La divination chrétienne – Les pratiques erronées des mystiques chrétiens

Article n°83 – Juillet/Août 2004, de Bob DeWaay, depuis le site internet : Critical Issue Commentaries (CIC). L’original peut être consulté en anglais à l’adresse suivante : http://cicministry.org/commentary/issue83.htm

Traduction française émanant du site «L’Amour de la vérité», http://www.amourdelaverite.com, 18/11/2006. Révision de la traduction du 03/05/2015, par le «blog de réflexion chrétien», https://reflexionsjesus.wordpress.com/. Cet article est la propriété de son auteur. Il ne doit pas être copié ou utilisé à moins d’être gardé dans son format original. Il peut cependant être reproduit pour un usage personnel. Toute autre forme d’usage de cet article nécessite premièrement la permission de l’auteur. Merci.

«Prêche la Parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.» (2Timothée 4:2-4)

Il y eût un roi en Israël qui décida d’établir sa propre façon de s’approcher de Dieu. Son histoire est un avertissement sérieux pour ceux qui agissent de la sorte aujourd’hui.

Il s’agit du roi Jéroboam. Ce roi reçut une prophétie disant que Dieu allait déchirer 10 tribus de la main de Salomon et les lui donner (1Rois 11:31) à cause de l’idolâtrie de Salomon (1Rois 11:33). Salomon décida alors de tuer Jéroboam mais ce dernier s’enfuit en Égypte jusqu’à la mort de Salomon (1Rois 11:40). La prophétie s’accomplit à la mort de Salomon et Jéroboam devint le roi des 10 tribus du nord.

Cependant, lorsque Dieu l’établit roi, quelque chose le préoccupait. Il raisonna ainsi : «Si ce peuple monte à Jérusalem pour faire des sacrifices dans la maison de l’Éternel, le coeur de ce peuple retournera à son seigneur, à Roboam, roi de Juda, et ils me tueront et retourneront à Roboam, roi de Juda.» (1Rois 12:27). Alors, étant un pragmatiste, il établit deux maisons d’adoration: celle de Dan dans la partie nord et Béthel au sud. Ensuite, il prit des gens qui n’étaient pas Lévites pour en faire des prêtres et institua son propre jour de festivités, espérant ainsi prévenir le fait que le peuple se rende à Jérusalem tel que l’exigeait la Torah.

Dans le but de rendre la nouvelle façon d’adorer Dieu raisonnable aux yeux du peuple, il mit un veau d’or à chaque lieu d’adoration: «Après s’être consulté, le roi fit deux veaux d’or, et il dit au peuple: Assez longtemps vous êtes montés à Jérusalem; Israël! Voici ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte.» (1Rois 12:28). Ses paroles rappelèrent au peuple celles d’Aaron. C. F. Keil commente: «En disant au peuple «Voici ton Dieu», Jéroboam voulait dire au peuple que cette façon d’adorer était celle utilisée par leurs pères au désert, avec Aaron à leur tête.»[1] Il ne voulait pas dire littéralement que les veaux les avaient fait sortir d’Égypte mais qu’ils étaient une forme de représentation de Dieu. Keil mentionne qu’au lieu d’instituer une religion entièrement différente, Jéroboam altéra l’adoration à Dieu de sorte qu’elle convienne à ses besoins religieux et politiques. Keil de dire, «Le péché de Jéroboam consistait dans le fait qu’il ne permettait plus au peuple de se rendre à la maison de l’Éternel à Jérusalem mais qu’il l’incitait et l’obligeait à adorer Jéhovah devant l’un ou l’autre des veaux qu’il avait élevés […]»[2]

Jéroboam crut pouvoir s’approcher de Dieu de la manière qu’il pensait bonne ; qu’il pouvait établir sa propre version de l’adoration envers Dieu. Des prophètes de Dieu lui parlèrent (1Rois 11:31; 13:1; 14:7-10) et Dieu le guérit (1Rois 13:6), mais à la fin, il fut jugé comme étant un mauvais roi (1Rois 14:10-14). Jéroboam ne voyait pas l’utilité de suivre les ordonnances de la Torah concernant la façon d’adorer Dieu. Combien il avait tort !

Je crois que Dieu révèle la seule manière légitime de L’approcher. Dans cet article, nous examinerons les déclarations des Chrétiens mystiques contemporains qui affirment avoir découvert des méthodes pour rencontrer Dieu, entendre Sa voix et même voir des images intérieures de Jésus prendre vie et parler : des méthodes empruntées des sources mondaines et qui ne sont pas bibliques. Ces gens pèchent de la même façon que Jéroboam.

L’homme peut-il décider comment approcher Dieu ?

Dans le numéro précédent de CIC, j’argumente que les méthodes ne sont pas neutres : Soit que les êtres humains peuvent accéder au vrai Dieu d’une manière quelconque OU que Dieu est Celui qui restreint les moyens de nous approcher de Lui. Ceci est prouvé par le fait que les formes de divination sont défendues et, par définition, la divination est toute technique utilisée pour obtenir une information secrète que Dieu a choisi de ne pas révéler. Si nous pouvions L’approcher de toutes sortes de manières, alors les tarots, les Ouija, les boules de cristal, les puissances psychiques, etc. seraient des façons légitimes d’approcher Dieu. Puisque certaines techniques sont défendues, alors il est faux de déclarer que les humains peuvent venir à Dieu comme ils le veulent; ce n’est pas biblique. Par conséquent, nous concluons que Dieu a établi des façons restreintes de venir à Lui et de L’adorer.

Il y a des restrictions. La question est celle-ci : «Qui les déterminent ?» Les options sont les suivantes : les individus pour eux-mêmes, les traditions d’une église ou les Écritures. J’argumente que si les individus déterminent les restrictions pour eux-mêmes, il n’y a pas vraiment de restrictions. En voici un bon exemple : Morton Kelsey, le plus populaire des Chrétiens mystiques du XXe siècle, qui est ouvert à toute pratique religieuse qui aide au «parcours intérieur», a écrit : «Le parcours intérieur est aussi individuel que notre empreinte. Nous avons besoin de guider les autres dans leur chemin et de ne jamais leur imposer le nôtre.»[3]

Plusieurs Chrétiens choisissent la deuxième option – les traditions de l’église. Ils découvrent que les mystiques et leurs pratiques ont existé depuis longtemps dans l’histoire de l’église.[4] Il est surprenant que des évangéliques contemporains citent parfois des traditions Catholiques et Orientales Orthodoxes pour justifier leurs pratiques. Mais plusieurs le font. Ils essaient habituellement de se justifier par un support biblique quelconque, ce qui est impossible sans tordre les Écritures.

Je crois que seules les Écritures déterminent les moyens valides d’approcher Dieu. Elles révèlent une restriction évidente : «Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par Moi.» (Jean 14:6). La Bible révèle non seulement le seul chemin au salut mais aussi les moyens de grâce pour vivre la vie Chrétienne. Dieu ne nous laisse pas à notre ingéniosité. Il ne nous a pas enseigné à vivre les différentes pratiques religieuses afin de choisir celles qui nous plaisent et essayer de les rendre «chrétiennes». Ceux qui agissent ainsi sont les Jéroboam d’aujourd’hui qui ne permettent pas à Dieu de leur dire comment Il désire être adoré.

Les déclarations des chrétiens mystiques

Ces dernières semaines, j’ai étudié plusieurs livres écrits par des Chrétiens mystiques, entre les années 1947 et 2004. En comparant l’enseignement de l’un avec l’autre, j’ai pu conclure qu’il y a peu de différences entre eux dans leurs pratiques et dans leur utilisation de la Bible. Je citerai plusieurs de leurs oeuvres, expliquerai leurs croyances et montrerai comment leurs pratiques découlent de leurs croyances de base.

Le royaume «en nous»

Un thème commun est que le royaume de Dieu est à l’intérieur de l’individu. Agnès Sanford était une pionnière dans l’apport du mysticisme aux évangéliques du XXe siècle. Son livre «La Lumière Guérissante» a été premièrement publié en 1947. Elle y dit ceci concernant le royaume de Dieu : «Le royaume de Dieu est en vous» a dit Jésus. Et c’est la lumière intérieure, la place secrète de la conscience du Très Haut qui est la manifestation actuelle du royaume des Cieux sur cette terre.»[5] Sanford croyait qu’il existait des lois que nous devions apprendre «à mettre en marche» afin que nous puissions permettre à la puissance de Dieu de se manifester et accomplir des miracles. Elle poursuit en disant : «Apprendre à vivre dans le royaume Céleste, c’est d’apprendre «allumer la lumière de Dieu à l’intérieur.»»[6] Puisqu’elle n’explique pas l’Évangile en termes bibliques, nous sommes laissés sur l’impression que ce qu’elle nomme «la force» divine est à l’intérieur de chaque individu et qu’il peut y puiser en autant qu’il connaisse les lois qui gouvernent cette force.[7]

Un autre mystique du XXe siècle ayant enseigné que le royaume est à l’intérieur de nous est Ruth Carter Stapleton, enseignante dans les années 70 de la guérison intérieure et soeur du président Jimmy Carter. Elle a écrit : «La pensée concentrée est étonnante. Elle peut devenir un véhicule pour communiquer avec le coeur de notre être que Jésus a appelé «le royaume de Dieu intérieur»[8]

Par ailleurs, Morton Kelsey a enseigné ceci : «La méditation est une façon pour nous d’ouvrir la porte au royaume des cieux. Jésus a commencé son ministère en déclarant que son saint royaume était en nous et parmi nous.»[9]

Jose Silva a enseigné que le royaume de Dieu est en nous et que nous avons besoin de nous positionner en onde cérébrale Alpha afin d’activer les puissances du royaume de Dieu.[10] Silva est le fondateur de la méthode Silva du contrôle par la pensée et se vantait d’avoir 6 millions d’adeptes en 1980. Toutefois, il est rarement assimilé aux évangéliques.

Les mystiques s’accrochent à l’idée du royaume intérieur parce qu’elle incite à la raison de «faire un voyage intérieur». Elle concorde habilement avec le mode de pensée des gens dans une culture influencée par le Nouvel Age et le post-modernisme. «Allez profondément en votre être intérieur au moyen d’une technique Orientale et vous rencontrerez Dieu». Voilà ce qu’ils pensent. Mais la Bible enseigne-t-elle que le Royaume de Dieu est à l’intérieur des êtres humains ?

Ces gens citent Luc 17:20-21 comme point de référence : «Les Pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Il leur répondit : Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira point : Il est ici, ou : il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous.»

La phrase «le royaume de Dieu est en vous» se retrouve dans les versions bibliques King James et NIV. Je crois que le contexte favorise la version NASB. Jésus ne disait pas à Ses ennemis, les Pharisiens, que le royaume était en eux, mais qu’il était parmi eux en Sa Personne.[11] S’ils désiraient entrer dans le royaume, il leur faudrait se repentir et se tourner vers Christ pour leur salut (voir Marc 1:14-15). Il n’y a rien dans ce passage qui suggère que les Pharisiens trouveraient le royaume de Dieu s’ils entamaient un voyage intérieur en utilisant des techniques de méditation!

État de conscience second

En 1980 a paru le film «États Seconds». Il s’agissait d’un homme qui utilisait des champignons magiques dans une chambre isolée pour atteindre un état terrifiant de conscience second. Le film montrait les dangers d’une telle expérience. Fait intéressant, plusieurs des enseignants du mysticisme Chrétien font une mise en garde contre les dangers qui menacent ceux qui pratiquent ce parcours intérieur. Kelsey, qui a appris sa version du mysticisme Chrétien en intégrant diverses pratiques religieuses avec la psychologie de Carl Jung,[12] a déclaré que sous notre conscience rationnelle se trouve un monde intérieur à lui seul, où l’un rencontre «L’Autre»[13] Le problème réside dans le fait que lorsque des gens apprennent des techniques pour avoir accès à ce domaine intérieur au-delà de la pensée consciente, ils rencontrent de terribles forces de ténèbres. Selon Kelsey, un mal intrinsèque et extrinsèque à la psyché humaine y existe.[14] Certains qui parcourent cette route n’ont pas un ego fort ni une forte connexion au monde extérieur, matériel, et ne peuvent revenir.[15]

S’il est si dangereux (comme l’admettent d’autres Chrétiens mystiques), pourquoi le faire? La réponse est que les mystiques croient que l’on trouve Dieu à l’intérieur. Le domaine de la pensée inconsciente, les puissances de ténèbres, Jésus-Christ et Son royaume et toute autre réalité spirituelle nous sont cachés par les moyens normaux de connaissance. Kelsey décrit ses croyances :

«Il existe plusieurs techniques pour ouvrir la capsule de l’espace et du temps. Le Zen et le Yoga, porter attention à nos rêves, la prière, la contemplation, la méditation et l’utilisation du biofeedback peuvent tous aider les gens à atteindre la tranquillité et à s’ouvrir à de nouvelles expériences intérieures […] Il existe un danger réel dans cette pensée Orientale ainsi que dans notre investigation scientifique de la pensée mais ce n’est pas parce qu’il s’y trouve quelque chose de ténébreux et de mauvais. Le danger réside dans le fait que les façons Orientales de prier et l’intérêt scientifique dans les états de conscience seconds ne vont pas assez loin. Le chemin s’arrête une fois que la relaxation, la paix et le détachement ou la perception extrasensorielle est atteinte, alors l’individu est laissé à la dérive.»[16]

Kelsey croit que ceux qui font un «voyage intérieur» doivent naviguer à travers les dangers et foncer encore plus profondément, jusqu’à ce qu’ils rencontrent Dieu et y trouvent une plénitude.

Richard Foster mentionne également ce danger : «Afin de ne pas nous égarer, cependant, nous devons comprendre que nous ne nous engageons pas dans un travail désinvolte. Nous ne nous appuyons pas sur une aide cosmique. Ceci est sérieux et même dangereux.»[17]

Plusieurs Chrétiens mystiques croient que «le royaume intérieur» est un domaine qui doit être exploré par des pionniers spirituels qui feront face à ce périlleux parcours. Ceux qui sont ainsi exercés peuvent devenir des guides ou des «maîtres» pour aider les non-initiés dans leur propre trajet. Ailleurs, Kelsey écrit : «Vraiment, je suggèrerais que quiconque est sérieux à propos du domaine spirituel se trouve un directeur spirituel, s’ils étaient plus nombreux à être expérimentés.»[18]

Richard Foster se plaint du manque de «maîtres vivants» et déclare que les gens se tournent vers la méditation Orientale parce que l’église a «aboli ce domaine»[19] Si Foster avait raison lorsqu’il a écrit cela en 1978, il doit être maintenant très encouragé car l’Église pullule de pratiques mystiques. Certains des auteurs Chrétiens les plus populaires promeuvent les pratiques mystiques du Moyen Âge.[20] Nous avons maintenant nos propres «maîtres spirituels vivants» qui font des séminaires dans une ville près de chez nous.

Le type de méditation favorisé par les Chrétiens mystiques requiert un état de conscience autre que normal, réveillé et pensant. C’est pourquoi il existe un si grand intérêt dans les rêves chez les mystiques. Le sommeil est un temps où tous les humains sont dans un état de conscience différent. Le niveau d’onde Alpha de l’activité cérébrale débute lorsque les gens entrent dans le sommeil et lorsqu’ils se réveillent. Le niveau Thêta arrive lorsqu’il y a hypnose profonde ou méditation profonde, de même qu’au début du sommeil.[21] L’hypnose et les techniques de méditation Orientale amènent volontairement un individu dans un état de conscience second dans l’espoir d’apprendre quelque chose sur la pensée inconsciente ou subconsciente ou de contacter le monde des esprits. Les versions Chrétiennes suggèrent que Dieu peut être contacté en entrant volontairement dans un état de conscience second (peu d’entre eux osent le dire ainsi).

Foster déclare que lorsqu’il médite, il reçoit souvent une direction pour résoudre ses problèmes et vivre une meilleure vie. Il approuve Kelsey en ce sens.[22] Il mentionne que les gens qui ne sont pas religieux ont d’autres raisons d’utiliser la méditation :

«Elle peut aider à baisser la haute pression ou à soulager de la tension. Elle peut également nous procurer une perspicacité profonde en nous aidant à entrer en contact avec notre pensée subconsciente. Mais l’idée d’un contact et d’une communion réelle avec une sphère spirituelle semble non scientifique et peu raisonnable. Mais si vous croyez vivre dans un univers purement physique, vous percevrez la méditation comme un bon moyen d’atteindre un pattern constant d’onde Alpha cérébrale.»[23]

Il va plus loin en disant que pour ceux qui vivent dans un univers créé par un Dieu personnel, infini, la méditation est une communication entre «Celui qui aime et l’être aimé.[24] Puisque les mêmes techniques sont utilisées, cela signifie que lorsque le niveau d’onde Alpha est atteint, c’est là que l’on entend Dieu. Les Chrétiens mystiques communient avec Dieu dans un état de conscience second.

Morton Kelsey décrit les états de conscience seconds et leurs bienfaits. Il décrit différentes versions de religions Orientales qui favorisent «l’inactivité de la pensée consciente»[25] Il dit : «Dans le Yoga et la méditation Zen, l’activité du cerveau change. Des ondes Alpha et parfois Thêta sont produites et dans les deux cas, la capacité du cerveau change.»[26] Il mentionne également : «Les dons psychiques dépendent souvent d’un état de relaxation tel que celui-ci. Les médiums ayant le plus de dons doivent souvent relaxer au point que le silence domine avant de pouvoir jouir de leurs dons.»[27] Ci-dessous, Kelsey parle du genre de capacités qui peuvent être obtenues dans un état de conscience second au moyen de la méditation Orientale.

«Une personne peut s’ouvrir à la télépathie et ainsi savoir ce qui se passe dans les pensées de quelqu’un d’autre, avoir des prémonitions […] devenir clairvoyante […] ou psycho kinésique (lorsque les pensées d’un individu ont un pouvoir direct sur les objets physiques, incluant la guérison des autres). On retrouve souvent ces dons parmi les gurus Hindous, les maîtres Zen ou chez quiconque pratique la méditation profonde, aussi bien que chez les saints Chrétiens. Elles semblent être le résultat de la mise en pratique régulière de la méditation. Il y a un danger, bien sûr, si les gens entrent dans la méditation seulement pour obtenir ces capacités.»[28]

Kelsey est très franc concernant le fait que la pratique est la même pour les Chrétiens et les gens d’autres religions, de même que les résultats obtenus. Il ajoute : «Les ondes Alpha sont apparemment provoquées dans le cerveau.»[29] Il va jusqu’à suggérer que les respirations rythmiques enseignées dans les nombreuses techniques de méditation, Chrétiennes et autres, «peuvent amener des ondes Alpha et Thêta au cerveau.»[30]

Kelsey, qui a fait plus de recherches et a davantage écrit sur le sujet que tout autre auteur Chrétien récent, croit que toute technique qui fonctionne peut être adoptée par les Chrétiens, qu’importe sa source. Il dit : «Lorsque notre point de vue est assez clair, nous pouvons trouver de l’aide dans les méthodes de la Chrétienté Orientale, possiblement au moyen du I Ching ou de la contemplation mandala; nous pouvons même trouver de l’aide dans les façons de faire du shamanisme ou de l’Islam. Si nous sommes conscients du terrain sur lequel nous marchons et de la direction à prendre, de telles méthodes peuvent s’avérer utiles pour suivre notre propre chemin jusqu’au bout.»[31] Kelsey définit le bout du chemin ainsi : «Ce n’est que lorsque toute la personne s’engage dans le processus de la méditation qu’elle peut expérimenter la réalité Divine en Jésus-Christ.»[32] Ma question est celle-ci : comment fait-il pour s’assurer qu’il rencontre bel et bien Jésus-Christ par ces techniques ? Il prend pour acquis que si un Chrétien s’engage dans un état de conscience second au moyen de techniques païennes, ce Chrétien y rencontrera Jésus. Ceux de d’autres religions ne Le rencontrent évidemment pas. C’est une hypothèse très dangereuse.

Kelsey peut sembler extrémiste mais considérez ceci : il a un livre publié par une maison de publication évangélique et, dans les années 70, il était un auteur populaire chez les gens du réveil Charismatique. Richard Foster l’a cité de manière approbative. Greg Boyd, dans son récent livre Seeing Is Believing (Voir c’est Croire) prône également une version du mysticisme et cite Kelsey de manière approbative. Boyd appelle sa propre pratique «se reposer en Christ» et la met sur le même pied d’égalité qu’une des pratiques de Kelsey.[33] D’autres auteurs sont possiblement plus habiles à «dépolluer» le mysticisme Oriental lorsqu’ils l’intègrent dans leur Chrétienté, mais Kelsey est plus honnête au sujet de la source et n’est pas décontenancé lorsqu’il explique les différents problèmes reliés aux pratiques mystiques. Ces pratiques provoquent vraiment un état de conscience second et des ondes Alpha cérébrales similaires à celles de l’hypnose. Appeler ces pratiques «se reposer en Christ» ou d’une autre façon ne change en rien la nature de la pratique.

Nous examinerons maintenant certaines techniques prônées par des auteurs Chrétiens pour conduire les gens dans un état de conscience second.

Techniques pour le parcours intérieur

Techniques de Respiration

La plupart des Chrétiens mystiques recommandent d’inclure la prière à la respiration (nous avons démontré plus tôt pourquoi la respiration rythmique aide à provoquer des ondes cérébrales Alpha). Ruth Carter Stapleton recommande qu’une personne s’assoit droite sur une chaise.[34] Voici son exercice pour entrer en méditation : «Assis ou couché, utilisez votre respiration comme une expression d’inspiration […] Respirez profondément avant de méditer, en vous répétant à l’intérieur «Je respire dans l’Esprit» et en expirant, disant «J’expire de l’amour.»»[35]

Richard Foster a sa propre version de cela :

«Après vous être assis confortablement, commencez lentement à devenir conscient de votre respiration. Ceci vous aidera à vous mettre en contact avec votre corps et vous indiquera le niveau de tension intérieure. Inspirez profondément, en inclinant lentement votre tête vers l’arrière, aussi loin que possible. Ensuite expirez et permettez à votre tête de revenir lentement vers l’avant, jusqu’à ce que votre menton soit près de votre torse. Faites ceci durant plusieurs minutes, en priant ainsi à l’intérieur : Seigneur, j’expire ma peur de l’examen de géométrie et j’inspire ta paix. J’expire mon apathie spirituelle et j’inspire ta lumière et ta vie.»[36]

Morton Kelsey suggère d’employer «la prière de Jésus» («Seigneur Jésus, aie miséricorde envers moi») de façon répétitive, en coordination avec la respiration, et en citant différentes sources médiévales.[37] Kelsey résume ainsi : «Les anciennes traditions Chrétiennes hésichastes[38] insistaient sur l’utilisation de la prière de Jésus, sur un ressentir de la présence de Dieu, aussi bien que sur la sensibilisation à la respiration. L’élément principal reliant ces pratiques était la recherche du silence dans le but d’avoir une tranquillité intérieure.»[39]

Agnes Sanford avait un procédé un peu différent mais elle parlait toutefois de la respiration. Voici sa technique :

«Pour recevoir la vie de Dieu dans notre corps, nous devons premièrement être capable d’oublier le corps afin de pouvoir tranquilliser la pensée et concentrer les énergies spirituelles de Dieu […] Plusieurs trouvent que le fait de s’asseoir avec les pieds surélevés aide à méditer […] Celui qui prie en découvrira la raison au fur et à mesure qu’il s’approche de la vie de Dieu […] Il verra également sa respiration changer lors de sa relaxation, elle ralentira et sera plus légère, comme pour faire de la place pour l’Esprit de Dieu à l’intérieur.»[40]

Sanford met tellement d’emphase sur l’immanence qu’elle ne fait presque pas de distinction entre le Créateur et l’être créé. Elle dit :

«Ayant maintenant calmé nos nerfs et nos pensées en nous assoyant confortablement et en relaxant, ouvrons maintenant notre esprit pour recevoir la vie abondante de Dieu. Combien cela est facile lorsque nous réalisons que Dieu n’est pas un souverain éloigné mais qu’Il est en réalité le médium par lequel nous vivons : le souffle de vie ! […] Lorsque nous sommes à l’écoute des vibrations de Dieu, nous nous exposons à Sa lumière éternelle et recevons Son image en nous-mêmes.»[41]

Ce mode de pensée enlève à Dieu Son droit souverain de déclarer la façon dont Il veut que nous venions à Lui et fait de Lui une partie de l’univers dans lequel se ressourcent ceux qui en connaissent le secret. Ce qui me frappe dans tout cela est que ces techniques mystiques reviennent à «faire sortir, à faire apparaître» Dieu. Dieu ne permet pas cela !

La répétition de mots et de phrases

Tel que vu dans la description de la prière de Jésus de Kelsey, des techniques de respiration peuvent être utilisées en même temps qu’une phrase répétée afin de permettre au Chrétien mystique de vider sa pensée et de trouver le «silence». Cette répétition d’un mot ou d’une phrase, répétée encore et encore, s’est implantée par ici au moyen de la Méditation Transcendantale. La MT utilise les noms de dieux Hindous afin d’atteindre le silence. Les Chrétiens mystiques qui emploient des techniques similaires essaient d’écarter les similarités. Ils argumentent souvent en disant que les Chrétiens ont perdu leur habileté d’entrer dans le monde intérieur du silence à cause du rationalisme Occidental (tous les auteurs Chrétiens mystiques que j’ai lus blâment l’Occident et le rationalisme pour le manque de pratiques Orientales au sein de l’Église). Ruth Carter Stapleton écrit :

«Rarement considéré, l’art d’écouter Dieu s’apprend en nous positionnant dans le silence. Parce que nous avons besoin de silence en tant qu’être humain et parce que notre Chrétienté bruyante tend à ignorer ce besoin, une variété de disciplines méditatives s’est infiltrée dont la plus populaire est la Méditation Transcendantale. Il n’est pas nécessaire d’argumenter contre une telle discipline. Nous avons seulement besoin de découvrir l’expression authentique de la méditation Chrétienne qui fait de toutes les autres des disciplines inférieures et non nécessaires.»[42]

Le problème, c’est que la Bible n’enseigne aucune «discipline» pour tranquilliser la pensée dans le but d’entrer en contact avec Dieu. Stapleton continue en disant : «Le silence nous intimide alors qu’il devrait être une bénédiction. Il est perçu comme un vide alors qu’il devrait être considéré comme une opportunité de communiquer avec Dieu.»[43] La Bible n’enseigne jamais que le silence met quelqu’un en contact avec Dieu.

Les techniques des Chrétiens mystiques ne sont pas bien différentes des mystiques Orientaux. Ruth Carter Stapleton en est un exemple. Elle déclare qu’il existe un «sixième sens» par lequel nous devrions être capables d’entendre la voix de Dieu. «Nous qui avons résisté, par ignorance, à vivre dans la lumière du silence, avons perdu l’habileté d’exercer ce don divin du sixième sens qui nous rend capables d’écouter la voix non parlante de Dieu dans la méditation.»[44]

Ce n’est pas une pratique biblique négligée. En effet, les auteurs des Écritures ne la connaissaient pas. C’est de la Méditation Transcendantale qui utilise une phrase Chrétienne comme mantra. Après avoir introduit les exercices de respiration, Stapleton procède à l’étape suivante : «Pour atteindre cette concentration [appelée ci-haut «le silence»], choisissez une phrase significative telle que «Je suis un avec Dieu» ; «Dieu est amour» ou simplement le mot «Jésus» ou «Dieu». Les yeux fermés, commencez à répéter cette phrase ou ce mot encore et encore, silencieusement (à l’intérieur) et lentement […] Ne faites aucun effort pour aller au-delà de cette répétition car lorsque vous serez prêt, vous entrerez automatiquement dans l’état d’esprit indescriptible et indéfinissable appelé méditation.»[45]

La répétition de la phrase a pour but de faire taire la pensée et de positionner l’adepte dans un état de conscience second. La MT (Méditation Transcendantale) et les pratiques «Chrétiennes» qui l’imitent ont peu de différences. Il a été prouvé que le mot ou la phrase employée dans ce genre de méditation ne fait aucune différence en ce qui concerne les réactions physiologiques.[46] La recherche du Dr. Herbert Benson démontre que des techniques variées fonctionnent : «Elles incluent les prières répétitives telles que le rosaire dans la tradition Catholique Romaine, les prières focalisées dans les religions Protestantes et les sessions de méditation Pré Davening chez le Judaïsme. La méthode utilisée reflète généralement les croyances de la personne qui suscite la relaxation. (Benson, 1984).»[47]

Ne vous laissez pas séduire! Ces méthodes ne sont pas enseignées dans la Bible. Elles sont empruntées de l’Orient et intégrées dans la Chrétienté par des gens qui, de toute évidence, ne sont pas satisfaits des moyens de grâce que Dieu a pourvus pour tous les Chrétiens. Le fait que nous ne possédions pas de capacités mystiques n’est pas parce que le rationalisme Occidental nous les a volées mais plutôt parce que Dieu ne nous les a jamais données.

La visualisation et l’imagination

Le Dr. Greg Boyd, pasteur d’une grande assemblée dans la région métropolitaine de St-Paul, a récemment publié un livre qui prône une forme de mysticisme Chrétien. Il a publié onze livres et il est un auteur très connu. Je sais qu’il est un homme très gentil et passionné dans ses croyances. Toutefois, je crois que la pratique qu’il promeut dans son dernier livre est dangereusement erronée. Par conséquent, j’ai inclus une section dans cet article qui fait une critique du livre Seeing is Believing / Voir c’est Croire.

Seeing is Believing promeut la «prière cataphatique»[48] une version du mysticisme qui implique l’utilisation d’images mentales de l’imagination humaine pour supposément aider une personne à expérimenter Dieu plus profondément. Voici une définition de la prière cataphatique publiée dans un article de l’Université Creighton :

«Une autre forme de prière, appelée cataphatique, honore et révère les images et les sentiments. Cette forme de prière a un historique ancien dans le monde des religions. Toute forme de prière qui met l’accent sur la médiation de la création peut s’appeler cataphatique. Donc, prier devant des icônes ou des images des saints; la médiation des sacrements, la prière dans la création ; est une forme de prière cataphatique.»[49]

Boyd justifie l’emploi de la prière cataphatique au moyen d’une longue liste de gens à travers l’histoire de l’Église, incluant quelques partisans contemporains : «Des auteurs éminents tels que Agnes Sanford, Morton Kelsey, David Seamands, et Richard Foster figurant parmi les adeptes modernes de la spiritualité cataphatique.»[50]

Pour prouver le besoin de ce genre de pratique, Boyd cite : «Nous devenons ce que nous imaginons.»[51] Se basant sur 2Corinthiens 3:18, il argumente que seuls les croyants peuvent «voir» une image de Jésus dans leur pensée[52] et que c’est quelque chose que nous devons apprendre à faire. Boyd tire des idées de ce passage que Paul ne discute jamais. Il n’y a rien dans 2Corinthiens 3 et 4 qui nous indique que tous les croyants (Boyd mentionne qu’il s’agit de tous les croyants) ont littéralement vu un portrait mental de la personne de Jésus (ou du moins qu’ils devraient en voir). Dans le contexte, Paul discutait le fait que ceux qui ne croyaient pas avaient endurci leurs pensées. Il y avait un voile d’incrédulité qui les empêchait de voir la vérité de l’Évangile (lire 2Corinthiens 3:14-16). Ce qu’ils ne «voyaient pas» à cause de leur «voile» était la vérité de l’Évangile : 2Corinthiens 4:3 «Si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent.»

Boyd a donc changé le thème et utilise la confusion résultante pour promouvoir sa technique de visualisation. Dans le contexte de ce passage, «voir» était de croire l’Évangile et de se convertir. Ce n’était pas de créer une image mentale de Jésus dans nos pensées dans l’espoir de devenir comme cette image. Pierre dit clairement que le point central du Nouveau Testament est la foi dans la personne et l’œuvre de Jésus-Christ : 1Pierre 1:8 «Lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse.»

Dans la même épître, de laquelle Boyd tire la justification de cette pratique, Paul écrit ceci : 2Corinthiens 5:7 «car nous marchons par la foi et non par la vue.» Au lieu de «Voir, c’est Croire» (le titre du livre de Boyd), la réalité est plutôt «Croire, c’est voir». «Voir» ainsi n’a rien à faire avec des images, mentales ou autres. Il s’agit du contenu de l’Évangile.

La méthode décrite dans le livre de Greg Boyd implique qu’au moyen d’un processus appris, il a pu se rendre dans un monde mental qui est devenu vivant. Jésus le rencontre dans ce monde et réinterprète ses souvenirs dans le but d’apporter la guérison. Boyd appelle sa technique «se reposer en Christ» et cite Morton Kelsey et Richard Foster comme partisans de la méditation imaginative.[53] Il est vrai que Foster et Kelsey en enseignent une version. Il a tort de suggérer que de «se reposer en Christ» soit en lien avec une image mentale de Jésus qui s’anime et qui nous parle. Cette pratique n’est pas enseignée dans les Écritures et n’a rien en commun avec les passages bibliques concernant le repos en Christ. Sa fausse interprétation embrouille les gens qui ignorent son inclination sémantique. Kelsey était transparent ; il mentionnait d’où il prenait ses idées. Elles venaient principalement de Carl Jung et des pratiques Orientales.

La pratique de la prière imaginative ressemble à ce que nous avons discuté mais diffère en ceci : Les versions Chrétiennes de la Méditation Transcendantale avaient pour but de faire taire la pensée afin d’entrer en contact avec Dieu et de L’entendre parler. Le but de la prière cataphatique est d’utiliser une image mentale pour «voir Jésus». Le processus implique de la tranquillité, d’établir un scénario mental, de la solitude et d’adopter une position assise similaire à celles dont nous avons parlé plus tôt.[54] Boyd appelle cela «trouver notre sanctuaire intérieur», le désir d’expérimenter Jésus «avec les cinq sens».[55]

Richard Foster recommande d’utiliser notre imagination de façon semblable. Il proclame hardiment : «Ainsi, vous pouvez vraiment rencontrer le Christ vivant dans l’événement, L’entendre vous adresser la parole et être touché par Sa puissance de guérison. C’est plus qu’un exercice de l’imagination ; il s’agit d’une réelle confrontation. Jésus-Christ viendra vraiment vers vous.»[56] Boyd approuve Foster sur ce point.[57]

Cher lecteur : Comprenez-moi bien. Il ne s’agit pas ici de quelqu’un qui pense à Jésus et qui peut-être essaie de s’imaginer de quoi Il avait l’air. Il s’agit d’une technique qui conduit une personne dans un état de conscience second (qu’ils l’appellent ainsi ou non) dans lequel une image de Jésus devient le Christ vivant et que la personne expérimente la réalité de «ce Christ» qui lui parle. Ils reçoivent de l’information de «ce Christ» (ils prétendent que c’est vraiment Christ – ce qu’ils ne peuvent prouver) qui va au-delà de ce qui est écrit dans la Bible. Cette information ne peut être obtenue au moyen de l’étude normale. C’est de l’information spirituelle secrète. Conséquemment, elle est défendue (Deutéronome 29:29).

Dans le cas de Boyd, il reçoit la guérison du souvenir pénible d’une grand-mère méchante qui n’avait pas de cadeau pour lui parce qu’il était un «mauvais garçon».[58] Jésus vient vers lui dans ce souvenir, lui dit qu’il est un «bon garçon» et lui donne un cadeau.[59] Ultimement, pour accomplir la guérison, Jésus amène la grand-mère de Boyd décédée vers lui et celle-ci se met en règle avec lui pour ensuite s’éloigner de lui, main dans la main avec Jésus. «Jésus et elle se tenaient par la main et je les ai regardés s’éloigner.»[60] Sa mémoire a été «retravaillée» et il a trouvé la guérison. Cette expérience est problématique pour plusieurs raisons. Comment pouvons-nous savoir qu’il s’agissait du vrai Jésus ? La Bible nous défend de parler aux morts, alors comment Jésus pourrait-Il créer l’opportunité pour une personne de parler à sa grand-mère décédée ? Ceci est une façon d’obtenir de l’information qui n’est pas accessible par des moyens ordinaires. Cette histoire est un exemple de divination.

Pour sa part, Kelsey cite Carl Jung concernant l’emploi de l’imagination dans la méditation : «De la même façon» Jung continue en disant «lorsque vous vous concentrez sur une image mentale, elle commence par stimuler pour ensuite s’enrichir de détails, prendre vie et se développe. Chaque fois, naturellement, vous ne lui faites pas confiance et croyez que vous l’avez créée, qu’elle n’est que le produit de votre propre invention.»[61] Kelsey ajoute ses propres commentaires :

«Habituellement, il n’est pas très difficile pour la plupart des gens de commencer le processus en se concentrant sur quelque chose de graphique. La partie difficile vient en réalisant que quelque chose peut bouger de façon inattendue en nous sans notre direction consciente. C’est pourquoi il est essentiel de réaliser que notre ego n’est pas la seule force opérante à l’intérieur de nous lorsque nous développons l’imagination, la méditation ou la contemplation.»[62]

Je ne doute pas de la réalité des expériences de Foster, de Kelsey, de Stapleton, de Boyd et des autres. Je ne doute pas que leurs pratiques «fonctionnent» de la façon dont ils les décrivent. Par contre, je refuse d’admettre que ces techniques sont des moyens valides d’approcher Dieu. Elles sont faites par l’homme et ne sont pas révélées dans les Écritures. Il n’y a aucune assurance que cette «force opérante en nous», comme l’appelle Kelsey, soit Dieu.

L’interprétation des rêves

Les Chrétiens mystiques contemporains ont ceci en commun : ils croient que les rêves sont significatifs et qu’ils sont une façon pour le «Divin», comme le dit Kelsey, de communiquer avec nous. Tel que je l’ai mentionné plus tôt, tomber endormi et se réveiller est un temps où le cerveau humain est en phase d’ondes Alpha. C’est à ce niveau que nous pouvons nous rappeler de nos rêves. Interpréter les rêves est une façon naturelle d’obtenir de l’information qui nous vient lorsque nous sommes dans un état de conscience second sans avoir recours à des techniques pour nous induire dans cet état de conscience. Nous écrivons simplement nos rêves et cherchons leur interprétation.

Morton Kelsey était un leader dans l’exploration de ce moyen d’obtenir de l’information du monde invisible. Kelsey s’appuyait sur la recherche et l’enseignement de Carl Jung. D’après Kelsey, Jung croit que la pensée inconsciente pense symboliquement ou métaphoriquement.[63] Kelsey partage sa compréhension de la pensée de Jung : «La tâche d’interpréter les rêves, selon Jung, est d’apprendre un langage étrange composé de plusieurs nuances ainsi que de comprendre les communications symboliques de l’inconscient : le langage de l’art, de la littérature, de la mythologie et du folklore.

Il ne voyait aucune tentative de séduction ni de distorsion de la part de l’inconscient.[64] Jung croyait que l’inconscient est relié à une réalité spirituelle plus vaste, un «inconscient collectif». Kelsey croyait que les prophètes Hébreux accédaient à «l’inconscient collectif» : «Les images d’Ézéchiel, bien que peu étudiées ces dernières années, sont très connues dans la chanson et la littérature. Elles sont des produits authentiques de ce que la psychologie profonde appelle l’inconscient collectif, quelque chose au-delà de la pensée consciente et souvent au-delà des limites de l’expérience personnelle.»[65]

Kelsey suit Jung dans sa croyance du fait que nous pouvons trouver «L’Autre» dans l’inconscient qui connecte l’individu à une réalité spirituelle. Au sujet des expériences et de la compréhension de la «psychologie profonde» de Jung, Kelsey dit ceci : «Vint de ce fait la certitude que la réalité, et souvent le meilleur de la réalité, se trouve dans ces profondeurs. C’est également une réalité qui exige une attitude religieuse de la part des gens et elle se découvre seulement lorsque nous nous permettons d’être guidés par la pensée de l’inconscient, la pensée symbolique qui se retrouve dans la l’imaginaire, le rêve, le mythe et l’histoire.»[66] Selon les théories de Carl Jung, qui avait un esprit guide du nom de Philémon,[67] les mystiques contemporains recherchent une signification dans le monde de l’inconscient (un concept non biblique). Les rêves sont considérés comme un moyen d’accéder à ce monde symbolique et mythique.

Il devrait être évident que cette compréhension jungienne des rêves n’a rien à voir avec la façon dont Dieu parlait aux prophètes dans l’Ancien Testament. Le fait que Dieu a parlé dans des rêves lorsqu’Il le jugeait à propos ne prouve en rien que chaque rêve soit significatif ou qu’il devrait être pris au sérieux. De plus, la Bible ne prône aucunement un art quelconque d’interprétation de rêves qui puisse être appris par des étudiants sérieux. C’est Dieu qui interprète les rêves, selon Sa volonté, tel que nous le voyons dans les récits de Daniel et de Joseph.

Les Chrétiens mystiques ont davantage en commun avec les occultistes et les adeptes du Nouvel Age que les auteurs bibliques. Un «prophète» contemporain a un site web où n’importe qui peut adhérer et faire interpréter ses rêves, moyennant un certain don financier mensuel.[68] Richard Foster approuve Jung et Kelsey concernant le langage des images.[69] Greg Boyd dit ceci : «Habituellement, Dieu entre en relation avec Son peuple au niveau de l’imagination. Qu’Il le fasse lorsque nous sommes éveillés ou endormis revient au même.»[70] Boyd, à l’instar de tous ces auteurs mystiques, met la faute sur les hypothèses occidentales pour le fait que la plupart d’entre nous ne prenons pas nos rêves au sérieux et il recommande le livre de Kelsey intitulé : God, Dreams and Revelations (Dieu, Les Rêves et Les Révélations) pour plus de discernement dans de domaine de l’interprétation des rêves.[71]

Mettre Dieu dans une boîte ?

J’ai maintes fois discuté de ces techniques avec les gens. Ils répondent souvent : «Dieu peut faire toutes choses et Il peut utiliser n’importe quoi ; vous essayez de mettre Dieu dans une boîte.» Vous avez probablement déjà entendu cet argument. En faisant ma recherche sur la divination, j’ai pensé à l’accusation de «mettre Dieu dans une boîte». La Bible démontre que c’est Dieu, en fait, qui établit les façons que nous pouvons venir à Lui. S’il y a une «boîte», c’est Dieu qui l’a faite. Je crois qu’une bergerie est une meilleure analogie. C’est une analogie biblique.

Jésus a dit : «En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand.» (Jean 10:1)

Les brebis authentiques entrent dans la bergerie par la porte, qui est Jésus-Christ (Jean 10:7). Le Bon Berger donne Sa vie pour Ses brebis (Jean 10:11). Il les protège des loups, leur donne de bons pâturages et une vie abondante (Jean 10:10-15) Etre dans la bergerie peut parfois sembler restrictif en comparaison aux aventures d’exploration du monde plus large sans être encombré par la direction du Berger. Toutefois, les restrictions sont là pour sauver nos vies spirituelles.

Dieu, pour notre bien, a établi des restrictions sur la façon et les moyens légitimes de venir à Lui et recevoir une vérité spirituelle. Le monde de l’esprit exploré par des Chrétiens mystiques tel que Morton Kelsey est plus complexe que Jung et Kelsey voudraient nous faire croire. Les dangers de tromperie sont bien plus réels. En fait, si nous connaissons le monde des esprits par des moyens autres que ce que Dieu a ordonné, nous serons assurément trompés et non possiblement trompés. Les esprits qui habitent ce monde pratiquent l’art de la séduction (tromperie) depuis des milliers d’années. Ils procurent sciemment aux gens toutes sortes d’expériences que l’on pourrait croire venir de Dieu. Dans son désir de recevoir des guides, le Catholique Jose Silva s’est volontairement induit dans un niveau de conscience Alpha, où il reçut alors les guides «Jésus» et «Marie».[72] Les esprits vous donneront ce à quoi vous vous attendez être de Dieu dans votre propre contexte. Ils vous procureront toute expérience capable de servir leurs desseins trompeurs, incluant celle d’envoyer un «Jésus» spirituel (voir 2Corinthiens 11:4). Les interdictions de la divination sont là pour nous protéger de ces entités méchantes.

Donc, nous ne mettons pas Dieu dans une boîte ; Dieu nous met dans une bergerie, si nous désirons y être. Les pratiques de «penser en-dehors de la boîte», qui sont si populaires aujourd’hui, sont fatales lorsqu’il s’agit de la spiritualité. Dieu n’a pas laissé l’accès à la vérité spirituelle entre les mains de penseurs innovateurs qui, tels des pionniers, frayent un chemin. Dieu nous a donné accès à Lui-même, une fois pour toutes, par Jésus-Christ qui est notre Grand Prêtre céleste. La vérité est révélée une fois pour toutes dans les Écritures.

Conclusion

Jéroboam était un innovateur lorsqu’il s’agissait de l’adoration de l’Éternel. Il ne voyait aucune raison d’avoir des restrictions concernant le comment, le quand et l’endroit où adorer Dieu. Il avait des raisons culturelles pour faire les changements qu’il a faits. Le peuple du royaume du nord avait une agriculture très prospère. Le peuple indigène avait des représentations concrètes et vives de leurs dieux de fertilité. Jéroboam pensait aussi aux problèmes politiques. Jérusalem était le siège du royaume Davidique et si les gens s’y rendaient pour assister aux fêtes et aux sacrifices faits par la prêtrise Lévitique, ils pouvaient désirer se réunir avec le royaume du sud. Conséquemment, Jéroboam «a pensé en-dehors de la boîte». Il devint un pionnier spirituel en instituant des manières culturellement acceptables d’adorer l’Éternel. Il a rendu l’adoration convenable et pertinente.

Jéroboam n’était pas un païen ; il a eu plusieurs expériences légitimes avec le vrai Dieu. Les prophètes de l’Éternel lui ont parlé. Dieu l’a appelé à être roi d’Israël. Il a été guéri, non par Baal mais par Dieu. Il n’y a pas de preuve évidente qu’il croyait vraiment que les veaux d’or étaient Dieu ; il les a simplement utilisés pour représenter Dieu au peuple (en rébellion contre les dix commandements). Il a vu le besoin des fêtes et d’une prêtrise ; il a donc fait la sienne. Il a mêlé l’adoration de l’Éternel aux pratiques des païens. Voici le résumé de la vie de Jéroboam : «Il livrera Israël à cause des péchés que Jéroboam a commis et qu’il a fait commettre à Israël.» (1Rois 14:16) Dieu seul peut déterminer les moyens par lesquels le peuple peut s’approcher de Lui.

Les Chrétiens évangéliques d’aujourd’hui, qui connaissent Dieu selon l’Évangile et qui toutefois trempent dans les pratiques païennes, sont des «fils spirituels de Jéroboam». Comme Jéroboam, ils sont très créatifs lorsqu’il s’agit de rendre la Chrétienté pertinente à la culture actuelle. Le problème n’est pas le rationalisme Occidental comme le prétendent les mystiques contemporains. Ils luttent dans une bataille obsolète car la culture actuelle en Amérique est très «spirituelle». Ils proclament le besoin d’une expérience mystique pour combattre le modernisme alors qu’ils sont dans une culture post-moderne qui a embrassé l’Orient. De nos jours, le danger ne réside pas dans le fait que les gens croient qu’il n’existe qu’un monde matériel mais plutôt qu’ils croient pouvoir entrer dans le domaine spirituel de leur propre manière, comme ils le veulent. Ils pratiquent la divination.

Dans une autre étude, nous verrons les moyens de grâce. Dieu nous a donné des moyens légitimes de venir à Lui et de communier avec Lui. Aucun de ces moyens ne requiert un état de conscience second.

Sauf indication contraire, les citations bibliques de la traduction française sont tirées de la Bible version Louis Segond 1910.

Notes de fin

[1] C. F. Keil, I & II Kings in Commentary on the Old Testament by C. F. Keil and F. Delitzsch; Volume III, Eerdmans: Grand Rapids, 1986, p. 198.

[2] Ibid., p. 199.

[3] Morton Kelsey, The Other Side of Silence, Paulist Press : Maywah, New Jersey, 1995, p. 75.

[4] Par exemple, voir Greg Boyd, Seeing is Believing; Experiencing Jesus through Imaginative Prayer, Baker : Grand Rapids, 2004, p. 90-95 pour une liste de mystiques au travers de l’histoire de l’église.

[5] Agnes Sanford, The Healing Light, Charisma Books : Watchung, NJ, 1972 edition, p. 3. Que Charisma books republie le livre de Sanford de 1947 montre comment le mysticisme infiltrait l’église.

[6] Ibid.

[7] En ce qui concerne sa compréhension de Dieu, comme une «énergie», une «force» et des lois qui nous permettent de faire des miracles, voir ibid., p. 1, 4, 15. D’autre part, elle dit à la page 17 : «Sachant ainsi que nous sommes des parties de Dieu, que sa vie en nous est une énergie active et qu’il travaille par l’intermédiaire des lois de notre corps, nous devrions étudiez et nous conformer à ces lois»

[8] Ruth Carter Stapleton, The Experience of Inner Healing, Word : Waco, 1977, p. 165.

[9] Kelsey, Silence, p. 11.

[10] Cassette vidéo; The Silva Mind Control Method ; The John Ankerberg Show, Ankerberg Theological Research Institute : Chattanooga, 1986. Cette vidéo présente un débat entre Siva et Dave Hunt. Je la recommande spécialement. La problématique dont ils débâtent est même plus pertinente de nos jours.

[11] Que ce soit «à l’intérieur» ou «au milieu de vous» la meilleure traduction est souvent déterminée par la position eschatologique de chacun. Plusieurs souhaitent enseigner qu’il n’y a jamais, qu’il n’y aura jamais de manifestation visible du Royaume ; mais qu’il existe seulement à l’intérieur des individus. Cependant, ceux en faveur du «à l’intérieur» ne considèrent pas plusieurs autres passages en Luc/Actes au sujet du Royaume. Le royaume est quelque chose à laquelle les gens accèdent par la foi, pas quelque chose qui entre en eux (Luc 18:17); Le Royaume est quelque chose qui s’est rapproché (Luc 10:9,11); certains ici verront le Royaume (Luc 9:27); Les gens mangeront du pain dans le royaume de Dieu (Luc 13:29; 14:15); Le royaume sera rendu à Israël (Actes 1:6,7) et plusieurs autres notions similaires. Aucun de ces passages n’a de sens si le royaume se trouve à l’intérieur des humains. Le royaume était présent dans la personne de Christ, donc «au milieu de vous» est une traduction qui s’accorde à tout ce que nous apprenons d’autre part en Luc/Actes.

[12] Morton Kelsey, Christo-Psychology, Crossroad : New York, 1982. Il consacra cet ouvrage entier pour associer les idées de Carl Jung au Christianisme. Jung enseignait l’idée d’un «inconscient collectif» qui pouvait être perçu par des techniques comme celles adoptées par Kelsey. Jung lui-même vu qu’il y avait des dangers à aller dans cette direction.

[13] Kelsey, Silence, p. 12, 13.

[14] Ibid., p. 93.

[15] Kelsey décrit des psychoses alors que des âmes très « zélées » perdirent contact avec le monde extérieur. Silence, p. 94.

[16] Ibid., p. 154.

[17] Richard Foster, Celebration of Discipline, Harper and Row : San Francisco, 1978, p. 16.

[18] Morton Kelsey, Encounter With God, Bethany Fellowship : Minneapolis, 1972, p. 179.

[19] Foster, Celebration, p. 14.

[20] Par exemple voir : Rick Warren, The Purpose Driven Life, Zondervan : Grand Rapids, 2002, p. 88, 89.

[21] Ce site internet décrit des états de consciences seconds et les recommande à tous les gens religieux, incluant les chrétiens : http://www.plim.org/meditate.html, des états de conscience seconds sont décrits ici : http://www.plim.org/alteredstate97.html

[22] Foster, Celebration, p. 17.

[23] Ibid.

[24] Ibid., p. 18.

[25] Kelsey, Silence, p. 149.

[26] Ibid.

[27] Ibid.

[28] Ibid., p. 150.

[29] Ibid., p. 150.

[30] Ibid., p. 143.

[31] Ibid., p. 155.

[32] Ibid.

[33] Boyd, Seeing, p. 103.

[34] Stapleton, Inner Healing, p. 164.

[35] Ibid., p. 165.

[36] Foster, Discipline, p. 25.

[37] Kelsey, Silence, p. 144, 145.

[38] Voici une définition : «hésychastes : (quiétistes) était des gens, essentiellement des moines, qui défendaient la théorie de pouvoir voir une lumière mystique, au travers d’un système élaboré d’ascétisme, le détachement des besoins terrestres, la soumission à un maître approuvé, en particulier un repos du corps et de la volonté. Cette lumière n’est rien d’autre que la lumière incréée de Dieu.» De : the Catholic Encyclopedia online, http://www.newadvent.org/cathen/07301a.htm

[39] Kelsey, Silence, p. 145.

[40] Sanford, Inner Healing, p. 21.

[41] Ibid., p. 22.

[42] Stapleton, Inner Healing, p. 163.

[43] Ibid.

[44] Ibid.

[45] Ibid., p. 165, 166.

[46] Voir relaxation response therapy : http://www.mind-body-medicine.com/relax.htm

[47] Ibid.

[48] Boyd, Seeing, p. 90, 95.

[49] http://www.creighton.edu/~rocsj/liturgy/existentialism_part6.html ; from An Existential Approach to Liturgy

[50] Boyd, Seeing, p. 94.

[51] Ibid.

[52] Ibid., p. 88.

[53] Ibid., p. 103.

[54] Ibid., p. 108.

[55] Ibid.

[56] Foster, Celebration, p. 26.

[57] Boyd, Seeing, p. 111.

[58] Ibid., p. 117.

[59] Ibid., p. 121, 122.

[60] Ibid., p. 125.

[61] Kelsey, Silence, p. 226, 227, citant C. G. Jung, Analytical Psychology.

[62] Ibid., p. 227.

[63] Morton Kelsey, God, Dreams, and Revelation, Augsburg : Minneapolis, 1991, p. 172.

[64] Ibid.

[65] Ibid., p. 45.

[66] Ibid., p. 173.

[67] On trouvera sur ce site internet une description que fait Jung de Philémon : http://www.crmspokane.org/Philemon.htm

[68] Cet homme est John Paul Jackson, dont voici le site : http://www.streamsministries.com

[69] Foster, Celebration, p. 22, 23.

[70] Boyd, Seeing, p. 205.

[71] Ibid., p. 205, 206.

[72] Ankerberg, Silva, cassette vidéo.

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