Les faux enseignements sur la guerre spirituelle – Comment l’Eglise devient Païenne

Article n°109 – Novembre/décembre 2008, de Bob DeWaay, depuis le site internet : Critical Issue Commentaries (CIC). L’original peut être consulté en anglais à l’adresse suivante : http://cicministry.org/commentary/issue109.htm

Traduction française émanant du «Blog de réflexion chrétien», https://reflexionsjesus.wordpress.com/, 02/05/2015. Reproduit avec autorisation.


Un païen est une personne qui manque d’une révélation particulière de Dieu. De ce fait, si Dieu ne parlait pas de la manière décrite en Hébreux 1:1,2, toute personne en ce monde serait païenne. C’est-à-dire que chacun de nous aurait à deviner la nature du monde spirituel dans lequel nous vivons et devrait développer des techniques afin de contacter ou manipuler notre monde. Nous chercherions à savoir comment manipuler les «dieux» pour améliorer notre sort. Nous créerions une classe de chamans avec des capacités spéciales pour contacter et manipuler les esprits. C’est à cela que ressemblent toutes les cultures païennes.

Malheureusement, c’est à cela que l’église ressemble lorsque les enseignants de la guerre spirituelle agissent comme s’ils étaient des païens sans révélation spéciale (i.e., l’Écriture) pour les guider. Ils font le trafic d’une information interdite ; Ce qui est une pratique païenne (nous montrerons dans quelle mesure plus tard). Depuis, la tentation païenne est tout autour de nous ; nous devons être capables de discerner ses nombreuses incursions dans l’église. Nous avons discuté de plusieurs de ces problématiques dans de précédents articles CIC : Dans ce numéro, nous allons explorer les enseignements du combat spirituel et montrer la manière alarmante avec laquelle ils conduisent les chrétiens à une vision païenne du monde.

La Bible est notre «pare-feu» contre le paganisme. Lorsque nous croyons et pratiquons l’Écriture seule, nous sommes sûrs de développer une vision chrétienne du monde ; du moins dans la mesure où nous interprétons la Bible selon le sens donné par ses auteurs inspirés par l’Esprit. L’Écriture «seule» implique que l’utilisation de sources extra-bibliques pour trouver de l’information spirituelle soit prohibée. Cela implique également que Dieu a révélé tout ce que nous devions savoir et que c’est un péché que de penser ou d’agir autrement. Dieu a limité notre accès à l’information spirituelle pour notre propre bien. Il veut que nous pensions comme de vrais chrétiens; pas comme les païens.

Les tenants de la guerre spirituelle

Le Dr Greg Boyd décrit le concept de la guerre spirituelle comme étant celui des païens, mais en même temps, il prétend que c’était celui des auteurs bibliques. Je trouve son point de vue vraiment incroyable. Il examine la pensée d’une certaine société païenne : «Les Indiens Shuar de l’Équateur oriental croient qu’il y a deux niveaux de réalité : le monde physique «ordinaire», que nous éprouvons avec nos sens, et le monde «réel», qui est connu occasionnellement, et le plus souvent dans les rêves ou dans des voyages chamaniques.»[1] D’après ce point de vue, le «monde réel» est le monde des esprits qui n’est pas facilement accessible. Néanmoins ce monde est considéré comme étant la cause des choses dans le monde physique «irréel». Boyd explique : «Cette société invisible des esprits est derrière tout ce qui se produit dans le monde physique, mais il faut voir au-delà du «mensonge» pour discerner cette société.»[2]

En fait, les sociétés païennes, quelle que soit leur terminologie, instituent une position de chaman, comme mentionné ci-dessus. Boyd explique comment cela se décline avec le Shuar :

L’activité principale des chamans (guérisseurs) dans la culture Shuar, comme dans beaucoup d’autres cultures primitives, est de s’engager dans la guerre avec ces esprits au nom des membres de sa tribu. Il n’y a pas de mal «naturel» ici, il n’y a que des victimes du mal surnaturel. L’activité du chaman, par conséquent, est d’entrer dans le monde «réel» extraordinaire et de lutter contre de telles attaques surnaturelles.[3]

Ainsi, le combat spirituel est l’affaire des chamans. Boyd décrit avec précision le «concept païen du combat spirituel».

Ce qui me choque, c’est qu’il prétend qu’il s’agit là de la conception biblique. En effet, Boyd écrit : «La thèse centrale de ce travail est que ce concept du combat spirituel est sous une forme ou une autre le concept de base des auteurs bibliques, à la fois dans l’Ancien Testament et plus encore dans le Nouveau.»[4] Il propose cette définition : «Exprimé plus largement, ce concept est le point de vue sur la réalité qui se concentre sur la conviction que les aspects bons et mauvais, heureux ou malheureux de la vie doivent être interprétés en grande partie comme le résultat du combat d’esprits bons et mauvais, amicaux ou hostiles, luttant les uns contre les autres et contre nous.»[5] Cela signifie que notre bien-être est entre les mains des esprits méchants et si nous ne pouvons pas trouver un moyen de traiter avec ces esprits nous allons devenir des victimes.

Mon désaccord avec Boyd ne porte pas sur l’existence des esprits, des principautés ou des puissances, ni de Satan ou d’autres êtres spirituels, ou même sur le fait que la Bible dépeigne un monde influencé par ces êtres. Mon désaccord concerne sa conclusion en ce que Dieu ne contrôle pas parfaitement son propre univers. Boyd veut absoudre Dieu de toute association possible avec le mal en limitant Son règne providentiel sur l’univers.

La vision providentielle affirme que si Dieu permet le mal, il garde néanmoins le plein contrôle sur son propre univers et fait aller de l’avant l’histoire selon Ses bons desseins. Ceux d’entre nous qui croient cela, prennent des passages comme celui-ci littéralement : «En lui nous avons été désignés comme héritiers, ayant été prédestinés suivant le plan de celui qui réalise tout selon les décisions de sa volonté» (Ephésiens 1:11). Il y a beaucoup d’autres passages qui affirment que Dieu gouverne providentiellement son propre univers. La Bible dit qu’Il dessine les frontières des nations (Actes 17:26), ordonne les autorités humaines (Romains 13:1), détermine ce que Satan est autorisé à faire (Job 1:7-12), que par le Christ, il a créé «l’univers» (Hébreux 1:2) et «soutient tout par sa parole puissante.» (Hébreux 1:3). Le Psalmiste écrit : «Ta fidélité dure de génération en génération; tu as fondé la terre, et elle subsiste. C’est d’après tes lois que tout subsiste aujourd’hui, car tout l’univers est à ton service» (Psaume 119:90,91).[6]

La théologie du combat spirituel est une manière pour Boyd de rejeter la vision providentielle que je prétends être biblique. Il appelle la vue que je défends le «concept du plan providentiel.»[7] Je cite Boyd parce que son travail apparaît comme l’articulation la plus érudite de la théologie du combat spirituel ; malgré cela, il admet lui-même que celui-ci est païen. En fait, d’autres enseignants du combat spirituel vont encore plus loin en cherchant ostensiblement de l’information et de la technologie dans le monde des esprits afin de l’utiliser dans le cadre du combat spirituel.

Victimes d’un système spirituel légal

Le problème pour ceux qui adaptent le concept païen du combat spirituel, est qu’ils sont confrontés à un monde invisible et ils le font en utilisant un coffre à outils illégal. Les esprits ont accomplis leurs activités mauvaises dans ce royaume depuis des millénaires et ils connaissent bien leur affaire. Or les païens craignent ces êtres parce qu’ils savent que les esprits existent, et parce qu’ils savent que ceux-ci peuvent faire beaucoup de mal. C’est pourquoi les païens ont développés une classe de chamans dont le travail est de comprendre le monde invisible. Les Shamans revendiquent des résultats pragmatiques. Pourtant comment les païens savent-ils si les chamans eux-mêmes ne sont pas utilisés par les esprits? Les païens croient que les bons et les mauvais esprits existent, et que les bons peuvent être utilisés à leur avantage ; un «avantage» déterminé sur la base d’un résultat pragmatique.

Par exemple, Jose Silva a enseigné aux gens comment communiquer avec les guides spirituels en utilisant son programme Silva Mind Control. Quand les chrétiens ont demandé comment il savait que ces esprits étaient les «bons», il a répondu «Ils résolvent des problèmes.»[8] (Bien sûr, il n’a jamais considéré que les esprits puissent résoudre des problèmes temporels de sorte que les gens continue de les écouter eux plutôt que l’évangile.) La tromperie constitue le fond de commerce des esprits. Les chamans sont autant trompés par eux que le sont leurs clients. Et les deux parties sont sur le chemin du feu éternel.

Néanmoins, ceux qui adoptent la théologie du combat spirituel sont convaincus qu’ils doivent trouver un moyen de faire la guerre dans le monde des esprits. Les chrétiens qui prétendent avoir de telles capacités affirment que l’apprentissage du «système légal» ou des «règles de combat» du monde des esprits est la clé pour avoir du succès dans ce domaine. Puisque Dieu n’est pas souverainement en charge de son propre univers dans cette vision des choses, ils supposent que Dieu a mis en place un système légal que les esprits doivent suivre. Les humains qui apprennent les secrets de ce système légal peuvent (d’après eux) avoir l’espoir de l’utiliser pour contrôler les esprits.

Le célèbre exorciste Bob Larson explique : «Les malédictions sont de véritables transactions légales dans le domaine spirituel. De même que les contrats humains contiennent de minutieuses dispositions, rédigées dans un langage soigneusement choisi, les malédictions sataniques sont souvent remplies de dispositions minutieuses et extrêmement détaillées»[9] Connaissons-nous les détails de ce système «légal»? Non! Dieu ne nous a pas appris les détails d’un tel système. C’est ainsi que le concept du combat spirituel nous éloigne du sola scriptura vers le monde païen des chamans. Une classe de spécialistes est créé (dans ce cas, les conseillers de délivrance) qui effectuent pour l’église ce que les chamans effectuent pour les païens. Pensez à la charge qu’ont ces gens : s’ils ratent quelque chose dans les «minutieuses dispositions», cette erreur peut faire dérailler tout le processus. Bob Larson admet : «Dans certains cas, j’ai découvert que laisser de côté une phrase ou un mot peut faire toute la différence. Satan va exploiter la plus petite chose à conserver dans la malédiction en vigueur.»[10] Sachant que les clauses en petits caractères sont problématiques dans les documents juridiques du monde réel, à combien ne laissent-t-elles aucun espoir dans un monde que nous ne pouvons même pas voir et dont il n’existe aucune documentation ?

Peter Wagner est d’accord avec l’idée de légalité dans le monde des esprits :

Un des aspects les plus curieux de mon pèlerinage dans le domaine de la guerre spirituelle au cours des dernières années a été de découvrir que ceux qui en ont parlé ne sont pas d’accord entre eux sur la nature des forteresses. Ils sont d’accord pour dire que les forteresses donnent aux forces des ténèbres une sorte de base juridique pour perpétrer des mauvaises actions à la fois sur le plan primaire des personnes individuelles mais aussi dans les villes ou pays sur un plan stratégique. Presque tous, cependant, avaient leurs propres opinions sur la nature ou l’identité de ces forteresses.[11]

Bien sûr qu’ils ne peuvent s’entendre, car ils ne peuvent pas savoir! Ils opérèrent dans le domaine de l’information spirituelle que Dieu n’a pas révélé. A moins que Dieu ne parle, il nous reste à deviner les causes, les effets et les mécanismes du monde spirituel. Ce «désaccord» entre ceux qui manquent de révélation spécifique est à la base des querelles, telles celle qui advint entre Job et ses amis alors qu’ils cherchaient vainement des réponses. Jusqu’à ce que Dieu n’ai parlé, chacun tentait de deviner la cause et la nature de ses afflictions ; or ils eurent tort. Ces choses sont dans le domaine des «choses cachées» qui n’appartiennent qu’à Dieu (Deutéronome 29:29 verset vers lequel nous nous tournerons plus tard). Essayer de comprendre les systèmes légaux spirituels non révélés s’est nous ramener au royaume des païens qui ont agit ainsi depuis des millénaires. Le briseur de malédiction «chrétien» n’est guère différent de celui des païens.

Watchman Nee, un innovateur des premiers jours de ce «paganisme chrétien», a également affirmé que si un système légal spirituel non-révélé, n’est pas mis à découvert, celui-ci donnera aux mauvais esprits l’accès aux chrétiens :

Associée à chaque chose que Dieu a créé il existe une loi […] Ainsi les mauvais esprits fonctionnent également selon des lois définies, dont l’une est que certaines causes produiront certains effets. De ce fait, si quelqu’un remplit les conditions autorisant l’action d’esprits mauvais (qu’il les remplisse volontairement, comme pour la sorcière, le médium ou le magicien, ou involontairement comme pour le chrétien), il a donc obligatoirement cédé du terrain leur permettant d’agir sur lui.[12]

Une chose que ces enseignants ont en commun, est qu’ils nient que les chrétiens ont échappé aux pouvoirs méchants de l’univers.[13] Les moyens d’aide qu’ils proposent sont des connaissances et des techniques que la Bible ne révèle pas.

Ces enseignants choisissent souvent des phrases de la Bible en les extrapolant pour créer un système dont le fonctionnement interne doit être découvert grâce à des moyens extra-bibliques. Par exemple, Nee utilise le terme «place» d’Ephésiens 4:27 pour prouver l’existence de ce système légal et la nécessité de l’apprendre.[14] Nee dit : «Cela n’a aucune importance d’être un chrétien ou non, une fois que les conditions sont remplies, les mauvais esprits ne manquent pas d’agir.»[15] Une des conditions à laquelle Nee fait allusion est «la passivité de la volonté.»[16] Selon cette idée, toute personne qui manque de volonté forte deviendra la proie des esprits méchants. Tout péché connu ou inconnu dû à une action ou une omission donne accès aux esprits sur le chrétien.[17] Il est difficile d’imaginer qu’un chrétien croyant cet enseignement pourrait se reconnaître libre des malédictions et des esprits.

Alors que Nee est préoccupé par le péché personnel et les esprits, Wagner s’intéresse aux esprits territoriaux qui affligent de grands groupes de personnes :

Une des raisons pour laquelle les mauvais esprits réussissent à revenir est que les forteresses sur lesquelles ils avaient fondé leurs droits légaux pour contrôler cette région et ses habitants n’ont pas été complètement enlevées. Nous en savons beaucoup plus sur ce sujet que précédemment, en grande partie de par notre compréhension du fait qu’une partie essentielle de beaucoup de combats spirituels au niveau stratégique devrait se faire au travers du repentir par identification. Grâce à la cartographie spirituelle précise et sensible, nous pouvons identifier les forteresses enracinées dans le péché non pardonnés des générations passées et nous comprenons maintenant les voies et moyens pour faire face à ces péchés du passé dans notre propre génération.[18]

Notez que Wagner affirme que les esprits ont des «droits légaux» qui leur sont conférés par les activités humaines des générations passées. Ceci est en accord avec le concept de la guerre spirituelle affirmant que les gens sont dans de mauvaises situations, car les démons et autres êtres spirituels ont gagné un accès légal via les actions des hommes (dont certains ne sont plus en vie) dans une logique cachée de cause à effet. Toutefois remarquez aussi que nous nous retrouvons toujours avec la nécessité d’une information secrète. Comment pourrions-nous faire une «cartographie spirituelle» autrement? La Bible ne donne pas une telle carte et ne décrit pas comment construire un système d’orientation spirituelle.

Par exemple, un démon félicita Bob Larson pour sa connaissance des règles secrètes du monde des esprits :

Le démon : «Qui t’a donc appris les règles?»

Larson : «Qu’entends-tu par là?»

Le démon : «Les règles spirituelles qui déterminent ce que nous pouvons, et ne pouvons pas faire. Tu as certainement été instruit par l’un d’entre nous […]»[19]

Cela souligne un problème majeur dans la théologie du combat spirituel. Les «règles de combat» cachées pour les batailles spirituelles sont considérées comme étant la clé de la victoire. S’il était vrai que les mauvais esprits vivent selon cette réalité alors nous devrions chercher à tâtons par différents moyens, devinant avoir gagné telle ou telle connaissance partielle et possiblement erronée. En fait, nous sommes forcés de devenir comme les païens et d’instituer une caste de chamans plus aptes à déceler des informations secrètes. L’église devient dépendante de connaissances spirituelles non révélées, interdites, et de la classe de personnes qui la révèle. Une fois que ceci s’est produit, l’église est paganisée.

Obtenir de l’information spirituelle secrète

Je trouve vraiment choquant que ces chrétiens hautement cultivés ne parviennent pas à voir les conséquences de leurs propres enseignements. Par exemple, C. Peter Wagner consacre un chapitre entier (le deuxième) de son livre à alléguer que la connaissance spirituelle extrabiblique est disponible et valide. Il utilise la même tactique que d’autres en affirmant que le mot «logos» est la Bible et que les mots «rhema» représentent les sources de révélation spirituelles directes.[20] Après avoir ouvert la porte aux connaissances extrabibliques du monde spirituel, il poursuit dans des proportions extraordinaires :

En celui-ci [au chapitre 2], je suggère qu’il pourrait être possible de recevoir une information choisie, mais valide, sur le monde des ténèbres lui-même. J’ai pris soin de souligner fortement que le discernement est nécessaire tout en essayant de le faire parce que les mauvais esprits sont par nature séducteurs et ils doivent être traités comme des témoins hostiles. Néanmoins, certaines personnes comme les chamans, les sorciers, les praticiens de religions orientales, les gourous du Nouvel Age ou professeurs d’occultisme sur les facultés universelles sont des exemples du genre de personnes qui peuvent avoir des connaissances beaucoup plus vastes du monde de l’esprit qu’ont la plupart des chrétiens. Certaines des informations qu’ils fournissent sont exactes.[21]

Il nous dit d’utiliser le discernement pour ce qui est d’obtenir des informations sur le monde des ténèbres. Néanmoins le discernement est impossible si nous allons dans un monde invisible. Le discernement auquel la Bible nous enjoint est objectif et concerne la confession de Jésus-Christ (1Jean 4:1-5). Ces chamans sont disqualifiés sur ce point. Wagner encourage les chrétiens à rechercher la vérité venant des personnes mêmes que Dieu condamne en Deutéronome 18.

Même si certaines de ces informations sont exactes, sa recherche est néanmoins interdite dans les termes les plus forts possibles. Dieu nous interdit l’accès à la connaissance secrète pour notre propre bien spirituel, non pas parce que certaines d’entre elles pourraient être inexactes. Cela est interdit parce qu’elle est destructrice ; indépendamment du fait qu’elle soit vrai ou fausse!

Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de sorcier, de magicien, personne qui consulte les esprits ou les spirites, personne qui interroge les morts. En effet, celui qui fait cela fait horreur à l’Eternel et c’est à cause de ces pratiques abominables que l’Eternel, ton Dieu, va chasser ces nations devant toi. (Deutéronome 18:10-12)

Cette question de l’exactitude n’est pas mentionnée; ce sont simplement des personnes et pratiques «détestables». Pourtant, c’est grâce à ces pratiques interdites que les païens tirent leur information spirituelle. Wagner a ainsi ouvert les vannes pour que le paganisme submerge l’église.

Le seul à posséder une connaissance exhaustive du monde des esprits et qui pourraient nous fournir une «carte» spirituelle, est Dieu Lui-même. Pourquoi devrions-nous supposer qu’Il ait volontairement retenu la connaissance dont nous aurions besoin afin d’évangéliser les villes, libérer les gens de Satan, retirez les malédictions, et faire avancer son royaume sur la terre, de sorte qu’il faille la glaner chez des chamans? Dieu nous a donné exactement ce dont nous avons besoin : la révélation claire que nous trouvons dans l’Écriture. Le reste lui appartient : «Les choses cachées sont pour l’Eternel, notre Dieu; les choses révélées sont pour nous et nos enfants, à toujours, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi.» (Deutéronome 29:29 [ou 29:28 selon la version]). Le rejet du sola scriptura est la raison pour laquelle ces enseignements païens pénètrent si profondément dans le mouvement évangélique et ses pratiques contentent des gens qui ne sont pas satisfaits de ce que Dieu a choisi de révéler.

Wagner fait l’erreur de supposer que, parce que le monde des esprits où les chamans exercent leur métier est réel, les informations glanées peuvent êtres précises et utiles:

[C]ertains non-chrétiens, qu’ils soient chamans animistes, gourous, lamas, philosophes ou autres, peuvent être en mesure de nous communiquer certaines informations sur la réalité du monde spirituel dans lequel ils ont acquis une expertise considérable. Ces sources non-chrétiennes, bien sûr, doivent être évaluées au travers d’un examen de prière minutieux et prudent. Pourtant, nous devons nous rappeler que le monde des esprits auquel ils sont dédiés est un monde réel, pas le fruit de leur imagination «païenne». Par conséquent, certaines choses à ce sujet peuvent leur être connues avec précision.[22]

Or, les questions ne sont ni la réalité du monde spirituel, ni si les informations à ce sujet peuvent être exactes. En effet, nous sommes prêts à concéder que certains chamans ont des processus efficaces qui fonctionnent pour leurs clients. Toutefois le monde de l’occulte est interdit au chrétien. Prescrire un «examen de prière» au sujet d’un type de connaissance qui est formellement interdit par la Bible est absurde. Le résultat d’un tel processus serait du paganisme «chrétien» ; un oxymore.

Wagner souligne que lorsque les paroles de démons sont rapportées dans le Nouveau Testament, «ils dissent la vérité!»[23] Dans son esprit, ceci (quoi que Wagner ne puisse le démontrer) implique que de rechercher une telle information est valide. Larson pense de même:

Il faut demander à quelqu’un de noter toutes les informations reçues quand on interroge les démons. A mesure que se révèle la structure interne du système démoniaque de la victime, faites une liste des démons en fonction de leur rang, notez leurs droits et les portes par lesquelles ils sont entrés, ainsi que les raisons légales qu’ils peuvent avoir pour rester.[24]

Cette approche s’égare en affirmant que simplement du fait que certains démons parlaient en la présence de Jésus, se serait une bonne chose pour eux de parler et nous devrions chercher à leur parler afin de glaner des informations. L’objectif des évangiles était de montrer que Jésus était celui qu’il prétendait être (Dieu incarné), et que toutes les choses, y compris le monde des esprits, sont sous son autorité. En outre, Jésus a souvent dit aux démons de se taire. Il ne glanait pas des informations sur le monde des esprits.

De la technologie spirituelle

Ma thèse est que Dieu nous a restreints à ce qu’il a choisi de nous révéler sur la réalité du monde spirituel (i.e., dans l’Écriture). Il nous donne la liberté d’utiliser nos cinq sens ainsi que des esprits rationnels pour faire face à l’ensemble des révélations d’ordre général afin que nous puissions survivre en tant qu’êtres humains créés à Son image. Pourtant, Il bloque l’accès à l’information spirituelle non révélée pour notre propre bien. Il ne veut pas que son peuple soit comme les païens.

Nous le voyons dans le Jardin d’Eden. Dieu a donné à Adam et Eve accès à tous les arbres du jardin, sauf un. Il a été conféré à Adam le pouvoir de nommer les animaux. Manger le fruit des arbres, labourer la terre, et nommer les animaux sont des utilisations valides de la révélation générale. Ils avaient aussi une révélation spéciale : «mais tu ne mangeras pas le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal […]» (Genèse 2:17). Or, le Serpent affirma qu’il existait d’autres connaissances qui seraient bénéfiques mais dont Dieu les avaient privés. Il avait raison sur le fait que Dieu les en avait privés, mais il mentit en laissant entendre qu’elles seraient bénéfiques.

Dieu a le droit de retenir des connaissances à sa discrétion. Leur rébellion ultérieure, les plongèrent, eux et leurs descendants dans l’esclavage du péché et de la mort. Ainsi Dieu avait permis les connaissances glanées par des moyens ordinaires et les connaissances spirituelles données directement par Lui. Néanmoins la «connaissance» obtenue par des moyens interdits (écouter le serpent et désobéir aux commandements de Dieu) est destructrice et, si elle est utilisée, conduit à un jugement. Dans la section du Deutéronome où la divination est interdite, il est dit ceci: «Lorsque tu seras entré dans le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne, tu n’apprendras pas à imiter les pratiques abominables de ces nations-là.» (Deutéronome 18:9). Ce n’est jamais la volonté de Dieu que Son peuple de l’alliance adhère à la spiritualité des païens ou à des pratiques païennes! Néanmoins aujourd’hui, c’est précisément dans cette direction que beaucoup de gens dans l’église regardent. Paul parle de la même chose en 1Corinthiens 12:2, «Vous savez comment, lorsque vous étiez étrangers au peuple de Dieu, vous vous laissiez irrésistiblement entraîner vers les idoles muettes

Wagner suggère que nous pouvons avoir un accès direct à l’information spirituelle non révélée tant des sources chrétiennes que non-chrétiennes:

Il est également important de reconnaître que la perspicacité spirituelle, qui consiste à recevoir des informations directement à partir du monde spirituel, n’est pas une faculté exclusive de ceux qui sont nés de nouveau. Le discernement spirituel constitue certainement au moins une des dimensions de l’image de Dieu, selon laquelle tous les êtres humains, chrétiens ou non chrétiens, ont été créés. Si ceci est correct, alors les êtres humains, qu’ils soient Indo-Européens, Mélanésiens, Amérindiens, ou quels qu’ils puissent être, peuvent accéder et souvent détiennent des informations valables sur le monde spirituel.[25]

Ces idées exprimées par Wagner sont manifestement non-bibliques. Dieu donne avec certitude, à travers ses porte-paroles désignés, les ordonnances qui doivent être respectées. La connaissance que Dieu donne à son peuple est transmise par des hommes en particuliers, choisis par Dieu et identifiables par le peuple de Dieu. L’essence de l’occultisme est la recherche, la connaissance directe et immédiate du monde spirituel que Dieu a choisi de ne pas révéler. La seule différence entre nous et les païens, c’est que nous avons la Parole de Dieu (une révélation spéciale) annoncée par des hommes choisis qui ont touché et parlé avec «Dieu venu dans la chair» (1Jean 1:1). S’écarter du sola scriptura en pensant que Dieu a donné à tous les êtres humains des facultés spéciales pour obtenir des informations spirituelles c’est rejeter le théisme chrétien et adhérer au paganisme. Wagner a raison sur une chose: il n’y a pas beaucoup de différence entre les chrétiens et les non-chrétiens accédants directement au monde des esprits en quête d’information. En fait, il est un mot qui décrit les deux catégories : trompés.

Wagner va plus loin et prévoit de développer et de tester une nouvelle technologie spirituelle :

Dans ce livre, je ne prétends pas donner des preuves bibliques au sujet du combat spirituel de niveau stratégique, de la cartographie spirituelle ou de la repentance par identification. Je vais, cependant, soutenir le fait que nous avons la preuve biblique suffisante pour justifier au moins une hypothèse de travail que nous pouvons tester, évaluer, modifier et affiner sur le terrain; Il s’agit au mieux d’une technologie importante, relativement nouvelle que Dieu nous a donné […] Si c’est le cas, refuser de l’utiliser sur le conseil de certains peut revenir à courir le risque d’infidélité au Maître.[26]

Ici nous trouvons une catégorie de graves erreurs. Comment peut-on faire des «essais sur le terrain» d’une «technologie» spirituelle non-biblique ? Le monde des esprits ne se prête pas à de tels tests. Dans la révélation générale, la technologie peut être développée et testée en raison de notre capacité à créer un système de contrôle, afin d’en démontrer la repétabilité, et de tester objectivement ses variables de sortie. Néanmoins comment peut-on faire cela avec des esprits invisibles qui ont des intentions et pensées sinistres et tout aussi invisibles à nos yeux, et qui sont susceptibles de manipuler les résultats à leur avantage et à notre désavantage ?

En outre, le processus de «test» est impossible à évaluer. Certains ont essayé d’utiliser les statistiques de la criminalité pour prouver que leur combat spirituel avait «marché». Néanmoins n’ayant aucun contrôle sur les variables, ils n’ont pas de données valides. La criminalité croît et décroît dans différentes villes pour diverses raisons, beaucoup trop nombreuses à contrôler. Les groupes faisant des «marches de prières» accomplissant des rites de «repentance par identification» ne peuvent connaître sur l’instant les futures statistiques de la criminalité pour voir si leur expérience «marche». Dans leur esprit, ils agissent selon la vision du monde païenne qui utilise le monde spirituel «réel» pour contrôler le monde visible moins «réel». Néanmoins le monde visible comporte son propre système complexe de causes et effets; par exemple les conditions économiques, les conditions familiales, les politiques de la police, les systèmes judiciaires et les décisions politiques. Si le taux de criminalité diminue après que quelqu’un ai effectué une «expérience» spirituelle en recevra-t-il du crédit? Et s’il monte, est-ce la faute des autres facteurs ? Toute cette approche est vouée à l’échec.

La seule question qui importe est de savoir si oui ou non Dieu nous a ordonné d’accomplir des marches de prière, de lier des esprits territoriaux, de pratiquer la repentance par identification, ou l’une des autres nouvelles technologies spirituelles que Wagner et d’autres proposent avec laquelle on peut contrôler le monde spirituel. Il est clair que Dieu n’a pas ordonné cela et il n’y a pas besoin de «l’expérimenter». La prière, telle qu’elle est comprise bibliquement, est pratiquée sur la base des commandements et promesses de Dieu. Nous ne pouvons pas l’essayer et arrêter si nous n’aimons pas le résultat. Contrairement à cela, Wagner affirme qu’il n’a pas la preuve biblique justifiant ses technologies; mais plutôt qu’il les «expérimente». Comme je l’ai montré, ces expériences ne peuvent être testées en aucune manière. L’ensemble du processus est une mission de fou.

Compte tenu de cela, comment Wagner peut il maintenir que nous risquons une «infidélité à Dieu» en omettant de faire ce que Dieu ne nous a jamais dit de faire? Il a, pour ainsi dire largué le sola scriptura et «lié» ses lecteurs à des processus qu’il admet n’être enseignés nulle part dans la Bible. Wagner menace les chrétiens de désobéissance et de péché s’ils n’adhèrent pas à ses expériences non-bibliques. Ceci est totalement inacceptable et devrait être rejeté d’emblée.

Bénédictions et malédictions

Les païens vivent sous la peur continue de malédictions et de menaces résultantes de causes et d’effets spirituels invisibles et malveillants. Ils ont des techniques pour créer des malédictions et d’autres pour les briser. Ils ont des praticiens de la malédiction ainsi que pour le brisement des malédictions. En outre, ils ont une grande crainte du fait que les sinistres êtres spirituels, par un processus spécifique, fassent hériter les afflictions à leurs victimes humaines. Cette conception résulte du fait d’avoir une vision païenne du monde.

Comme pour d’autres enseignements que nous avons examinés, il existe une version «chrétienne» du brisement de malédiction païen. L’une d’entre elles est basée sur l’idée de malédictions «générationnelles» qui sont prises hors du contexte biblique et utilisées pour expliquer diverses maladies et difficultés que les chrétiens peuvent éprouver.[27] La logique erronée derrière cela suggère que, puisque Dieu a averti Israël de l’Ancien Testament qu’il punissait «la faute des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération» et que Deutéronome, chapitre 28 énumère les différents effets néfastes qui adviendraient à Israël pour avoir été infidèle à l’alliance, on peut ainsi examiner les symptômes et les résultats et supposer qu’Israël est maudit à cause de péchés inconnus, d’ancêtres inconnus.

Logiquement, cela crée un système de croyances dans lequel tout le monde est convaincu qu’il doit être maudit. Derek Prince, dont le livre enseigne que les chrétiens sont sous des malédictions qu’ils doivent découvrir, explique:

Il en résulte que quiconque, parmi les quatre générations qui nous ont précédées, pourrait être la cause d’une malédiction reposant sur nous, dans notre génération, s’il a commis de tels péchés. Chacun d’entre nous possède deux parents, quatre grands-parents, huit arrière-grands-parents, et seize arrière-arrière-grands-parents. Cela fait un total de trente personnes, dont chacune pourrait être la cause d’une malédiction sur notre vie. Combien d’entre nous pourraient garantir qu’aucun de ses trente ancêtres immédiats n’ait jamais été impliqué dans aucune forme d’idolâtrie ou d’occultisme?[28]

La réponse, bien sûr, il n’y en a pas. Cette croyance créer un besoin pour une classe de personnes capables d’obtenir des informations secrètes (sur quel péché ancestral cause quelle malédiction) et d’élaborer un processus visant à briser la malédiction. Une fois de plus, la pensée païenne est venue dans l’église et a créé le besoin d’une classe de chamans et d’une formation de chaman associée. Pour eux, le contenu de la Bible ne peut fournir directement les informations nécessaires (quels péchés et quelles malédictions) comme ne le peut la révélation d’ordre général. Donc, ils retournent pêcher des réponses dans la mer des esprits comme leurs ancêtres païens.

Ce qui fait défaut à ces enseignements et enseignants est que dans la Bible, la bénédiction et la malédiction sont relationnelles, pas symptomatiques. Une personne qui est dans une juste relation d’alliance avec Dieu est bénie, même si elle se trouve dans des circonstances désagréables. Une personne en rébellion contre Dieu est maudite même si sa vie se passe très bien. Par exemple, sont inclus dans la liste des personnes qui ont «reçu un bon témoignage grâce à leur foi» ceux qui ont été moqués, battus, sciés en deux, destitués, affligés et a qui arrivèrent bien d’autres choses horribles (Hébreux 11:35-39). Néanmoins les livres populaires sur le thème de la bénédiction et la malédiction invitent les chrétiens à regarder aux symptômes dans leur propre vie afin de déterminer s’ils sont maudits.

Derek Prince répertorie les éléments suivants comme des symptômes de malédictions : «1. Effondrement de la raison et/ou des émotions (maladies mentales), 2. Maladies répétées ou chroniques (spécialement si elles sont héréditaires), 3. Stérilité, tendance aux fausses-couches ou problèmes gynécologiques, 4. Mariages brisés et aliénation de la famille, 5. Insuffisance continuelle dans les ressources financières, 6. Etre sujet aux accidents, 7. Un historique de suicides et de morts non naturelles et prématurées.»[29] Si l’une de ces choses existait dans les quatre générations de vos ancêtres ou dans votre vie, Prince suggère que vous êtes maudits, même si vous êtes un chrétien. Evidemment dans ce cas, tout le monde devrait se considérer comme maudit.

Cet enseignement est clairement contraire à la Bible. Par exemple, Prince affirme que les gens qui ont une «insuffisance continuelle dans les ressources financières» sont maudits. Néanmoins voici ce que Jésus a dit: «Alors Jésus leva les yeux sur ses disciples et dit: «Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous!» (Luc 6:20). Les citoyens du royaume sont bénis, même s’ils sont pauvres.

Prince à conçu l’idée d’appliquer les malédictions de Deutéronome 28 aux chrétiens, ce qui implique que les chrétiens déterminent d’abord s’ils ont ou non, un de ces problèmes dans leur vie. Si c’est le cas, ils peuvent être sous une malédiction. Il dit que la seule présence d’un ou de deux de ces problèmes ne suffit pas à établir avec certitude qu’une malédiction soit à l’oeuvre. Ainsi, chaque personne doit rechercher des informations surnaturelles afin de déterminer si elle est maudite.[30] Néanmoins ceci nous place dans la nécessité de trouver des révélations extra-bibliques et nous amène à nous comporter à nouveau comme des païens.

Une logique fallacieuse est employée ici. Cette logique ressemble à cela : Si une créature est un chat normal, il a quatre pattes. Fido a quatre pattes; donc Fido est un chat. Néanmoins, il s’agit d’un sophisme appelé «syllogisme» utilisant une formulation logique du type «si/alors». Il existe plus d’une cause possible au fait d’avoir quatre jambes. Si l’on applique cela aux malédictions trouvées dans Deutéronome 28 cela donne : Si les Israélites en alliance avec Dieu brisaient cette alliance et allaient après d’autres dieux, les malédictions viendraient sur eux (Deutéronome 28:16-68). Suzie présente plusieurs des symptômes énumérés dans ces 52 versets, donc Suzie est sous une malédiction. Ce raisonnement comprend deux erreurs : 1) Suzie n’est pas une Israélite sous l’ancienne alliance; 2) Une erreur de syllogisme est commise. Il pourrait y avoir d’autres raisons qui l’aient amené à se trouver dans l’une des nombreuses conditions énumérées dans ces versets autres que celle d’être maudite pour avoir rompu l’alliance.

Ainsi, examiner objectivement les symptômes n’est pas suffisant pour diagnostiquer des malédictions. Cela signifie que nous ne pouvons pas savoir soit d’après une révélation spéciale (les paroles de la Bible) ou d’après une révélation d’ordre général (l’examen des symptômes physiques) si oui ou non une malédiction est opérante. Cela signifie que nous revenons à la nécessité d’un chaman. Encore une fois, nous avons invité le paganisme dans l’église et cru que ce qui est clairement révélé dans les Écritures n’est pas suffisant pour nous délivrer des malédictions.

La bénédiction et la malédiction selon une perspective biblique

La vérité est beaucoup plus simple que les faux enseignements confus qui sont si répandus. Elle se décline ainsi : «Voici ce que dit l’Eternel: Maudit soit l’homme qui fait confiance à ce qui est humain, qui prend des créatures pour appui et qui détourne son cœur de l’Eternel!» (Jérémie 17:5); «Béni soit l’homme qui fait confiance à l’Eternel et qui place son espérance en lui!» (Jérémie 17:7). Avec une vision biblique du monde, comme nous l’avons défendu, la bénédiction et la malédiction sont relationnelles et non symptomatiques. Ce message est très clair dans de nombreux endroits de la Bible, comme le livre de Job ou les béatitudes. Certaines personnes qui sont bénies par Dieu ont dans leur vie des symptômes négatifs d’un point de vue humain, d’un autre coté des gens qui sont maudits parce qu’ils ne connaissent pas Dieu sont heureux et en bonne santé.

Voici un autre exemple: «En effet tous ceux qui dépendent des œuvres de la loi sont sous la malédiction, car il est écrit: Maudit soit tout homme qui ne reste pas fidèle à tout ce qui est écrit dans le livre de la loi pour le mettre en pratique.» (Galates 3:10). La conclusion de Paul est qu’il est impossible d’être autre chose que maudit si l’on essaie d’être justifié par les oeuvres de la loi. Une transgression et vous êtes maudits. On ne peut pas obtenir une bonne relation avec Dieu sur la base des œuvres. Voici l’alternative:

[R]econnaissez donc que ce sont ceux qui ont la foi qui sont les fils d’Abraham. Or l’Ecriture prévoyait que Dieu considérerait les non-Juifs comme justes sur la base de la foi, et elle a d’avance annoncé cette bonne nouvelle à Abraham: Toutes les nations seront bénies en toi! Ainsi ceux qui croient sont bénis avec Abraham le croyant. (Galates 3:7-9)

La bénédiction est relationnelle : ceux qui sont les «fils d’Abraham» sont bénis parce qu’ils ont le type de foi justifiante qu’Abraham avait. Il n’y a pas besoin de chercher d’autres symptômes que des signes de la foi qui sauve.

Considérons ceci d’une manière plus approfondie. Prenons ce passage: «Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ» (1Corinthiens 15:22). Toute personne née l’est «en Adam» et par conséquent sous la malédiction du péché et de la mort. Notre relation avec Adam nous a maudits. Néanmoins quiconque en Christ est béni par la promesse de la vie éternelle. Nous sommes «en Adam» par la génération naturelle et ne pouvons être «en Christ» par la régénération surnaturelle, soit en étant né de nouveau. C’est pourquoi l’Évangile de Jésus-Christ est le seul moyen d’échapper à la malédiction. (Voir Romains 5:12-21 pour l’enseignement de Paul sur l’analogie Adam / Christ.)

Bénéficier d’une bonne relation avec Dieu signifie que l’on ne peut pas être maudit par un être inférieur à lui qu’il soit spirituel ou humain. Balaam, un célèbre fabricant de malédiction, a essayé de gagner de l’argent pour maudire Israël, le peuple béni de Dieu. Voici la conclusion de Balaam à propos de cette tentative: «Dieu n’est pas un homme pour mentir, ni le fils d’un homme pour revenir sur sa décision. Ce qu’il a dit, ne le fera-t-il pas? Ce qu’il a déclaré, ne l’accomplira-t-il pas? Voici, j’ai reçu l’ordre de bénir: il a béni, je ne révoquerai pas sa décision.» (Nombres 23:19,20). Néanmoins Balaam n’a pas abandonné. Il savait que la seule façon pour Israël d’être maudit était de les tenter avec le paganisme et désobéir à la Parole de Dieu, pour que Dieu les maudisse: «Mais j’ai certaines choses contre toi: tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à tendre un piège aux Israélites pour qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et se livrent à l’immoralité sexuelle.» (Apocalypse 2:14; voir Nombres 31:16). Si le peuple de Dieu apostasie, ses membres se mettent hors d’une relation appropriée avec Dieu et c’est la seule chose qui puisse les maudire. Adopter une vision du monde païen est un chemin vers l’apostasie. Je crois que Dieu nous en préserve. Néanmoins nous serions fous d’ignorer les mises en garde contre l’apostasie au motif que nous nous jugeons en sécurité.

Croire comme les païens

Les païens sont perpétuellement insécurisés parce qu’ils n’ont aucun moyen de savoir s’ils sont en sécurité dans les mains de leurs dieux. En fait, ils n’ont pas de révélation spéciale de Dieu ou de Dieu sur la nature du monde spirituel dans lequel ils vivent. Dans la mesure où les chrétiens sont influencés par la pensée païenne, ils deviennent également plus insécurisés. Ils ne peuvent aucunement savoir s’ils sont maudits. Ils ne peuvent jamais savoir quand un démon peut les envahir. Ils s’imaginent alors qu’ils ont besoin d’une technologie spirituelle glanées dans le monde des esprits afin d’assurer le succès de leurs efforts. Ils ont besoin d’une version «chrétienne» d’un chaman servant de médiateur entre eux et le monde des esprits (généralement appelé «prophètes» ou «conseillers de délivrance»). En bref, ils ressemblent à des païens à plusieurs égards.

Certains adhérents de cette vue, comme Greg Boyd, qui sont plus sophistiqués théologiquement, ont des raisons émotionnelles ou philosophiques pour préférer la vision païenne du monde. Boyd ne peut pas accepter les implications de la doctrine de la providence de Dieu et l’affirme haut et fort. La vision providentielle du monde est la vision biblique du monde, bien que Boyd le nie, en proposant du paganisme comme alternative. L’enseignement de la Bible affirme clairement que Dieu contrôle effectivement son propre univers et connaît toutes choses. C’est ce que Dieu dit à Job quand celui-ci se trouva être une victime de ce que Boyd appelle le «mal gratuit.»

Néanmoins échanger la doctrine biblique de la Providence par le concept païen de la guerre spirituelle crée un type d’insécurités commun chez les païens. Boyd le réalise : «Quoi qu’il puisse être dit de plus à propos du modèle classique-philosophique de la providence de Dieu [manière de Boyd pour discréditer la doctrine de la providence], celui-ci donne au croyant un certaine forme de sécurité dont le concept de la guerre spirituelle semble manquer, pour autant que l’on évite de rencontrer des atrocités concrètes dans la vie»[31] En d’autres termes, il peut être plus réconfortant de croire que Dieu dirige providentiellement ​​son propre univers pour amener l’histoire de l’avant selon ses desseins de salut; mais il n’est pas émotionnellement satisfaisant de penser que Dieu permette le mal dans son univers selon Ses bonnes fins. De penser que le mal advient hors de la prescience de Dieu et de son contrôle providentielle semble plus satisfaisant pour certains (comme pour Boyd). L’implication de ceci, bien sûr, est que pour éviter d’être victimes du mal gratuit que Dieu n’a pas prévu et a choisi de ne pas contrôler, nous devons trouver une manière de combattre les esprits et de trouver un abri contre leur pouvoir malveillant. Ainsi, si nous ne parvenons pas à intégrer les chamans et leur enseignement, les mauvais esprits peuvent très bien prendre le dessus et nous détruire.

Est-il préférable de vivre dans la peur d’être une victime spirituelle que de croire que si nous sommes en bonne relation avec Dieu, on est béni et qu’Il travaille providentiellement à travers toutes choses pour nous amener à la gloire (Romains 8:28-39)? Le concept du combat spirituel donne peu de réconfort en raison du fait que la plupart de ce qui est important reste inconnu et hors de notre contrôle ou de celui de Dieu. Boyd réalise la crainte que cela créer : « Il est, je pense, indéniable que le concept de la guerre spirituelle sur un plan, représente un monde bien plus effrayant que celui du concept du plan providentiel, pour la simple raison qu’ouvrir les yeux sur la réalité de la guerre est effectivement effrayant.»[32] A l’instar des autres enseignants que nous avons critiqués dans cet article, Boyd pense que la problématique se situe au sujet de l’existence («la réalité») des esprits et de la bataille. Or, elle ne se situe pas à ce niveau. Il s’agit plutôt de savoir si Dieu est en charge de tous les êtres, spirituels ou autres et du bien ou du mal. Il s’agit de savoir si Satan doit obtenir la permission de Dieu (comme il le fit avec Job et Pierre) pour «passé au crible» les croyants. Il s’agit aussi de savoir si Dieu nous a laissé livrer une bataille contre des ennemis invisibles alors que ceux-ci disposent de toutes les informations sur le fonctionnement du monde spirituel et que nous non. Il est décidément pas plus intéressant de croire comme les païens. Boyd choisit de croire au concept de la guerre spirituelle païenne, parce que les implications de la doctrine biblique de la providence l’offensent. Ceci dit, il comprend assez bien la problématique en elle-même. Les autres auteurs critiqués ici sont beaucoup moins sophistiqués dans leur théologie. Contrairement à Boyd, ils ont adhéré au concept païen de la guerre spirituelle parce qu’ils n’ont pas compris ses implications et pourquoi la Bible met en garde avec tant de force contre lui. Néanmoins, ils contribuent à la paganisation de l’église. Même sans faux enseignements dans l’église, les Chrétiens tombent parfois dans une vision païenne du monde, car celle-ci nous entoure, et car elle est la position par défaut de la race humaine. Ils n’ont pas eu leurs esprits suffisamment transformés par le plein conseil de Dieu pour la voir telle qu’elle est.

Conclusion

Lorsque les chrétiens de Colosses se sont sentis menacés après avoir tenté de retourner dans la pensée et les pratiques païennes par le biais du concept de la guerre spirituelle, Paul leur a assuré que le Christ avait triomphé sur les puissances des ténèbres à travers la croix. Paul prêcha le Christ et enseigna contre la technologie de délivrance païenne parce que c’était préjudiciable et niait la puissance de la croix. Paul offrît du réconfort et assura les Ephésiens que Dieu opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté, et qu’ils étaient assis avec le Christ au-dessus des puissances hostiles, indépendamment de leurs sentiments ou de leurs circonstances. Ephésiens 1 en lui-même est suffisant pour réfuter la théologie de Greg Boyd. Paul a prêché ces vérités aux Éphésiens et aux Colossiens parce les croyants d’Asie Mineure avaient passé leur vie plongés dans le concept de la guerre spirituelle, craignant les mauvais sorts entre les mains des puissances hostiles invisibles. Ces premiers Chrétiens qui vivaient dans l’ombre des temples païens, ont été attaqués par des oracles et prophètes païens, et avaient besoin de l’assurance en la suffisance du Christ. Quelles que soient les croyances des païens qui nous environnent, celles-ci essaient toujours de faire leur chemin dans l’église, tant à l’époque de Paul, qu’à la notre. Aujourd’hui, l’église évangélique est un foyer de la pensée païenne et des pratiques païennes. Ceci est arrivé via diverses tendances qui ont rendu obsolètes le sola scriptura dans les esprits de beaucoup. Parce que les paroles de l’Écriture ne sont pas considérées comme suffisantes, les gens cherchent un contact sans intermédiaire avec les «esprits», pensant qu’il est le Saint-Esprit avec de nouvelles révélations. Ils conçoivent et financent la technologie spirituelle permettant de contrôler le monde spirituel, et instituent une classe de chamans « chrétiens » pour gérer l’ensemble du processus. Le résultat est que l’église est aussi païenne que le monde lui-même. Ceci est d’autant plus nuisible parce qu’il est allégué que ces innovations spirituelles sont «Chrétiennes». Les gens ne rougissent pas quand, par exemple, ils enseignent le yoga dans leurs églises. Nos leaders respectés ne rougissent pas quand ils conseillent aux chrétiens de demander des informations à des gourous du Nouvel Age. Les dirigeants de l’Église ne rougissent pas quand ils mettent de côté les classes bibliques pour consacrer du temps aux pratiques méditatives orientales. Les pasteurs ne rougissent pas quand ils enseignent que le concept de la guerre spirituelle païen est celui que nous devrions considérer comme biblique. Les évangéliques ne rougissent pas quand ils invitent des mystiques romains catholiques dans leurs églises pour enseigner à leurs congrégations le paganisme. Jérémie décrit cela à son époque : «Ils devraient être couverts de honte parce qu’ils ont commis des horreurs, mais ils ne rougissent même pas, ils ne connaissent même pas la honte.» (Jérémie 8:12a). Priez pour que notre mouvement évangélique apprenne à rougir et à être amené à la repentance. En attendant, j’implore tous ceux qui veulent penser et agir comme des chrétiens (et pas en païens) à fuir le paganisme et à trouver refuge dans une église qui pratique le sola scriptura et enseigne le plein conseil de Dieu.


Sauf indication contraire, les citations bibliques de la traduction française sont tirées de La Bible version Segond 21, Société Biblique de Genève, 2007.


Notes de fin

[1] Greg Boyd, God at War, Downers Grove: Intervarsity, 1997, p. 11.

[2] Ibid., p. 12.

[3] Ibid.

[4] Ibid., p. 13.

[5] Ibid.

[6] L’article CIC n°98, http://cicministry.org/commentary/issue98.htm inclut une discussion sur la providence.

[7] Boyd, p. 292.

[8] Silva Mind Control sur vidéocassette VHS, John Ankerberg Show.

[9] Bob Larson, In the Name of Satan — How the forces of evil work and what you can do to defeat them, Nashville: Nelson, 1996, p. 109.

[10] Ibid.

[11] C. Peter Wagner, Confronting the Powers, Ventura: Regal Books, 1996, p. 237.

[12] Watchman Nee, The Spiritual Man Vol. 3, New York, Christian Fellowship Publishers, 1968 – written in 1927, p. 90.

[13] Voir les articles CIC 69, 70, 71, sur l’hérésie des Colossiens dont il s’agit ici.

[14] Nee, p. 91.

[15] Ibid.

[16] Ibid. p. 93.

[17] Ibid. p. 92.

[18] Wagner, p. 158, 159.

[19] Larson, p. 205.

[20] Wagner, p. 52, 53.

[21] Ibid., p. 148.

[22] Ibid., p. 69.

[23] Ibid., (italiques de l’auteur).

[24] Larson, p. 208.

[25] Wagner, p. 67.

[26] Ibid., p. 89.

[27] Une étude approfondie de cette problématique peut être trouvée dans l’article CIC n°68, http://cicministry.org/commentary/issue68.htm, January/February 2002.

[28] Derek Prince, Bénédiction ou malédiction : à vous de choisir !, Derek Prince ministries France, 1995, p. 68.

[29] Ibid., p. 41.

[30] Ibid.

[31] Boyd, p. 292.

[32] Ibid.

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