et Elaine. Nous nous rendons compte que les informations contenues ici sont sensibles et seront susceptibles de blesser les membres des familles proches de cette situation. Il ne s’agit pas d’une tentative de déterrer le passé, mais d’exposer la vérité sur ces enseignants alarmistes.

L’HISTOIRE D’ELAINE

Elaine dit qu’elle naquit avec une fente palatine qui nécessita une réparation chirurgicale. Sa famille ne pouvait pas se permettre le coût de soins chirurgicaux. Alors, d’après Elaine, une amie dit à sa mère que ces soins pouvaient être pris en charge simplement contre une petite quantité de sang d’Elaine. Le sang serait destiné à un usage expérimental, d’après ce qui fut dit à sa mère, selon Elaine. Cependant, Elaine dit que ce sang fut utilisé dans une cérémonie au cours de laquelle elle fut vendue à Satan.

Elaine raconte les autres événements qui l’amenèrent à s’impliquer davantage dans la sorcellerie et le satanisme. Elle décrit sa montée au pouvoir dans le satanisme après avoir été intronisée au service de Satan dans un camp de sorciers. Là, elle signa un contrat de son sang et entreprit de gravir les échelons de la sorcellerie. Elle raconte comment elle devenait toujours plus puissante jusqu’à ce que, lors d’une compétition nationale de sorcières, elle ne dépassa tous ses collègues et fut ainsi déclarée grande prêtresse.

« On posa sur ma tête une couronne d’or. Les membres de la secte s’inclinèrent devant moi et me rendirent hommage », dit-elle. « On me traita comme une reine […] On me donna les plus beaux vêtements que je pus désirer. Des servantes me baignèrent, me coiffèrent et me soignèrent les mains et les pieds. On donna des soirées, et j’avais en permanence une escorte d’élégants jeunes gens qui étaient aussi mes gardes du corps. […] Mon escorte goûtait toujours ma nourriture avant moi, pour s’assurer qu’elle n’était pas empoisonnée. »[3]

Ce ne fut pas tout d’après Elaine. Elle épousa Satan lui-même, vêtu de blanc et ayant loué une église presbytérienne pour la cérémonie. Après avoir prononcé leurs vœux, les jeunes mariés furent emmenés en limousine à l’aéroport pour monter dans un luxueux jet privé appartenant à Satan, explique Elaine. En route pour leur « lune de miel hantée » dans un manoir en Californie, Satan sirotait « plusieurs des vins et champagnes de luxe ».[4]

Elaine dit qu’elle devint « l’une des représentantes de Satan au niveau international », parcourant le monde pour rencontrer des chefs d’Etat et des dignitaires étrangers afin de négocier des ventes d’armes. Selon ses dires, elle était possédée par un démon nommé « Mann-Chan » et parlait couramment des langues étrangères.[5]

Elaine fait un lien entre le pape catholique romain et le réseau occulte mondial dont elle dit avoir été en charge. « Le Pape savait très bien qui j’étais. Nous avons travaillé étroitement aussi bien avec les catholiques, et spécialement les Jésuites, qu’avec les Francs-Maçons de haut rang. »[6]

« CE MEDECIN DOIT ÊTRE TUÉ »

Puis vint une mission qui allait changer sa vie, dit Elaine à Chick. Satan lui « […] dit qu’il y avait une jeune femme médecin qui se croyait astucieuse, dans son hôpital « spécial » situé dans une ville proche. Non seulement ce médecin causait beaucoup d’ennuis en « passant son temps à prêcher et à prier », mais encore avait osé s’opposer à certaines de ses principales sorcières dans cette institution. » Elaine explique que : « Satan m’ordonna de mettre en oeuvre un plan de destruction de ce médecin, en y associant toutes les principales sorcières au niveau national. Peu lui importaient les moyens, mais il fallait que ce médecin soit supprimé, et rapidement. »[7]

La jeune médecin était Rebecca Brown, une interne. Elaine ayant reçu sa mission, alla l’accomplir. Cependant, Elaine dit, « […] que chaque fois que je faisais une incantation contre ce médecin, les démons revenaient me dire qu’il leur était impossible de passer. »[8] Elaine dit que sa difficulté à détruire Rebecca spirituellement se transforma en une défaite pour Satan. C’est sur la base de cet incident présumé et d’autres événements, qu’Elaine devint chrétienne.

Satan était en colère, dit Elaine. « La première des choses qu’ils firent (Mann-Chan, et les autres démons) fut de courir raconter à Satan ce que j’avais fait », dit Elaine à Chick. « Le soir-même, quand je fus rentrée chez moi, Satan vint me parler. Mais les choses étaient étrangement différentes. En général, Satan venait à moi, posait ses mains sur mes épaules et me serrait dans ses bras. Cette fois il garda ses distances. Je pus voir qu’il était accompagné de nombreux démons puissants, mais eux aussi gardaient leurs distances. Satan écumait de fureur. Il me dit en criant : – « Par l’Enfer ! Que t’imagines-tu faire ? » – « Je te quitte », répondis-je. »[9]

Une discussion animée s’ensuivit et Elaine lui ordonna de partir. Elaine dit : « Au cours des deux semaines suivantes, je pense que Satan est venu me voir près de vingt fois. Il était parfois très charmant, s’efforçant de se comporter en amoureux, mais le plus souvent il était en rage. Il essaya de me faire changer d’avis. »[10]

REBECCA ET ELAINE SE RENCONTRENT

La décision suivante de Satan fut de rendre Elaine malade et de la mettre dans « cet hôpital particulier », où elle fut placée sous la responsabilité de Rebecca, dit Elaine ; et à ce point la narration de l’histoire est reprise par Rebecca.

Rebecca dit que Dieu lui dit qu’Elaine avait encore des centaines de démons et avait besoin de délivrance. Rebecca dit : « [Dieu] me dit qu’Il voulait qu’Elaine vienne immédiatement s’installer chez moi, parce qu’elle n’avait pas encore assez de foi pour résister seule. Son mari [terrestre] l’avait quittée et était resté avec les satanistes. »[11] Puisque l’hôpital était sous le contrôle des satanistes, Rebecca dit qu’elle et Elaine étaient des cibles de « la Fraternité » (c’est-à-dire, un groupe de personnes directement contrôlées par Satan et qui l’adorent).

Rebecca poursuit en disant que Dieu fit plusieurs alliances avec elle et qu’elle eut des révélations audibles. Les descriptions de ces événements sont explicites et distinctes.

Dans une de ces situations, un ange fut envoyé par Dieu pour tuer Elaine après qu’elle soit devenue chrétienne. Rebecca raconte sa rencontre avec « […] un personnage étincelant, revêtu d’une robe blanche, […] une épée nue à la main. Il était grand, très grand. Sa tête touchait presque le plafond. Il rayonnait de puissance, et son aspect était terrible. Il avait une peau bronzée, et l’épée qu’il tenait à la main brillait d’une pure lumière blanche. »[12]

Quel fut son message ? Rebecca le cite : « Je suis envoyé par Dieu le Père pour mettre à mort celle qui a montré tant de rébellion et de désobéissance. Elle a irrité Dieu. »[13] Pourquoi Dieu envoya-il un ange pour tuer Elaine ? Rebecca l’explique : « [Dieu] avait commandé à Elaine de conclure une alliance avec Lui, pour qu’Il les protège de la prochaine attaque des satanistes de la région. Elaine avait refusé d’obéir, insistant avec entêtement sur le fait qu’elle pourrait combattre et assurer elle-même leur protection. »[14]

Rebecca dit en fait, que Dieu envoya un ange pour tuer une personne qui n’avait pas fait d’alliance avec Lui, l’alliance ayant pour but de protéger cette personne d’être tuée.

Rebecca dit qu’elle « […] se prosterna face contre terre, […] »[15] et plaida avec « Père » pour épargner la vie d’Elaine : « […] je Te prie de faire retomber Ta colère sur moi à la place d’Elaine », sanglota-t-elle. Le « Père » en colère exauça sa prière : « L’ange remit son épée dans son fourreau. « Relève-toi, femme, » dit-il. « Ta prière a été entendue et exaucée. » Et il disparut. »[16]

UNE ETRANGE THEOLOGIE

Dans Closet Witches 2 Rebecca décrit quelque chose qu’elle appelle « contrer les requêtes », qui consiste à plaider avec Dieu pour ne pas laisser Satan faire du mal aux autres chrétiens. Dans ce processus, elle reçoit apparemment des révélations ponctuelles sur les plans de Satan et demande ensuite à Dieu de ne pas les laisser s’exécuter.

Rebecca détaille également quelques points de vue non-orthodoxes sur le caractère de Dieu le Père et de Jésus-Christ le Fils. Dans Prepare for War, Rebecca décrit une conversation qu’elle eut avec Jésus : « Soudainement, cette voix douce du Seigneur m’a encore parlé en me disant : Soudain, j’entendis la douce voix du Seigneur me parler à nouveau, et me dire : « Parle-moi, mon enfant. » – « Je ne peux pas Te parler, Seigneur, je me sens toujours comme avant, et tout ce que Tu fais, c’est être furieux contre moi ! » – « Mais je ne suis pas furieux contre toi, et je ne l’ai jamais été. Vois-tu, moi, Jésus, je sais ce que tu ressens, parce que j’ai connu la faiblesse. Père n’a jamais connu la faiblesse, aussi S’irrite-t-Il en général lorsque Ses enfants font preuve de faiblesse. » »[17]

Bien que le but de cet article ne soit pas de tenter de réfuter toutes les notions extra-bibliques erronées de la théologie de Brown, voici deux exemples flagrants de ce qui est promulgué.

« ALLIANCES » ET « COMBAT »

Rebecca poursuit en disant que Dieu voulait faire une autre alliance avec elle pour entrer dans le ministère de « délivrance ». Rebecca mentionne que Dieu lui dit que cette alliance était son appel à un « combat direct contre Satan et ses démons », ce qui entraînerait que « je finirais par perdre [sic] ma carrière, ma famille, tous mes amis, et presque tout ce qui m’était cher ».[18] Elle estima que si elle n’entrait pas dans cette alliance avec Dieu, elle perdrait sa relation avec le Seigneur.[19]

Rebecca dit qu’elle accepta de faire cette alliance. Elle rejoignit Elaine, qui sortait de l’exorcisme de Mann-Chan qui avait duré huit semaines et de plusieurs centaines d’autres démons. Ensemble, elles rejoignirent Dieu pour combattre Satan.

Leur premier défi fut les satanistes de « l’hôpital voisin ». Les démons et les sorciers (les sorciers étaient des médecins et des infirmières du personnel de l’hôpital) infligeaient des maladies aux patients. Leur ministère, dit Rebecca, permit de bloquer une grande partie de la sorcellerie qui se pratiquait là. Cette défaite de Satan, associée à la perte de sa fiancée (Elaine) « […] avait certainement fait perdre la face à Satan dans son royaume », dit Rebecca.[20]

Rebecca dit que Satan lança une contre-attaque, menaçant de faire de Rebecca et d’Elaine des sacrifices humains. Cependant, la protection du Seigneur l’emporta et Rebecca put accomplir Son désir qui était que « […] je continue à pratiquer la médecine interne et que j’ouvre un cabinet individuel, pour pouvoir recevoir toutes sortes de patients. Il me fallait faire cela, pour qu’Il m’envoie les gens auxquels je devais rendre témoignage, spécialement les membres de la secte. »[21]

Rebecca dit que dans sa nouvelle ville, elle eut « le privilège d’amener au Seigneur près d’un millier de satanistes endurcis. […] Chaque sou que je gagnais était consacré à aider ces gens, à leur acheter de la nourriture et des vêtements, à leur payer le voyage pour quitter l’Etat, ou à leur payer des soins médicaux, etc. »[22]

Rebecca et Elaine poursuivent en racontant : d’autres rencontres avec Satan, ses démons, des satanistes et des sorcières, des malédictions et des contre-malédictions, le fait d’avoir subit une tentative d’assassinat et que leur maison ait été piégée par une bombe. Un autre coup porté, dit Rebecca, fut que les satanistes furent « l’instrument de la mort de [sa] mère. »[23]

Un coup final les fit fuir pour sauver leur vie. Rebecca raconte : « […] Satan porta un coup fatal à notre ministère dans cette région. En une seule nuit, alors qu’Elaine et moi nous nous étions absentées pour quelques heures, les satanistes ont envahi notre maison et ont détruit tout ce que nous avions. Ils ont tout brisé à coups de hache, et ont même tué nos petits animaux domestiques auxquels nous tenions tant. Ils ont aussi ravagé mon cabinet et tout ce que nous avions. Il ne nous restait plus, à Elaine et à moi, que notre vie sauve et les vêtements que nous portions, c’était tout. L’attaque de Satan était tellement bien planifiée qu’au même moment, tout le monde s’est retourné contre nous. […] Nous n’avions pas d’autre choix que de fuir l’Etat. »[24]

Leur arrêt suivant, selon le récit, fut Chick Publications, où elles racontèrent leur histoire.

QUI SONT CES FEMMES ?

Répondre à cette question est au cœur de toute enquête sur leurs revendications et les publications de Chick à leur sujet. Trouver des réponses ne fut pas facile. Avec ceux qui ont tenté de les interviewer, elles sont restées élusives. Par exemple, l’auteur Jerry Johnson, dans son livre Edge of Evil, affirme que Rebecca n’autorisait pas Elaine à être interviewée sur le sujet des messes noires, prétendant que c’était trop dur pour elle, et qu’il lui fallait des semaines pour se rétablir. »[25]

Un regard sur l’arrière plan de Rebecca est également difficile. Pour commencer, il faut savoir qu’elle n’a pas toujours été Dr Rebecca Brown. Son nom précédent était : Dr Ruth Irene Bailey. Dans une requête à la Cour supérieure de Californie, du comté de San Bernardino, en date du 11 février 1986, Ruth Irene Bailey, d’Apple Valley, en Californie, conjointement avec son avocat, Robert Salisbury, d’Anaheim, demanda le nouveau nom de Rebecca Brown. La raison invoquée était la suivante : « le requerrant est devenu plus connu par le nom proposé que par son nom actuel, en raison de son utilisation comme nom de plume et de son utilisation dans le cadre du ministère »[26]

Compte tenu que les deux livres de Rebecca ont été publié en 1986 et 1987, il semble peu probable qu’elle soit devenue très connue sous son nom de plume au second mois de 1986. Le faire pour se cacher de la « Confrérie » serait futile puisque l’on suppose que ces gens pouvaient deviner cette information de manière surnaturelle même s’ils ne l’avaient pas lue dans le San Bernardino Daily Press ; un journal à grand tirage qui fut publié une fois par semaine pendant quatre semaines précédant la date fixée pour l’audition de la requête. Le changement de nom fut ensuite officiellement enregistré le 25 avril 1986.

Rebecca avait une raison de changer de nom. Cependant, ce n’était pas à cause de la notoriété qu’elle avait acquise sous son nouveau nom, mais de la notoriété qu’elle avait acquise sous son ancien nom.

DE MÉDECIN A FANATIQUE

Ruth Irene Bailey est née à Shelbyville, dans l’Indiana, D’Ebner et Lois Bailey le 21 mai 1948. Elle grandit à Indianapolis. Elle termina ses études secondaires, puis obtenu un diplôme en soins infirmiers à l’IUPUI (Indiana University – Purdue University at Indianapolis) en mai 1968.[27] Elle travailla ensuite comme infirmière pendant sept ans,[28] (sur la cassette audio, Closet Witches 1, elle dit qu’elle a été infirmière pendant 10 ans). Elle est entrée à l’université d’Indiana à Purdue en septembre 1976.[29] Elle fut ensuite transférée de l’université d’Indiana à l’école de médecine d’Indianapolis. Elle obtint son doctorat en médecine le 30 avril 1979.[30]

Elle déménagea ensuite à Muncie, dans l’Indiana, pour débuter son internat à l’hôpital Ball Memorial. C’est « l’hôpital voisin » auquel elle se réfère à plusieurs reprises dans ses livres et cassettes audio comme « l’un des hôpitaux spéciaux de Satan ».[31] Ruth commença son stage au Ball Memorial avec de bonnes recommandations de son école et de deux médecins réputés, Drs Cavins et Steel d’Indianapolis. Cependant, il semble qu’au début de son stage, elle ne développa une obsession pour les démons et la délivrance.

Un porte-parole de Ball Memorial, le Dr John Cullison, directeur de l’éducation médicale, déclara au journal Indianapolis News que « le Dr Bailey avait fourni « de très bons soins durant deux ans » après avoir rejoint le personnel résident de l’hôpital en 1979. « Mais j’ai commencé à recevoir des rapports disant qu’elle exorcisait des démons dans l’unité de soins intensifs » dit-il. « Je lui ai alors demandé de partir. » »[32]

Pendant son internat et sa résidence au Ball Memorial, son comportement devint bizarre. Elle commença à utiliser des bougies dans les chambres pendant ses exorcismes.[33] Elle disait souvent à ses patientes « qu’elle avait été « choisie » par Dieu comme le seul médecin capable de diagnostiquer certaines maladies et affections que les autres médecins ne pouvaient diagnostiquer. Elle pensait que d’autres médecins, y compris des médecins de l’hôpital Ball Memorial de Muncie, dans l’Indiana, ainsi que du centre médical St John à Anderson, dans l’Indiana, étaient, en fait des démons, diables et autres mauvais esprits. »[34] Personne à Ball Memorial ne voulut commenter ces rapports, invoquant la confidentialité des dossiers, mais les représentants de l’hôpital ont aidé à réfuter bon nombre de ses accusations.

Par exemple, dans Closet Witches 1, elle dit : « J’ai toujours eu la chapelle pour moi seule parce que personne n’y allait jamais. » Une visite à la chapelle du Ball Memorial révéla qu’elle était fréquentée et que des Bibles étaient disponibles.

Elle dit que « […] dans les six mois qui suivirent le début de sa formation dans cet hôpital, l’administration hospitalière avait retiré toutes les Bibles de Gédéon des chambres de malades […] ».[35] Un représentant de l’hôpital nia cette affirmation et des Bibles de Gédéon peuvent être vues dans les halls d’entrée et dans les zones d’attente de l’hôpital.

Elle dit aussi : « En outre, tout pasteur venant à l’hôpital pour visiter des patients se voyait interdire toute visite qui ne concernait pas les membres de son Eglise. Et si les infirmières le surprenaient en train d’évangéliser d’autres patients, elles devaient le faire escorter jusqu’à la porte de l’hôpital par les vigiles, et il ne pouvait plus jamais y revenir. Il n’y avait pas non plus d’aumônier, ce qui était inhabituel. En vérité, tout se passait comme si l’on voulait éliminer toute influence du christianisme au sein de l’hôpital. »[36]

Beaucoup de grands hôpitaux ont des politiques pour protéger les patients contre les ministères ou exorcistes / guérisseurs qui essaient d’aller de chambre en chambre pour chasser les démons ou appliquer des techniques de guérison. En ce qui concerne les services d’aumônerie qui ne sont pas autorisés, Ball Memorial n’a pas d’aumônier résidant, mais dispose de locaux dédiés aux conseils et soins pastoraux.

Son comportement devint plus étrange à mesure que son obsession pour les démons dégradait son état mental. À une date ultérieure, un Conseil de l’ordre des médecins apprit qu’elle avait « déclaré à maintes reprises qu’elle possédait la capacité de « partager » [NDT : prendre sur elle] les maladies avec ses patients dans la lutte contre les démons, les diables et autres mauvais esprits qui causaient prétendument les diverses maladies et affections. »[37]

Ruth et Elaine se sont rencontrées au Ball Memorial et commencèrent finalement à vivre ensemble. Cependant, la véritable histoire de leur rencontre et de leur relation ne ressemble guère à l’histoire racontée et promue par Jack Chick.

LA GRANDE PRÊTRESSE ELAINE

Edna Elaine Moses est née Edna Elaine Knost dans la somptueuse ville de New Castle, dans l’état de l’Indiana. En 1986, elle revint légalement sur son nom de jeune fille.[38] Elaine est née avec une fente palatine qui laissa son visage quelque peu défiguré. Elle dit à Chick dans Closet Witches 1 : « Je détestais les gens, j’avais été tant maltraitée à la maison, j’avais été maltraitée à l’école, rien de tels que des pairs pour vous blesser, les enfants de votre âge peuvent rendre votre vie misérable. Cela a été mon cas, à cause de mes difformités. »[39] Il semble qu’Elaine porte certaines cicatrices psychologiques résultantes de sa défiguration et des taquineries qu’elle endura à cause de cela.

Certaines entrevues avec des membres de la famille d’Elaine ont révélé qu’elle vivait une vie imprégnée de mensonges et de fabrications. Ils exprimèrent peu de surprise aux histoires assez crues racontées dans les livres de Rebecca. Les exagérations d’Elaine se révélaient parfois embarrassantes pour ces membres de sa famille, du fait qu’elle aurait fait presque n’importe quoi pour attirer l’attention. Par exemple, une méthode utilisée à plusieurs reprises par Elaine était qu’elle prétendait avoir des crises durant l’exercice de ses fonctions.

Selon un dossier médical, Elaine a un « trouble de personnalité mixte » et « est d’une fiabilité discutable ».[40] Ceci est évident lorsque la version sur cassette audio de son témoignage est comparée à la version du livre et quand on considère attentivement l’histoire qu’elle et Rebecca ont racontée.

Par exemple, Elaine dit à Chick : « […] je possédais une aptitude croissante à influencer les autres et à leur faire faire ce que je voulais. J’avais aussi une force physique inhabituelle. »[41] Sur la cassette Closet Witches 1, Elaine dit qu’elle utilisa cette force au lycée lorsqu’elle attaqua un joueur de football qui l’interpella dans le couloir de l’école. « […] il y avait un joueur de football, il pesait environ 265 livres [120 kg] […] je l’ai renversé et j’ai commencé à le frapper et je lui ai tellement battu le visage qu’il dû subir des réparations faciales. Je lui ai cassé le nez, la mâchoire, et les dents et il a fallu huit professeurs pour me séparer de ce garçon ; je l’aurais tué. » Chick demande ensuite : « Elaine, quelle était ta corpulence alors ? » Elaine répond : « Oh, je ne pesais que 95 livres quelque chose comme ça, je mesurais environ 5 pieds 4 pouces. »

Dans He Came To Set The Captives Free, elle raconte à nouveau l’histoire en changeant le nombre d’enseignants à cinq, le poids du garçon à environ 200 livres [90 kg], son propre poids à 98 livres et les blessures à des fractures du nez, de la mâchoire et des os du visage.[42]

Des divergences entre ces deux versions de l’histoire sont évidemment compréhensibles. Toute personne parlant d’un événement survenu il y a des années est susceptible de changer légèrement ces détails à chaque rapport. Ce qui est important à propos de cette histoire, c’est que des entrevues avec plusieurs camarades de classe d’Elaine, y compris des membres de l’équipe de football, permettent d’exclure que l’incident tel que décrit par Elaine, ne se soit jamais produit, (quelle qu’en soit la version).

EXPERTS ?

Jack Chick, dans Closet Witches 1 dit : « Ces deux dames sont des expertes dans le monde de l’occulisme. » Elaine dit qu’elle était une sorcière entraînée qui était mariée à Satan. En racontant leurs histoires à Chick, Elaine et Rebecca se réfèrent aux satanistes comme des sorciers et vice versa. Pourtant, quiconque a un peu de connaissance des choses occultes sait que la sorcellerie et le satanisme ne sont pas identiques, et qu’ils ne sont pas compatibles [NDT : dans un contexte précis].

L’ancien sorcier Tom Sanguinet déclara dans le journal de Personal Freedom Outreach d’octobre-décembre 1983 : « Il n’y a pas vraiment de lien entre la sorcellerie et le satanisme : ce n’est que dans le néo-système occulte que la sorcellerie et le satanisme ont fusionné. Les satanistes ont toujours adoré les entités ou déités négatives (par exemple le temple de Seth dans l’Egypte ancienne). Les sorciers ne craignent habituellement pas Dieu et n’ont pas foi en Satan. »

L’ex-occultiste Johanna Michaelsen est d’accord avec cette distinction. À la page 316 de son livre, Like Lambs to the Slaughter, elle déclare : « Il n’y a probablement aucun moyen plus rapide ou plus efficace d’enrager votre sorcière / sorcier moyen que de l’accuser de vénération du diable. Leur littérature et conférences sont remplies de demandes pour que les gens cessent de les confondre avec des adorateurs de Satan. »

Elaine décrit un certain « camp » où elle fut intronisée dans la sorcellerie et le satanisme. Elle décrit ce « camp » dans les moindres détails :

« Je pénétrai directement dans cette secte, lorsque je me rendis avec Sandy dans ce camp d’été. L’excitation vous empêche de voir ou d’entendre beaucoup de choses. On nous conduisit tout d’abord aux dortoirs où nous devions séjourner, et nous avons reçu un accueil très chaleureux. Le camp abritait beaucoup d’installations : musées, bibliothèques, différentes maisons où l’on pouvait rencontrer des clairvoyants, des hypnotiseurs, des diseurs de bonne aventure par la chiromancie ou la cartomancie, des experts en vaudou, etc. Certains d’entre eux vivaient là en permanence, d’autres venaient seulement à certains moments. C’était l’endroit où la secte recevait officiellement le public extérieur. »[43]

Selon la description d’Elaine de ce camp et de son emplacement, elle fait vraisemblablement référence à un camp spiritualiste connu sous le nom de Camp Chesterfield (Indiana Society of Spiritualists) dans la ville de Chesterfield, de l’état d’Indiana. Le camp fut établi en 1886 par le Dr J. W. Westerfield.[44]

Comme pour la sorcellerie et le satanisme, le spiritualisme est une pratique distincte à ne pas confondre avec les autres. Chick appelle Elaine et Rebecca « experts » sur le sujet de l’occulte, mais un expert ne confondrait pas ces trois spiritualités. Les spiritualistes ne sont pas des sorciers. Le spiritualisme mêle le christianisme et le spiritisme et a plus tardivement adopté la terminologie du « Nouvel Age ». Ce n’est en aucun cas du christianisme, mais ce n’est pas non plus de la sorcellerie ou du satanisme.

Un voyage au camp Chesterfield révéla que rien ne ressemblait à la description d’Elaine. Il n’y a pas de dortoirs, comme s’en souvenait Elaine, mais il y a deux motels qui ressemblent à des dortoirs pour une personne extérieure qui roulerait à travers le camp. Aucun membre du personnel interviewé ne pouvait se souvenir d’Edna Elaine Moses ou d’Edna Elaine Knost, mais tous connaissaient le genre d’histoires racontées au sujet de leur camp.

Elaine dit qu’elle fit un contrat de sang et qu’elle intégra « La Confrérie » dans ce camp. Elle ne dit pas quel âge elle avait à ce moment, mais elle dit que cela eut lieu en été. « Le lycée était fermé à ce moment-là et comme je n’avais rien d’autre à faire, je décidai d’y aller. »[45] Cela permet de situer l’événement dans sa jeunesse, probablement dans son adolescence. De manière intéressante, la légende à coté de sa photo, dans le livre de classe de 1965, mentionne qu’elle était membre du Club biblique de son école.[46]

UN AUTRE MARIAGE QUI A MAL FINI

Les livres et les cassettes audio de Chick sur Elaine et Rebecca dissimulent le mariage et le divorce terrestre d’Elaine, alors que Rebecca dit : « Il [Dieu] me [Rebecca] dit qu’Il voulait qu’Elaine vienne immédiatement s’installer chez moi, parce qu’elle n’avait pas encore assez de foi pour résister seule. Son mari l’avait quittée et était resté avec les satanistes.»[47]

De même sur la cassette Closet Witches 1, Rebecca affirme : « […] Père m’a vite répondu, Il m’a dit que je devais prendre Elaine et l’emmener chez moi, parce qu’elle se suiciderait plutôt que de tomber entre les mains de la secte, que sa foi n’était pas encore assez forte, son mari l’avait quittée, pour rester dans la secte. »

L’histoire d’Elaine et Rebecca fixe leur première rencontre à l’hôpital Ball Memorial vers 1980. Les recherches dans les dossiers judiciaires du comté de Henry, dans l’Indiana, ont révélé qu’Edna Elaine Knost s’est mariée le 18 décembre 1966, par le biais du ministère de l’Église Foursquare de New Castle, dans l’Indiana,[48] et que deux mois et demi plus tard, son mari avait demandé le divorce, dénonçant le traitement de sa femme à son encontre comme « des actes cruels et inhumains et qu’en raison du traitement ainsi reçu, il était impossible pour lesdites parties de vivre ensemble comme mari et femme. »[49]

Ainsi, des preuves documentées montrent que le mariage fut dissous en 1967, soit environ 13 ans avant ce qui est allégué dans le livre et la cassette audio. Peu de temps après s’être séparée de son mari, Elaine retourna vivre avec sa mère et son beau-père. À partir de ce moment, jusqu’à la fin des années 1970, elle resta à New Castle, occupant divers emplois, notamment comme serveuse dans un restaurant avec service-au-volant et comme préposée au lavage de voitures. Pendant cette période, Elaine faisait des allées et venues continuelles dans les hôpitaux de la région de New Castle pour différents soins chirurgicaux.[50]

La vie d’Elaine prit ensuite une nouvelle orientation puisqu’elle suivit une formation et fut autorisée par l’État de l’Indiana à exercer comme infirmière auxiliaire [Licensed Practical Nurse (LPN)], ce qui lui permit d’occuper un emploi dans les maisons de soin de la région. Ainsi, on peut conclure qu’à travers une chronologie définie et vérifiable, la prétention d’Elaine d’avoir été une représentante de Satan au niveau international, ayant rencontré les représentants de divers gouvernements, pour négocier avec eux des aides financières « pour de l’argent pour des armes » et de s’être rendue « […] à La Mecque, en Israël, en Egypte, et aussi au Vatican, à Rome, pour rencontrer le Pape […] pour […] coordonner les programmes de Satan, en relation avec les satanistes d’autres pays » et d’avoir rencontré « beaucoup de stars de renom, dans le domaine du Rock [qui] ont tous signé des contrats avec Satan en échange de la gloire et de la fortune » est fictive.[51] Les faits démontrent clairement une vie contraire à la notoriété qu’elle allègue.

La littérature de Chick parle de « pression » exercée sur eux pour arrêter leur « ministère » de dénonciation des satanistes et des sorciers de l’hôpital et des communautés environnantes. Rebecca dit : « Je savais que le maire de cette ville et le chef de la police ainsi que de nombreux policiers étaient des satanistes, donc je ne pouvais pas demander de l’aide à la police. »[52] « La secte était furieuse et ils nous ont fait savoir en termes non équivoques qu’ils étaient furieux. Il y avait toutes sortes de harcèlement. »[53] La vérité est que le personnel de l’hôpital Ball Memorial en avaient assez de son comportement bizarre, qui comprenait des rites d’exorcisme dans les chambres d’hôpital avec l’utilisation de bougies, prétendant « qu’elle avait été « choisie » par Dieu comme le seul médecin capable de diagnostiquer certaines maladies et affections ».[54] Finalement, des responsables de l’hôpital lui ont demandé de quitter le Ball Memorial.

La littérature Chick ne mentionne jamais son renvoi de Ball Memorial. Rebecca dit seulement : « Après avoir achevé mon internat et ma spécialisation en médecine interne et en soins intensifs, j’ouvris un cabinet médical dans une petite ville située à environ 100 km de la ville où Elaine avait été initiée dans le satanisme. Les trois années qui ont suivi furent marquées par une activité intense. »[55]

Les preuves montrent que Rebecca établit un cabinet de médecine générale à Lapel, dans l’Indiana, avec le soutien financier de l’hôpital St John, une institution catholique située à proximité d’Anderson.[56]

Cela ajoute une touche intéressante à l’histoire, compte tenu de la haine bien connue de Chick envers l’Église catholique romaine et de tout ce qui s’y rattache. Dans Closet Witches 2, Chick demande à Elaine : « Avec votre expérience dans l’art occulte et la sorcellerie, aviez-vous senti appartenir à une « Trinité du mal » au sein de l’église où vous, les satanistes, les maçons et les catholiques travailliez ensemble ? Y a-t-il une unité d’une façon ou d’une autre, pouviez-vous vous reconnaître ?

Elaine répond : « Bien sûr Jack […] c’est le cas et nous avons réussi à coordonner nos efforts afin de travailler en harmonie les uns avec les autres. »

Chick : « En d’autres termes, si vous deviez éliminer quelqu’un, vous travailleriez tous les trois ensemble ? »

Elaine : « Ouais, ils feraient ainsi […] catholiques, maçons et satanistes, ils utilisent tous les mêmes capacités de l’occultisme. »

Dans son livre, Prepare for War, Rebecca consacre un chapitre entier à l’Église catholique appelée « Le Catholicisme Romain est-il de la sorcellerie ? » Là, elle déclare : « Quiconque ne vit pas dans le véritable Evangile du Jésus-Christ de la Bible n’est pas sauvé. Si vous ne dites pas cette vérité à vos amis catholiques, et si vous continuez à entretenir avec eux une fausse communion, vous participez alors aux péchés de ce système idolâtre qu’est le catholicisme romain – vous participez à de la sorcellerie. »[57] Sur la base de cette déclaration et en raison de son association avec un hôpital catholique romain, Rebecca pratiquait la sorcellerie.

Dès le début de leur séjour à Lapel, Rebecca et Elaine ont trompé le public. La première page de l’édition du 26 mai 1982 du journal The Lapel Review, indiquait que Rebecca y établissait son cabinet de « médicale générale ». Un article sous le titre « Le Dr Bayley [sic] ouvre un cabinet à Lapel », déclarait : « Elle et sa sœur et deux amis travaillant avec elle ont très hâte de rejoindre la communauté d’ici. »[58] (Italique ajouté.) D’après ce rapport et d’autres, nous apprenons que Rebecca et Elaine se faisaient passer pour des sœurs.[59] Edna Elaine Moses prit même le nom de Ruth et s’appelait Elaine Bailey ! Les habitants de Lapel ont confirmé qu’elles revendiquaient une telle relation.

Rebecca affirme : « […] j’eus des contacts avec de nombreuses personnes, et j’ai eu le privilège d’amener au Seigneur près d’un millier de satanistes endurcis », pendant qu’elle pratiquait à Lapel et dans sa ferme à Pendleton, située à proximité.  « C’était un peu comme si nous travaillions dans une sorte de réseau secret »[60] dit-elle. Si ses affirmations sont vraies, elle aurait dû sauver du satanisme une moyenne de 1,3 personnes par jour durant les 25 mois (d’avril 1982 à mai 1984) où elle vécut dans la région. N’importe quel ministère ou travailleur « anti-secte » conviendrait qu’un tel taux est phénoménal.

Mais comme cela se passa au Ball Memorial, les circonstances entourant Rebecca et Elaine à Lapel devinrent étranges. D’abord, la version de Rebecca : « […] la bataille s’intensifia et devint encore plus acharnée. »[61] « […] le Seigneur permit que les satanistes soient l’instrument de la mort de ma mère. »[62] « […] Elaine était dans un semi-coma à cause de sa leucémie. Elle est restée complètement alitée pendant plus de six mois. »[63] « […] Satan porta un coup fatal à notre ministère dans cette région. En une seule nuit, alors qu’Elaine et moi nous nous étions absentées pour quelques heures, les satanistes ont envahi notre maison et ont détruit tout ce que nous avions. Ils ont tout brisé à coups de hache, et ont même tué nos petits animaux domestiques auxquels nous tenions tant. Ils ont aussi ravagé mon cabinet et tout ce que nous avions. Il ne nous restait plus, à Elaine et à moi, que notre vie sauve et les vêtements que nous portions, c’était tout. L’attaque de Satan était tellement bien planifiée qu’au même moment, tout le monde s’est retourné contre nous. Notre église a décidé que nous étions au service de Satan et a refusé de nous aider. Mon propre père et le reste de ma famille se sont retournés contre nous. La famille d’Elaine a aidé les satanistes à détruire tout ce que nous avions. Des membres de nos deux familles ont fait des démarches pour essayer de nous faire enfermer dans un asile psychiatrique. Nous n’avions pas d’autre choix que de fuir l’Etat.»[64]

Rebecca conclut : « Il s’est passé encore beaucoup d’autres choses que je n’ai pas la place de raconter en détail ici […] ».[65]

Des preuves documentaires montrent une histoire bien différente.

Premièrement, il n’y a aucun fondement à l’affirmation de Rebecca selon laquelle « les satanistes [furent] l’instrument de la mort de [sa] mère. » En effet, selon la copie officielle du « certificat médical de décès du département de la santé du comté de Marion [Indiana] », Lois M. Bailey est décédée le 31 décembre 1982 à l’hôpital St Vincent d’Indianapolis d’une crise cardiaque. Elle avait 75 ans.[66] Rebecca dit qu’elle avait 74 ans.[67]

L’ENQUÊTE MAJEURE COMMENCE

Un autre détail que Rebecca omet de mentionner sont des allégations à son encontre stipulant qu’elle abusa d’Elaine. Des documents montrent qu’elle a effectivement abusé d’Elaine. Le 17 octobre 1983, l’officier Samuel E. Hanna de la police du comté de Madison [Indiana] reçut un appel téléphonique d’un travailleur social de l’hôpital St Vincent à Indianapolis. La raison de l’appel : Une femme avait été admise à l’hôpital dont le corps entier était couvert de lésions. Elle était incohérente, avait reçu une overdose de médicaments et était proche de la mort. Le nom de la patiente était Edna Elaine Moses. Une enquête préliminaire révéla que le principal suspect était le Dr Ruth Bailey (Rebecca).[68] L’officier Hanna, un chrétien né de nouveau, était la partie ayant mené l’enquête majeure à l’encontre de Rebecca. Plusieurs mois de travail d’enquête suivirent, impliquant le bureau du procureur général, la Federal Drug Enforcement Administration, l’hôpital St John, le Conseil de l’ordre des médecins de l’Indiana et d’autres.

Sur la base de l’enquête, le conseil de l’ordre des médecins de l’Indiana émit une « suspension d’urgence » du permis d’exercice de la médecine de Rebecca, qui l’empêchait de pratiquer la médecine dans l’Indiana pendant 90 jours.[69]

Une enquête plus poussée suivit, d’autres déclarations sous serments furent effectuées et une « demande d’admission » de Rebecca fut obtenue. Entre autres découvertes, les investigations révélèrent qu’en moins de six mois, Rebecca avait demandé à quatre pharmacies différentes un total de plus de 100 ordonnances pour du Demerol, qui autorisait l’achat de 330 flacons de ce médicament antidouleur hautement addictif.[70]

À la suite de cette découverte, le conseil de l’ordre rendit une ordonnance le 22 mai 1984, prolongeant la suspension de Rebecca de 90 jours de plus. L’ordonnance précisait en outre que « l’intimée [Rebecca] continue de représenter un danger clair et immédiat pour la santé et la sécurité publique si elle est autorisée à continuer d’exercer la médecine, et que les motifs énumérés dans l’ordonnance de suspension antérieure restent inchangés. » L’ordonnance exigeait en outre que Rebecca « se soumette à un examen physique et mental complet aux frais du conseil ».

À ce moment-là, Rebecca avait fui Lapel. Une copie de l’ordonnance du conseil a dû lui être envoyée par courrier recommandé à une boîte postale à Niles, au Michigan, où elle le signa le 29 mai 1984. L’enquête se poursuivit et donna lieu à une audience en septembre 1984. Le 21 septembre 1984, l’édition du journal Indianapolis News rapporta que « Elle [Rebecca] n’assista pas à l’audience de son cas ayant duré six heures hier, et en vertu de la loi, son défaut de comparution signifie que l’état l’a déclaré coupable par défaut. » Le journal rapporta également que 19 témoins témoignèrent pendant l’audience, plusieurs d’entre eux « refusèrent de révéler leurs adresses actuelles, disant qu’ils craignaient des représailles de la part du Dr Bailey. Le médecin porte une arme de poing et avait menacé de blesser des personnes qu’elle considérait comme possédées, disaient-ils. »

L’article de presse rapporta que « plusieurs témoins ont dit avoir vu le Dr. Bailey [Rebecca] s’injecter elle-même, à Mme Moses [Elaine] et la fille adolescente de Mme Moses du Demerol et de la morphine. De grandes quantités de médicaments étaient gardées à disposition, et la maison de Bailey était jonchée d’aiguilles et de seringues usagées, ont déclaré des témoins. De plus, l’ancienne aide ménagère du Dr Bailey a témoigné que « la maison était « sale » quand elle et sa fille emménagèrent. « J’ai sorti 18 sacs de détritus », dit-elle. Dans la chambre ou le Dr Bailey et Mme Moses partageait le même lit, il y avait des cendriers débordants, des plats de restes de nourriture et des excréments d’animaux, témoigna-t-elle. En outre, la maison était remplie de livres de démonologie. »

LE VERDICT

L’audience du Conseil de l’ordre des médecins de l’Indiana conclut et un rapport de « Constatations de fait et de conclusions de droit » fut publié. Le rapport de huit pages appela à une révocation immédiate de la licence médicale de Rebecca. Parmi les extraits les plus révélateurs on trouve :

8. Qu’à plusieurs reprises, l’intimée [Rebecca] a sciemment et intentionnellement mal diagnostiqué ses patients, comprenant sans limitation à ses patients, nominativement : Edna Elaine Moses, alias Elaine Moses, alias Elaine Bailey (ci-après dénommée « Edna Elaine Moses »), Claudia Moses, Lucia Lively, Luccinda Sisson, Kelly Sisson, Cheryl Maynard et deux (2) patients identifiés seulement comme « V. B. » et « K. W. ».

9. Que le « mauvais diagnostic » mentionné dans la « constatation de fait » n° 8 ci-dessus, incluait un diagnostic erroné de leucémie présumée, de divers troubles, d’une maladie de la vésicule biliaire, de tumeurs cérébrales et de diverses autres maladies et affections dont l’intimée a déclaré avoir été causées par des démons, diables et autres mauvais esprits.

10. Qu’en fait, les patients mentionnés dans la « constatation de fait » n° 8 ci-dessus, ne souffraient pas des affections diagnostiquées et des conditions mentionnées dans la « constatation de fait » n° 9, ci-dessus.

11. Qu’à maintes reprises, l’intimée a déclaré à ses patients qu’elle avait été « choisie » par Dieu comme le seul médecin capable de diagnostiquer certaines maladies et affections que les autres médecins ne pouvaient diagnostiquer. Elle pensait que d’autres médecins, y compris des médecins de l’hôpital Ball Memorial de Muncie, dans l’Indiana, ainsi que du centre médical St John à Anderson, dans l’Indiana, étaient, en fait des démons, diables et autres mauvais esprits.

12. Que l’intimée traitait de façon inappropriée la prétendue leucémie d’Edna Elaine Moses avec des doses massives de Demerol et de Phenobarbitol au point où la patiente recevait des injections de Demerol de 600 à 900 cm3, alors que la dose de ce médicament se situe normalement entre 150 et 200 cm3 et jusqu’à trois fois la dose thérapeutique recommandée de Phenobarbitol.

13. Que l’intimée a administré à Claudia Moses, fille d’Edna Elaine Moses, une fille de 15 ans atteinte d’une déficience mentale, ayant l’âge mental d’une fillette de 8 ans, de nombreuses injections de Demerol pour une soi-disant « nausée » et permit à Claudia de s’administrer elle-même des injections de Demerol.

14. Qu’à de nombreuses reprises, l’intimée fournissait à ses patients des quantités excessives de médicaments soumis à ordonnance, et / ou de substances réglementées sans aucune explication, instruction ou contrôle approprié.

15. Que de nombreux patients de l’intimée ont dû subir une désintoxication pour retirer les quantités excessives de médicaments soumis à ordonnance, et / ou de substances réglementées que l’intimée prescrivait et / ou administrait sans raison thérapeutique valable.

16. Alors qu’Edna Elaine Moses était sous la garde et le traitement immédiat de l’intimée, la famille d’Edna Elaine Moses a dû faire admettre Edna au service des urgences de l’hôpital St Vincent à Indianapolis, dans l’Indiana et ensuite à l’hôpital Larue Carter à Indianapolis en vue de la désintoxication des quantités excessives de substances réglementées que l’intimée prescrivait et administrait pour la leucémie présumée d’Edna et pour le traitement d’infections multiples, y compris les infections de ses voies urinaires et les infections de divers cathéters, incluant un cathéter de Hickman utilisé pour faciliter l’administration de médicaments par voie intraveineuse et aussi pour le traitement des lésions externes […]

20. Que l’intimée a déclaré à maintes reprises qu’elle possédait la capacité de « partager » les maladies avec ses patients dans la lutte contre les démons, les diables et autres mauvais esprits qui causaient prétendument les diverses maladies et affections et qu’elle « partageait » la leucémie d’Edna Elaine Moses.

21. Que, sans raison thérapeutique valable, l’intimée s’est auto-diagnostiquée et s’est auto-administrée des quantités non thérapeutiques de Demerol pour sa « leucémie » qu’elle aurait « partagée » avec Edna Elaine Moses et pour le traitement d’une prétendue tumeur cérébrale maligne et d’une myasthénie.

22. Qu’il a été observé régulièrement que l’intimée s’administrait des doses non thérapeutiques d’au moins 3 cm3 de Demerol sur une base horaire en s’injectant à l’arrière de ses mains, à l’intérieur de ses cuisses et partout où elle pouvait trouver une veine appropriée.

23. Que le psychiatre nommé par le conseil qui a examiné l’intimée et pris en compte les déclarations faites par ses patients, a diagnostiqué que l’intimée souffrait de troubles aigus de la personnalité, y compris de délires démoniaques et / ou de schizophrénie paranoïde.

Finalement, en se fondant sur les « constatations de fait » susmentionnées, le Conseil établit ensuite ses « Conclusions de droit » au sujet de Rebecca, qui comprenaient les résultats suivants :

« (D) Addiction ou une dépendance grave à l’alcool ou autre qui met en danger le public par compromission de la capacité d’un praticien à pratiquer la médecine en toute sécurité […]

(3) prescription ou administration d’un médicament à d’autres fins thérapeutiques généralement acceptées; et,

(4) Négligences grossières dans l’exercice de la médecine. »

Le point le plus important du rapport médical est la divulgation des surdoses de Demerol prises par Elaine et Rebecca. La dépendance au Demerol, un antalgique, possède des effets secondaires clairement identifiables. L’Essential Guide to Prescription décrit les effets secondaires d’une surdose de Demerol : « Désorientation, hallucinations, démarche instable, troubles comportementaux paradoxaux pouvant suggérer un trouble psychotique. » Le Guide poursuit : « faiblesse, évanouissement, désorientation, vertiges, altération de la concentration, dépendance, confusion, convulsions ».

Il est impossible de déterminer à combien fut réel, s’il eut lieu, le contact entre Satan, Elaine et Rebecca, alors que celles-ci étaient sous l’influence des médicaments. Par contre, on peut être sûr que leurs états influencés par des médicaments n’aient pu être favorable à une révélation directe de Dieu. Toutes deux nourrissaient et alimentaient leurs interprétations de leurs addictions. La perception de Rebecca et Elaine des faits et des expériences personnelles s’apparente à l’image que l’on voit dans un miroir déformant ; en l’occurrence l’image est là mais elle est une distorsion complète de la réalité.

L’histoire de Rebecca et d’Elaine, telle que racontée à Chick, avec ses assertions extra-bibliques et ses origines pécheresses, est mise en défaut lorsque comparée à la norme de la Parole de Dieu. De plus, nous ne pouvons ignorer la grande quantité de documents, de témoignages donnés par la police, par des médecins, par des avocats, par des membres de famille ou des connaissances; ni ne pouvons accepter qu’ils fassent tous partie du stratagème de Satan pour discréditer Rebecca et Elaine.

La carrière médicale de Ruth Bailey a été abrégée car elle s’est « transformée en une femme en proie à la toxicomanie, à l’extrémisme religieux et à la croyance que ses patients et collègues étaient possédés par des démons ».[71]

Jack Chick continue de tromper le public avec une promotion de témoignages douteux et sensationnalistes. Le résultat en tant que tel n’a pas été édifiant pour le corps du Christ. Il semble que Chick soit lui-même tombé en proie aux ruses de Satan. Espérons qu’à l’avenir il reconnaisse le passé sordide et suspect de ces dames et admette qu’il a été trompé. Notre prière, aussi, est que Rebecca et Elaine se repentissent des mensonges et des tromperies qui provoquent des suspicions malsaines parmi les chrétiens et qui ne servent qu’à nuire à l’Eglise.


Notes de fin

[1] Cassette vidéo disponible.

[2] Voir :

The Journal of Pastoral Practice, vol. 3, n° 4, pp. 99-103; vol. 5, n° 2, pp. 83-88;

Christianity Today, 2 fev. 1979, pp. 38-42;

The New Logos Journal, mars-avril 1979, pp. 67-69;

Cornerstone magazine, vol. 9, issue 53, pp. 29-31.

[3] Rebecca Brown, He Came To Set The Captives Free. Chino, CA : Chick Publications, 1986, p. 56.

[4] Ibid., p. 61.

[5] Ibid., p. 62.

[6] Ibid., p. 63.

[7] Ibid., p. 79.

[8] Ibid.

[9] Ibid., p. 80.

[10] Ibid., p. 82.

[11] Ibid., p. 92.

[12] Rebecca Brown, Prepare For War. Chino, CA : Chick Publications, p. 17.

[13] Ibid.

[14] Ibid., p. 16.

[15] Ibid., p. 18.

[16] Ibid.

[17] Ibid., p. 226.

[18] Ibid., p. 32.

[19] Ibid.

[20] Captives, op. cit., p. 101.

[21] Ibid., p. 99.

[22] Prepare, op. cit., p. 224.

[23] Ibid.

[24] Ibid., p. 225.

[25] Jerry Johnston, Edge of Evil, Rise of Satanism in North America. Dallas : Word Publishers, 1989, p. 173.

[26] California County Clerk Document. San Bernardino, CA, n° VCV 009038.

[27] Application For License To Practice Healing Art By Examination submitted by Ruth Bailey to Medical Licensing Board of Indiana, n° 76607, fait le 1979-08-14.

[28] Captives, op. cit., p. 8.

[29] Application for License, op. cit.

[30] Letter from Indiana University School of Medicine to Ball Memorial Hospital Muncie, IN, 1979-07-09.

[31] Captives, op. cit., p. 101.

[32] Indianapolis News, 1984-09-21, p. 5.

[33] Interview with Detective Samuel E. Hanna and Captain Tim R. Davis, Madison County, IN, Police, Juin 1989, cassette audio disponible.

[34] Constatations de fait, n° 11, Dr Ruth Bailey, Before Medical Licensing Board of Indiana, Cause n° 83 MLB 038.

[35] Captives, op. cit., p. 9.

[36] Ibid., p. 9.

[37] Constatations de fait, n°20, Cause n° 83 MLB 038.

[38] County Clerk Document. San Bernardino, CA, n° VCV009037.

[39] Closet Witches 1. Chino, CA : Chick Publications, face 2.

[40] « In-Patient Admissions, and « History & Physical » reports for Moses, Edna E. ». Pièce n° 22, Medical Record n° 89477.

[41] Captives, op. cit., p. 27.

[42] Ibid., p. 28.

[43] Ibid., p. 32.

[44] Chesterfield Lives – Spiritualist Camp 1886-1986 Our First 100 Years. [Auto publié], 1986.

[45] Captives, op. cit., p. 29.

[46] New Castle High School Yearbook. New Castle, IN, 1965, p. 51.

[47] Captives, op. cit., p. 92.

[48] Application for Marriage License, State of Indiana, Henry County Book 54, p. 586.

[49] Henry Circuit Court – January term 1967, State of Indiana, Cause n° 67-C-92

[50] Pièce n° 22, op. cit.

[51] Captives, op. cit., pp. 62-63.

[52] Closet Witches 2. Chino, CA : Chick Publications, face 2.

[53] Ibid.

[54] Constatations de fait, n° 11, Cause n° 83 MLB 038.

[55] Prepare, op. cit., p. 224.

[56] Bien que l’Hôpital St John ne veuille confirmer ni démentir son aide financière à l’établissement de l’exercice privé de Rebecca (Ruth Bailey) : Pièce n° 16, Saint John’s Medical Center, Anderson, Ind., Chronology – Dr. Ruth Mailey [sic] ;

Rebecca (Ruth Bailey) et l’administratrice de l’hôpital, Sœur Michaeleen, ont eu un entretien dans lequel Rebecca « exprime des préoccupations au sujet de ses finances et en particulier sur ce qu’elle devait à l’hôpital. » D’autres résidents de Lapel, dans l’Indiana, et des policiers (Entrevue avec le détective Samuel E. Hanna) indiquent la participation financière de St John à l’ouverture d’un cabinet de médecine générale par Rebecca à Lapel. Enfin, suite à son exode de Lapel, la propriété de la maison qui servait de bureau médical à Rebecca a été transféré en moins de six semaines de Rebecca à la State Bank de Lapel puis à l’hôpital St John (dossiers du comté de Madison, Indiana, livre 619, pp. 216 et 740).

[57] Ibid., p. 166.

[58] The Lapel Review, Lapel, IN, 1982-05-26.

[59] Pièce n° 16, Saint John’s Medical Center, Anderson, Ind., Chronology – Dr. Ruth Mailey [sic], pp. 1-6.

[60] Prepare, op. cit., p. 224.

[61] Ibid.

[62] Ibid.

[63] Ibid.

[64] Ibid., p. 225.

[65] Ibid., p. 224.

[66] Official Copy of Certificate of Death, n° 08291, Lois M. Bailey.

[67] Prepare, op. cit., p. 224.

[68] Case Complaint Report Madison County Police, n° 83-K-4001.

[69] Emergency Suspension, in the Matter of Ruth Bailey, M.D., License n° 29402, received Mar. 15, 1984 by the Health Professions Service Bureau.

[70] Déclarations sous serment de pharmaciens : Marsh Pharmacy, Anderson, Ind.; Hollon’s Drugs, Anderson; Lapel Drug Store, Lapel, Ind.; and Gene Maddy Drugs, Anderson.

[71] Indianapolis News, 1984-09-21, p. 1.

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