Le baptême du Saint-Esprit – Une étude approfondie sur le baptême du Saint-Esprit d’après le livre des Actes

Article n°46 – Mai/Juin 1998, de Bob DeWaay, depuis le site internet : Critical Issue Commentaries (CIC). L’original peut être consulté en anglais à l’adresse suivante : http://cicministry.org/commentary/issue46.htm

Traduction française émanant du «Blog de réflexion chrétien», https://reflexionsjesus.wordpress.com/, 17/05/2015. Reproduit avec autorisation.


«En effet, que nous soyons juifs ou grecs, esclaves ou libres, nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps, et nous avons tous bu à un seul Esprit.» (1Corinthiens 12:13)

Tous les chrétiens évangéliques croient au baptême du Saint-Esprit; mais comment et quand advient le baptême dans le Saint-Esprit restent des questions controversées. Depuis l’avènement du mouvement pentecôtiste au début du vingtième siècle, certains ont soutenu que le baptême dans le Saint-Esprit est une seconde oeuvre de la grâce, ou une «seconde bénédiction.» d’autres évangéliques ont maintenu que tous les chrétiens sont baptisés dans le Saint-Esprit à leur conversion. Si cela était le seul point litigieux, la tâche de décider quelle est la position biblique serait rendue plus facile. Or les Pentecôtistes enseignent aussi que le don des langues est la seule preuve valable du baptême du Saint-Esprit. D’un autre coté, d’autres évangéliques ont prétendu que les langues et tous les autres dons surnaturels du même genre ont cessé lorsque le dernier apôtre est mort il y a près de deux millénaires. Bien entendu, ces deux positions ne peuvent être facilement conciliées, voire pas du tout.

Ceux qui en arrivent à ces positions le font en trouvant des modèles dans les cinq endroits du livre des Actes qui relatent des événements où des personnes ont été remplies du Saint-Esprit. Une partie des cas montre que les langues peuvent accompagner le baptême dans le Saint-Esprit et l’autre que les apôtres étaient présents lorsque le don des langues a été manifesté. Est-ce que le don des langues est un signe du baptême dans le Saint-Esprit qui serait une seconde bénédiction pour certains chrétiens ou est-ce un signe lié aux apôtres? Puisque les mêmes textes sont utilisés pour enseigner des doctrines qui sont en contradiction les unes avec les autres, une étude approfondie est nécessaire.

Pour avoir été diplômé de l’école biblique des Assemblées de Dieu au «North Central Bible College», je connais très bien la position pentecôtiste. Je suis vraiment béni d’avoir été enseigné par des hommes pieux qui honoraient l’autorité des Écritures et mettaient en garde contre les erreurs et les excès. Ils refusaient d’accepter les «révélations» qui allaient au-delà de la parole de Dieu et rejetaient toute allégation selon laquelle il y aurait des apôtres et prophètes des derniers jours. Ce sont eux qui m’ont poussé à apprendre le grec, l’herméneutique, et à éviter d’adopter une approche mystique de ma vie chrétienne. Tout devait être testé par l’Écriture. Je dois une réelle dette de gratitude à ces enseignants et tiens à remercier publiquement John Phillips, Wesley Smith, William Neige et Ray Levang. L’influence divine de ces enseignants et leurs paroles de sagesse sont toujours avec moi. Je suis particulièrement reconnaissant au Révérend Smith dont l’influence sur moi pendant les premières années de ma vie chrétienne a été profonde. Ces hommes tiennent en haute estime l’autorité de l’Écriture et vivent une vie pieuse basée sur un engagement avec Christ et sur l’œuvre du Saint-Esprit.

Je suis cependant en désaccord, tant avec certains éléments de la position pentecôtiste qu’avec ceux qui enseignent la cessation des dons. Je ne suis pas d’accord avec l’idée que le baptême dans le Saint-Esprit soit une seconde bénédiction, position qui place ceux qui le reçoivent à un niveau plus élevé d’expérience chrétienne, ajoutant que l’on doit parler en langues pour attester l’avoir vécu. Je suis également en désaccord avec l’enseignement affirmant que les dons ont cessé et que le parler en langues ne servait qu’à attester la présence des vrais apôtres. Des enseignants que j’aime et admire se trouve des deux côtés de cette problématique. Penchons-nous sur les Ecritures et cherchons une réponse biblique pour éviter deux problèmes : (1) une compréhension du corps de Christ à deux niveaux entre «ceux qui ont et n’ont pas», et (2) un déni de la réalité des dons que Christ a donné à son église.

Les indications du livre des Actes

La trame du livre des Actes est donnée par le mouvement du Saint-Esprit qui amène les gens dans l’église depuis les Juifs de Jérusalem pour finir avec Paul prêchant à Rome. On voit très clairement que la prédiction du Christ énoncée en Actes 1:8 concernant la propagation de l’évangile par la puissance du Saint-Esprit se réalise à mesure que le livre des Actes se déroule. L’âge messianique intègre des personnes très diverses et parfois inattendues, du fait de la miséricorde et la puissance de Dieu. Dieu sauva des Juifs de Jérusalem qui avaient précédemment rejeté le Christ et ses revendications (Actes 2), puis il sauva des Samaritains qui étaient considérés comme impurs d’après la religion (Actes 8), Il sauva ensuite un pharisien qui détestait le christianisme et qui consentit à la lapidation d’Etienne (Actes 9), puis Il sauva des Gentils craignant Dieu (Actes 10), enfin Il sauva des Juifs et des Gentils dans tout le bassin méditerranéen (le reste du livre des Actes). Ce processus montrait que le Christ était vraiment le Messie et que la commission demandée à ses disciples s’accomplissait par la puissance du Saint-Esprit. Dieu sauvait les personnes les plus inattendues par sa puissance et sa grâce.

Il est triste que nous prenions ces récits hors de contexte et que nous essayions de démontrer certaines choses que Luc ne disait pas. Luc n’enseignait pas que l’église se compose de chrétiens ordinaires et de super-saints d’élite qui ont fait une expérience que les chrétiens ordinaires n’ont pas faite, que l’on doit parler en langues pour démontrer avoir reçu le Saint-Esprit, ou que les langues cesseraient quand les apôtres seraient morts. Ces enseignements proviennent de chrétiens des siècles d’après, cherchant à définir ou valider leurs propres expériences. Ces chrétiens qui reçurent le don des langues et qui firent l’objet de critiques de la part de ceux qui n’avaient pas vécu une telle expérience trouvèrent dans le livres des Actes un appui justifiant une seconde bénédiction. D’un autre coté, les chrétiens dont les traditions ne comprenaient pas les dons spirituels trouvèrent en Actes un appui pour la thèse des dons liés aux apôtres seuls.

Actes 2

Le premier épisode de parler en langues en relation avec la réception du Saint-Esprit se trouve en Actes 2:4. Christ avait promis qu’après être monté vers le Père, Il enverrait le don du Saint-Esprit.[1] Le jour de la Pentecôte, (l’une des trois fêtes de pèlerinage annuel où les Juifs se rendaient à Jérusalem pour célébrer) la promesse selon laquelle Christ baptiserait ses disciples dans le Saint-Esprit fut réalisée (Jean 1:33, Actes 1:5). Etait-ce un signe de la présence des apôtres ou était-ce le signe d’une «seconde bénédiction»? Ce qui est clair est que les apôtres étaient présents. Toute l’assemblée dans la chambre haute reçu ce don, y compris les apôtres. Concernant les signes, nous devons nous demander : «qu’est ce que cela indiquait, et à qui?» Le but des signes est d’indiquer quelque chose. Ceux présents dans la chambre haute savaient déjà qu’ils allaient recevoir le Saint-Esprit, mais ils ne savaient pas comment ni quand.

La prédication de Pierre expliqua la signification de ce signe. Les Juifs de la diaspora qui assistaient à cet événement furent surpris (Actes 2:5-7) d’entendre parler dans leurs propres dialectes. Ainsi donc, le signe n’était pas clair (Actes 2:12) jusqu’à ce que Pierre l’explique. Ce que cela signifiait était l’accomplissement de la prophétie biblique. Les derniers jours avaient commencé! Dans le passé, le Saint-Esprit était venu sur les prophètes, les prêtres et les rois dans des situations particulières. Les prophètes avaient prédit un jour où le peuple de Dieu Le connaitrait profondément (Jérémie 31:31-34) et où le Saint-Esprit viendrait sur l’ensemble de l’humanité (Joël 2:28-32 cité par Pierre). Même Pierre ne réalisait pas la pleine signification du passage qu’il cita plus tard en Actes 10 : Dieu sauve même les Gentils! Joël mentionnait les jeunes, les vieux, les esclaves et les femmes. Il est clair que cela allait bien au-delà de l’attente et de l’expérience des Juifs. Les langues de feu en Actes 2 signifiaient l’accomplissement de la prophétie des temps de la fin. Dieu faisait la chose nouvelle qu’Il avait promise depuis longtemps par l’intermédiaire des prophètes. Il s’agissait de l’œuvre messianique que Jésus prédit avant son ascension. Il promit d’envoyer le Saint-Esprit. Ce fut beaucoup plus qu’un signe indiquant la présence des apôtres, c’était un signe de l’ère messianique.[2]

Le baptême dans le Saint-Esprit, comme décrit en Actes 2 n’a pas placé les chrétiens ordinaires sur un plan spirituel plus élevé. Les Pentecôtistes affirment que les disciples étaient nés de nouveau plus tôt en Jean 20:22: «Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit: «Recevez le Saint-Esprit.» Cette action symbolique a eu lieu lorsque le Christ donnait des ordres à ses disciples après sa résurrection (Jean 20:21). Le texte ne dit pas qu’ils naquirent de nouveau sur le moment. Nous savons par Luc 24:49 qu’on leur dit d’attendre à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils reçoivent le Saint-Esprit. En outre, il y avait un groupe de personnes quelque peu différent dans la chambre haute. Le récit de Jean 20 concerne principalement les douze, (bien que d’autres puissent avoir été présents) mais il y avait cent vingt personnes (Actes 1:15) qui étaient rassemblées lors de la Pentecôte. Ce qui arriva à la Pentecôte n’était clairement pas une «seconde bénédiction» pour ceux qui n’étaient pas présents à l’événement décrit en Jean 20. L’idée que le baptême dans le Saint-Esprit soit une expérience ultérieure à la nouvelle naissance n’est pas supportée par Actes 2.

Une autre preuve du fait que ceux-ci recevaient le Saint-Esprit pour la première fois est la transformation étonnante de leur compréhension de la parole de Dieu. Avant cela, ils étaient encore confus à propos des fins de Christ pour eux et Israël (Actes 1:6). En Actes 1:8 Jésus parlais de la venue du Saint-Esprit comme encore à venir. Il n’y a aucune raison de penser que cela était déjà arrivé à l’occasion de l’épisode en Jean 20:22. Jésus leur avait dit que le Saint-Esprit était avec eux et serait en eux (Jean 14:17). Cette promesse a été accomplie le jour de la Pentecôte. En outre, Pierre reliait l’envoi du Saint-Esprit à l’ascension du Christ. Il a dit : «Elevé à la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez.» (Actes 2:33). Ce qui est arrivé à la Pentecôte n’était pas une seconde bénédiction pour des chrétiens nés de nouveau, il s’agissait de l’effusion de l’Esprit que le Christ avait promis et cela advint après son ascension. Jean 7:39 fait également un lien entre l’envoi du Saint-Esprit à la glorification du Fils.

Le baptême dans le Saint-Esprit en Actes 2 était un acte souverain de Dieu. Cela accomplissait la prophétie et débutait l’âge de l’église. Le don des langues qui l’accompagnaient était un signe pour les Juifs de Jérusalem du fait que Dieu accomplissait la prophétie liée à l’âge messianique. La prédication de Pierre à propos de la résurrection de Jésus les a convaincus qu’il était bien le Messie juif et qu’ils devaient se repentir et croire en Lui. «Prouver» à partir de ce passage que les langues ne confirment que la présence des apôtres ou qu’ils confirment que certaines personnes ont reçu une seconde bénédiction qui les place dans une catégorie supérieure d’expérience chrétienne est manquer de beaucoup son impact profond. Au cours de l’ère messianique l’Esprit de Dieu tomba sur des gens inattendus, «en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera» (Actes 2:39b). Selon ce que Joël prophétisa : «Alors toute personne qui invoquera le nom du Seigneur sera sauvée.» (Actes 2:21).

Il est vrai que les personnes qui furent baptisés dans le Saint-Esprit en Actes 2 parlaient en langues et il est vrai que les vrais apôtres étaient présents. Ces deux faits sont inhérents à une plus grande vérité à savoir que la prophétie messianique fut accomplie et que les gens devaient se tourner vers Dieu en se repentant et se confiant au Messie ressuscité. Il n’y a aucune nécessité d’adopter l’une des théories contradictoires à propos d’Actes 2.

Actes 8

Actes 8 décrit la Parole de Dieu parvenir aux Samaritains et le fait que beaucoup furent sauvés. Jésus avait promis à ses disciples qu’ils témoigneraient de Lui en Samarie (Actes 1:8); c’est justement ce que Philippe faisait. Nous devrions garder à l’esprit l’aversion traditionnelle des juifs pour les Samaritains et l’importance historique de la propagation de l’évangile au travers de ce nouveau groupe de personnes. C’est une preuve supplémentaire de l’accomplissement de la prophétie messianique qui a commencé à la Pentecôte. Dieu sauvait des personnes inattendues et les incluait dans ses desseins éternels! Ils avaient été sous le charme d’un occultiste nommé Simon (Actes 8:9), qui chercha finalement à acheter le pouvoir de conférer le Saint-Esprit et fut condamné par Pierre à cause de cela (Actes 8:20). Dans cet environnement syncrétiste et païen le Saint-Esprit œuvrait souverainement pour amener les gens à Jésus-Christ.

Cette section de l’Écriture permet de démontrer à la fois la position Pentecôtiste du fait que le baptême du Saint-Esprit est une seconde œuvre de grâce suivant le salut et la position selon laquelle les langues sont un signe confirmant les apôtres qui sont morts depuis longtemps. Une chose particulière qui arriva est que, après que les Samaritains crurent à la prédication de Philippe et furent baptisés (Actes 8:12), Pierre et Jean furent envoyés par les apôtres à Jérusalem pour prier de sorte que les Samaritains reçoivent le Saint-Esprit (Actes 8:14-15). Chose intéressante, ici, tant les pentecôtistes que leurs critiques trouvent un soutien à leurs croyances. Il semble que les Samaritains bénéficiaient d’une seconde œuvre de la grâce et qu’après avoir reçu l’évangile il en fallait plus. Etant donné que Simon vit quelque chose qu’il jugeait digne d’acheter, les deux côtés du débat supposent que les dons tels les langues étaient présents à cette occasion.

Ce passage pose quelques difficultés, comme cela a été reconnu depuis longtemps. Certains ont pensé qu’un rite apostolique de «confirmation» a été réalisé ici.[3] Il est préférable de voir cela comme un épisode de la propagation globale de l’Évangile à l’égard de différents groupes de personnes et de la nécessité pour les apôtres eux-mêmes d’accepter que ce soit ce que Dieu voulait faire. Comme dans le cas des Gentils en Actes 10, un nouveau groupe a été appelé par Dieu à une relation salvatrice avec lui.

Bien que prédit par les prophètes de l’Ancien Testament et par Jésus, cela allait néanmoins au-delà des attentes et des expériences des apôtres juifs. Pour que l’église naissante comprenne et accepte les desseins de Dieu, il était crucial que les apôtres voient par eux-mêmes que Dieu tenait à sauver les Samaritains. De même, les Samaritains devaient êtres rassurés du fait qu’ils étaient acceptés par leurs ennemis traditionnels, les Juifs. F.F. Bruce donne ce commentaire :

Dans le cas présent, certaines preuves spéciales ont dû être nécessaires pour assurer les Samaritains, tellement habitués à être méprisés comme des étrangers par les habitants de Jérusalem, qu’ils avaient été pleinement intégrés dans la nouvelle communauté du peuple de Dieu. C’était une chose pour eux de se faire baptiser par un évangéliste indépendant comme Philippe, mais c’est seulement après qu’ils aient été reconnus et salués par les dirigeants de l’église de Jérusalem qu’ils éprouvèrent les signes qui confirmaient et attestaient de leur appartenance à la société possédant l’Esprit Saint.

Je crois que Dieu a choisi de répandre son Esprit sur les Samaritains, en présence des apôtres de Jérusalem pour le bénéfice des deux parties et l’unité de l’Eglise. Nous ne devrions pas supposer d’après Actes 8 que les gens qui croient l’Évangile et sont baptisés manquent du Saint-Esprit, surtout étant donné que Pierre prêchait en Actes 2:38 que ceux qui se sont repentis et ont été baptisés ont reçu le don du Saint-Esprit. Ce passage ne prouve pas que les apôtres doivent être présents pour qu’il y ait des dons spirituels, ni que la réception du Saint-Esprit est une expérience d’ordre supérieure pour certains chrétiens d’élite. Il me semble que les deux côtés du débat lisent leurs théologies préconçues dans ce passage.

Le thème qui a été initié en Actes 2 se poursuit en Actes 8. Dieu créer son église en déversant Son Saint-Esprit sur des personnes inattendues qui entendent l’Evangile et se repentent. L’âge messianique est à portée de main et les écritures de l’Ancien Testament s’accomplissent. Ce thème se poursuivra au travers de tout le livre des Actes.

Actes 9

La conversion de Saul de Tarse qui devint Paul nous est racontée en Actes 9. Le passage mentionne aussi la réception du Saint-Esprit. Après avoir frappé Saül de cécité, le Seigneur appela un croyant du nom d’Ananias à prier pour lui (Actes 9:11,12). Ananias était hésitant en raison de la réputation de Saul qui persécutait les chrétiens, mais fut rassuré du fait que Dieu avait appelé Saul à Lui. Ananias dit à Paul que Dieu allait le remplir du Saint-Esprit: «Ananias partit. Lorsqu’il fut arrivé dans la maison, il imposa les mains à Saul en disant: «Saul, mon frère, le Seigneur Jésus qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais m’a envoyé pour que tu retrouves la vue et que tu sois rempli du Saint-Esprit.» Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il retrouva la vue. Il se leva et fut baptisé;» (Actes 9:17,18). Le moment de la réception du Saint-Esprit dans le cadre de la conversion de Paul est difficile à établir, mais la tendance générale en Actes 2:38 est évidente. Paul se repentit, fut baptisé d’eau et reçu le Saint-Esprit. Tout cela est arrivé dans un court laps de temps et le résultat de cela fut la conversion de Paul qui passa de persécuteur de l’église à disciple du Christ.

La conversion de Paul n’amène rien à ceux qui enseignent les dons comme accréditant les apôtres, étant donné que les dons ne sont pas mentionnés ici. Elle ne peut pas non plus attester que la réception du Saint-Esprit est une seconde œuvre de grâce et qu’elle est toujours accompagnée par le don des langues (ou par un autre don surnaturel d’après ce qui est enseigné par les charismatiques). Il était clair pour Ananias que, puisque Dieu avait choisi Paul, que Paul devait être baptisé et que Dieu remplirait Paul du Saint-Esprit. L’ordre de ces événements n’était pas vraiment la question clé pour Luc. Comme le chapitre suivant des Actes le montrera, il n’y a pas un ordre déterminé des événements accompagnant le salut, qui pour le moins seraient évidents à des observateurs humains. Logiquement, l’activité préalable de Dieu est nécessaire pour le salut de quiconque.[4] Les gens doivent se tourner vers Dieu dans la foi et se repentir de leur vie égocentrique de rébellion. Ceux qui, par la grâce de Dieu, croient à l’Évangile et se repentent sont appelés à être baptisé. Le baptême d’eau ne suffit pas en lui-même et avoir été baptisé d’eau n’entraine pas le salut de quiconque, selon ce que montre le cas de Simon le magicien en Actes 8. Christ baptise dans le Saint-Esprit. Ainsi le baptême dans le Saint-Esprit a été promis aux croyants du livre des Actes comme une conséquence de leur réception de l’Evangile par la foi. Que cela advienne avant ou après qu’ils aient été baptisés d’eau n’était pas d’une importance primordiale comme le montrera Actes 10.

Nous ne savons pas si Paul parlait en langues quand il reçu le don du Saint-Esprit ; bien plus tard, il dit qu’il possédait ce don (1Corinthiens 14:18). Nous devons conserver l’essentiel, à savoir que Dieu appréhenda Paul et le rempli du Saint-Esprit comme Il l’a promis à ceux qui ont reçu Christ. Ceci est pour le moins clair en Actes 9. Encore une fois, Dieu a souverainement opéré en vue de donner le don du Saint-Esprit à une personne inattendue, un persécuteur des chrétiens.

Actes 10

Le cas suivant de personnes remplies du Saint-Esprit se trouve en Actes 10 où l’évangile se répand parmi les païens. En Actes 10, Dieu rassembla une série de circonstances surnaturelles pour permettre à Pierre de prêcher à la maison de Corneille. C’était un Gentil craignant Dieu. Ces personnes étaient attirées par le judaïsme, mais n’étaient pas devenus des prosélytes, souvent en raison de l’exigence de la circoncision.[5] Une fois que Pierre fut convaincu qu’il était approprié de prêcher l’Évangile aux Gentils (Actes 10:28), il prêcha la mort et la résurrection de Jésus pour le pardon des péchés (Actes 10:38-43). Les résultats furent surprenants. Le Saint-Esprit tomba sur ces Gentils tandis que Pierre prêchait encore et les Gentils parlèrent en langues (Actes 10:44-46). Ils furent ensuite baptisés d’eau.

Ici, la question clé était le salut des païens. Cela peut être compris au travers du débat qui s’en suivi : «Les apôtres et les frères qui étaient en Judée apprirent que les païens avaient aussi reçu la parole de Dieu. Et lorsque Pierre monta à Jérusalem, ceux qui étaient circoncis lui adressèrent des reproches en disant: «Tu es entré chez des incirconcis et tu as mangé avec eux!»» (Actes 11:1-3). Le facteur décisif que Pierre utilisa pour convaincre les autres que cela était bien la volonté de Dieu était que Dieu avait baptisé les Gentils dans le Saint-Esprit et que Jésus avait déclaré que les gens seraient ainsi baptisés (Actes 11:16,17). Un signe a une signification donnée pour une personne donnée. Dans ce cas, le don des langues accordé à la famille de Corneille signifiait pour les apôtres que Dieu avait sauvé les païens et les avait acceptés dans Son église. Par conséquent, ils devaient les baptiser et les accepter tout comme les autres croyants. Dans ce cas, les dons spirituels n’étaient pas tant le signe du fait que les vrais apôtres étaient présents, mais un signe pour les apôtres que des vrais chrétiens étaient présents! Cela ne correspond pas au modèle de ceux qui prétendent que les dons ne sont que des signes destinés à accréditer les apôtres, puisqu’un apôtre était bien présent. Pourtant, Dieu a surnaturellement donné le don du Saint-Esprit, alors que Pierre parlait. Remarquons qu’à cette occasion, Pierre n’utilisa pas sa capacité potentielle de produire des signes pour accréditer son ministère.

Cet incident ne correspond pas non plus au modèle enseigné par les Pentecôtistes. Le baptême du Saint-Esprit ne fut pas dans ce cas une seconde expérience et le don des langues ne fut pas un signe pour les croyants du fait qu’ils étaient remplis de l’Esprit, mais un signe pour les apôtres du fait que ces païens étaient devenus chrétiens. Le supposé modèle qui supporte la doctrine de la seconde bénédiction ou au contraire la doctrine selon laquelle les dons ne servent qu’à accréditer les apôtres n’est pas vraiment un modèle après tout. Le vrai modèle est que le Saint-Esprit est à l’œuvre pour remplir la promesse du Christ d’Actes 1:8. Dieu sauve des personnes inattendues appartenant à des milieux sociaux et géographiques de plus en plus larges. Christ baptise vraiment les gens avec le Saint-Esprit comme il l’a promis, et pas seulement les Juifs de Jérusalem.

Actes 19

En Actes 19, Paul rencontra des «disciples» à Ephèse et les questionna au sujet du Saint-Esprit (Actes 19:1,2). Ils n’avaient jamais entendu parler de lui, mais avaient été baptisés du «baptême de Jean.» Il doit y avoir une raison pour laquelle Paul les a questionnés à propos du Saint-Esprit. De toute évidence, ces disciples avaient une compréhension plus imparfaite du christianisme que celle d’Apollos (Actes 18).[6] D’une certaine manière Paul sentit que quelque chose manquait. Paul s’attendait clairement à ce que les gens baptisés reçoivent le Saint-Esprit. Ils savaient probablement quelque chose au sujet de Jésus sinon ils n’auraient probablement pas été appelés «disciples». Le texte ne nous dit pas comment ni où ils entendirent parler du baptême de Jean et l’acceptèrent.

Le livre des Actes souligne le fait que le Christ baptise dans le Saint-Esprit. Le baptême de Jean était seulement préparatoire (Actes 1:5; 11:16; 19:4). Il y a des raisons de croire qu’aucunes de ces personnes n’avaient eut une rencontre avec le Saint-Esprit, et qu’elles étaient dans une catégorie différente de celle d’Apollos, car elles avaient été baptisées d’eau alors qu’Apollos ne l’avait pas été. Les apôtres eux-mêmes, qui reçurent le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte n’avaient jamais été rebaptisés après avoir reçu le baptême de Jean.[7] Etant donné que les apôtres et Apollos n’avaient pas été re-baptisés et que ces douze le furent, il devait y avoir une différence. La différence est que ceux-ci n’avaient pas l’Esprit, c’est-à-dire qu’ils étaient non régénérés. Ils furent baptisés par Paul «dans le nom du Seigneur Jésus», reçurent le Saint-Esprit et vécurent des manifestations.

Les Pentecôtistes voient ici une analogie avec des gens appartenant à des églises évangéliques, qui croient à l’Évangile, mais qui n’ont pas de dons spirituels (en particulier le parler en langues). Ils supposent que ces personnes ne sont pas des chrétiens «remplis de l’Esprit», bien que véritablement nées de nouveau. Il ne s’agissait pas de cette situation à Ephèse. Paul avait baptisés les personnes du baptême chrétien parce qu’elles n’avaient pas du tout le Saint-Esprit (quelque chose qu’il devait savoir, d’où sa question). Ceux-ci savaient évidemment certaines choses à propos de Jésus et un peu plus sur Jean-Baptiste.

Je pense qu’une meilleure analogie pourrait être faite avec des «chrétiens», baptisés, le plus souvent en tant qu’enfants, dans les églises catholiques ou protestantes classiques. Durant les années 1970, beaucoup de ces personnes ont reçu le baptême du Saint-Esprit lors du renouveau charismatique. Je connais beaucoup de gens qui sont venus au Seigneur de cette façon. La plupart d’entre eux ne sont pas nés de nouveau dans leurs dénominations modérées où libérales, mais ils savaient déjà beaucoup de choses à propos de Jésus. Ils n’avaient pas vraiment rencontré le Seigneur. Le message à propos du Saint-Esprit, à l’instar de ce qui est arrivé en Actes 19, a entrainé le fait que beaucoup répondirent au Seigneur et reçurent une foi vivifiante. Beaucoup de ces gens (pas tous) ont fini par quitter leurs précédentes dénominations, furent baptisés à l’âge adulte et rejoignirent des communautés croyant en la Bible. À mon avis, ce qu’ils ont reçu ne fut pas la «seconde bénédiction,» mais la régénération et le salut. Cela s’est avéré être une stratégie viable de discuter avec des gens qui pensaient qu’ils étaient des «disciples» et avaient déjà donné un assentiment mental à des faits concernant Jésus et la Bible. De leur parler du baptême dans le Saint-Esprit leur procura ce dont ils manquaient et provoqua un changement de vie grâce à l’intervention surnaturelle de Christ. Voilà ce qui est arrivé en Actes 19. Ils croyaient déjà en Jésus (dans le sens d’une approbation mentale), mais alors ils rencontrèrent Celui qui baptise dans le Saint-Esprit.

Tout comme Actes 8, Actes 19 semble «prouver» la thèse des deux parties du débat. Les langues seraient un signe du baptême dans le Saint-Esprit qui serait une seconde expérience pour les chrétiens nés de nouveau et d’autre part les langues seraient un signe n’accréditant que les apôtres. Certes, l’autorité apostolique de Paul a été validée. Cependant, il est préférable de comprendre ceci selon la perspective de Luc, à savoir de la propagation du christianisme par la puissance du Saint-Esprit. Le ministère de Paul à Ephèse, en commençant par ces douze hommes, devait être un jalon important dans la diffusion de l’Evangile aux païens. Dieu était avec Paul à Ephèse et en Asie mineure tout comme Il utilisa Pierre en Judée. Jean baptisait avec de l’eau, et voilà que Christ ressuscité baptise les gens avec le Saint-Esprit, les envoyant dans le monde entier pour être ses témoins. Ceci est le thème de Luc.

Conclusion

Le passage cité au début de cet article (1Corinthiens 12:13) dit que tous les chrétiens ont été baptisés par le Saint-Esprit dans le corps de Christ. Le corps du Christ ne se divise pas en deux camps, des chrétiens ordinaires et des chrétiens privilégiés «baptisés dans l’Esprit». Paul a écrit: «Quant à vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas.» (Romains 8:9). Le livre des Actes ne dit rien qui soit en désaccord avec Paul dans ces deux passages.

Raisonner par induction pour démontrer une thèse ne fonctionne certainement pas lorsque les cas individuels qui composent la séquence inductive ne correspondent pas. Les passages que nous avons étudiés dans les Actes ne dépeignent pas un modèle de personnes qui deviennent chrétiens nés de nouveau à un point et qui vivent ultérieurement une seconde expérience appelée le baptême dans le Saint-Esprit. Pour sûr ce ne fut pas le cas de certaines personnes dans la chambre haute et probablement de tous les cent vingt. Ce ne fut pas non plus le cas de Paul en Actes 9 ni le cas en Actes 10 pour la famille de Corneille. Des preuves suggèrent que ceux que Paul rencontra en Actes 19 n’étaient pas auparavant nés de nouveau, même si certains peuvent le contester. Le soi-disant «modèle» ne se trouve qu’en Actes 8 dans des circonstances uniques. L’enseignement à propos du «signes des Apôtres» comporte des problèmes similaires. Les signes dans ces cas ne visaient pas à prouver à d’autres que les apôtres étaient présents. Parfois, les signes étaient destinés aux apôtres leur montrant que des chrétiens étaient présents. Dans les deux cas, la démarche inductive n’est pas valable.

Il reste encore beaucoup à dire. Est-ce que les dons de l’Esprit sont encore pour aujourd’hui, et si oui, dans quel but? Si tous les chrétiens sont baptisés dans le Saint-Esprit comme 1Corinthiens 12:13 le suggère, alors quelle explication doit être donnée aux expériences des pentecôtistes et d’autres qui sont touchés par le Saint-Esprit et reçoivent des dons surnaturels? Dans un prochain numéro, je vais montrer qu’il est biblique pour les chrétiens qui sont déjà remplis de l’Esprit d’être exhortés à «être rempli de l’Esprit.» Les apôtres ont déclaré qui fallait être rempli du Saint-Esprit à plus d’une occasion. J’examinerai les arguments de ceux qui disent que les dons ont cessés et serait en désaccord avec eux sur la base de l’exégèse biblique. On parlera aussi dans le sens d’un enseignement selon lequel le canon est clos, que les apôtres avaient un rôle unique, et qu’il n’y a pas de nouvelles révélations.


Sauf indication contraire, les citations bibliques de la traduction française sont tirées de La Bible version Segond 21, Société Biblique de Genève, 2007.


Notes de fin

[1] Jean 14:16,17,26; Jean 16:7,8,13; Luc 24:49.

[2] F.F. Bruce, The Book of Acts in NICNT, Eerdmans : Grand Rapids, 1988, p. 169. Bruce discute cette théorie et est en désaccord avec elle.

[3] Ibid., p. 170.

[4] Voir Jean 6:44 : «Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.»

[5] Voir Everett Ferguson, Backgrounds of Early Christianity, Eerdmans : Grand Rapids, 1987, p. 436.

[6] Voir Op. Cit., Bruce, p. 362, 363.

[7] Ibid., p. 364, pour une bonne discussion sur les 12 à Ephèse.

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Une réflexion sur “Le baptême du Saint-Esprit – Une étude approfondie sur le baptême du Saint-Esprit d’après le livre des Actes

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