Pourquoi la volonté humaine ne peut vaincre le péché – Une étude du commentaire de Paul sur le 10e commandement

Article n°115 – Novembre/décembre 2009, de Bob DeWaay, depuis le site internet : Critical Issue Commentaries (CIC). L’original peut être consulté en anglais à l’adresse suivante : http://cicministry.org/commentary/issue115.htm

Traduction française émanant du «Blog de réflexion chrétien», https://reflexionsjesus.wordpress.com/, 20/04/2015. Reproduit avec autorisation.


Au cours de mes dix premières années de ministère chrétien, je croyais résolument en la puissance de la volonté humaine. Pourtant cela s’est avéré être l’un des plus grands échecs de mon ministère. Cette croyance conditionnait mes conseils et mon enseignement. Je supposais que la volonté humaine était la clé de tout, de la victoire sur le péché jusqu’à la libération de l’influence démoniaque. Je lisais des livres qui allaient jusqu’à parler de la «souveraineté de la volonté humaine» et je les approuvais. En fait, je croyais que quand il s’agissait d’accomplir quelque chose dans la vie du croyant, Dieu était impuissant pour surmonter la volonté humaine.

Je n’étais pas seul dans mon erreur. Le mouvement évangélique américain a soutenu la puissance de la volonté humaine dès le XIXe siècle, lorsque les enseignements de Charles Finney détournèrent le mouvement loin des doctrines de la grâce, mais plutôt vers celles de la capacité humaine. Considérons une des affirmations les plus célèbres de Finney :

[Un réveil] n’est pas non plus un miracle, d’après cette autre définition qui le représenterait comme une chose au-dessus des pouvoirs de la nature. Il n’y a rien dans la religion qui soit au-dessus des pouvoirs ordinaires de la nature : elle ne consiste absolument que dans un juste exercice de ces pouvoirs : rien de plus, rien de moins. Lorsque les hommes se convertissent ce n’est pas proprement qu’ils deviennent capables d’efforts dont ils étaient auparavant incapables : ils usent seulement d’une manière différente, et pour la gloire de Dieu, de forces qu’ils avaient déjà.[1]

Finney enseignait que tous les hommes sont pleinement en mesure d’obéir à Dieu tels qu’ils sont; ils ont juste besoin de se motiver. Son influence détient toujours une emprise considérable sur la plupart des évangéliques. Cette influence comprend la façon dont l’évangile est présenté, dont les gens sont conseillés, dont les sermons sont prêchés, et dont les gens envisagent la sanctification. Qu’ils l’expriment ou non, la plupart des gens pensent que le christianisme consiste à motiver les personnes de telle sorte qu’elles prennent de meilleures décisions. C’est exactement ce que je pensais.

Cette illusion a été renforcée au XXe siècle, quand la psychologie a trouvé sa place dans l’évangélisme. La psychologie prétendait pouvoir découvrir les secrets du comportement humain en étudiant intégralement les pensées subconscientes relatives à des événements remontant à la petite enfance. Les chercheurs et d’autres personnes ont proposé diverses théories sur le comportement humain. La plupart de ces théories ont trouvé leur chemin dans l’église de sorte que la psychologie est devenue une exigence pour les étudiants des écoles et séminaires bibliques. Cela reste vrai à ce jour. Un des objectifs de ces théories est de percer les secrets du pourquoi les gens font des choix spécifiques. D’une manière ou d’une autre, la plupart des théories supposent que quelque chose dans le passé d’une personne constitue le point important qui doit être découvert. Des universités, des entreprises, et le gouvernement ont déployé des moyens financiers et humains considérables pour comprendre pourquoi les gens ne font pas de meilleurs choix dans la vie.

Je viens juste d’acheter un livre intitulé Life’s Healing Choices,[2] par John Baker, le fondateur de Celebrate Recovery. Le livre est basé sur la série de sermons de Rick Warren appelé «The Road to Recovery» qui est basée sur les béatitudes. Dans cette série, il interprète les béatitudes comme «huit choix de guérison» qui mèneront au bonheur.[3] (Alors que les béatitudes elles-mêmes ne parlent jamais de «choix».) Par ailleurs, environ six ans avant que Warren ne prêche sa série de sermon, Robert Schuller publiait The Be Happy Attitudes.[4] Schuller utilisait les béatitudes pour enseigner que si nous changeons nos attitudes, nous trouverons le bonheur. Baker et Warren enseignent que si nous changeons juste nos choix, nous trouverons le bonheur.

Pourtant j’ai une question : et si, en fait, la volonté humaine (même pour le chrétien) était impuissante pour vaincre le péché? Comme nous le verrons, c’est exactement ce que Paul a connu et ses tourments sont à la base de sa complainte en Romains 7. La clé de la sanctification n’est pas la volonté, mais plutôt la grâce de Dieu opérant au travers de la puissance du Saint-Esprit. La grâce ne vient pas via des livres et sermons capables de nous motiver mais par les moyens de grâce institués par Dieu.

Paul : «je ne fais pas ce que je veux»

Romains 7 est le commentaire de Paul du 10e commandement («tu ne convoiteras pas»). Certains enseignants essaient d’atténuer les conséquences de Romains 7 en prétendant que le chapitre entier porte sur l’expérience de Paul avant sa conversion. Mais cela ne tient pas compte du fait que les versets 7-13 sont au passé, alors que les versets 14-25 sont au présent. Tel que je le vois, Dieu a utilisé le 10e commandement pour «tuer» le pharisien propre-juste qu’était Paul avant sa conversion. En Philippiens 3, Paul déclare qu’avant sa conversion, il se considérait comme «irréprochable» (Philippiens 3:6). Or nous savons que ceci a changé pour Paul sur le chemin de Damas. Comme le jeune homme riche, le pharisien Paul pouvait dire : «J’ai respecté tous ces commandements [plusieurs des commandements précédents le 10e] dès ma jeunesse de ma jeunesse» (Luc 18:21). Condamné par l’Esprit Saint, Paul dut admettre qu’il violait le 10e commandement. Il était un pécheur mort avant sa conversion.

Mais qu’en est-il après sa conversion? Le dixième commandement a montré que le péché de Paul était «extrêmement mauvais» (Romains 7:13). Romains 7:14,15 débutent la discussion de Paul au temps présent sur sa vie chrétienne :

Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, je suis un être charnel, vendu au péché. Je ne comprends pas ce que je fais: je ne fais pas ce que je veux, et je fais ce que je hais. (Romains 7:14,15)

J’utilise cette version [S21 en français] de la Bible, car elle traduit thelo_ comme «vouloir», plutôt que «désirer». Si cela est exact, Paul déclare qu’il veut (décide) ne pas pratiquer certaines choses, mais finit néanmoins par les pratiquer (la convoitise plus spécifiquement). Certes, le terme grec thelo_ a une gamme de sens qui comprend à la fois la «volonté», le «souhait» ou le «désir». Que Paul entend-il ici?

Deux considérations importantes justifient ma traduction de ce mot par «volonté». Tout d’abord, Paul est une personne passionnée et motivée. Toute personne lisant le Nouveau Testament ne peut en douter. Paul peut vouloir dire : «J’aimerais ne pas pécher» ou il peut vouloir dire «je décide de ne pas pécher» qui dénote un sens plus fort. Il est difficile d’imaginer Paul utiliser le terme plus faible pour décrire sa propre motivation de ne pas pécher. Deuxièmement, Paul discute la convoitise (Romains 7:7), et le mot grec qu’il utilise est epithumeo_ qui est le mot grec pour «luxure» ou «fort désir.» Si nous traduisons thelo_ comme «souhait» ou «désir», Paul dirait : «Je désire ne pas désirer fortement.» Si nous comprenons cela comme signifiant : «J’ai un désir de ne pas convoiter plus faible que celui de convoiter» cela serait cohérent. Mais est-ce bien cela qu’il veut dire? Il est plus logique de le prendre comme «Je me résous (prendre une décision) à ne pas convoiter, mais j’ai encore de la convoitise» Sur la base de ces considérations, j’interprète l’utilisation que fait Paul de thelo_ (utilisé 7 fois en Romains 7:15-21) dans le sens de «vouloir.»

Ont-ils raison, ceux qui prétendent que Paul ne peut vouloir parler de son expérience pré-chrétienne malgré l’utilisation du temps présent? Considérez le fait que dans le verset 22, Paul dit : «Car je prends plaisir à la loi de Dieu, dans mon être intérieur», alors qu’en Romains 3 Paul a déclaré des incroyants, qu‘«aucun ne cherche Dieu» (Romains 3:11). Que Paul parle de son expérience chrétienne s’intègre aussi dans le contexte plus large et la structure de l’épitre aux Romains. Le dilemme que Paul décrit semblerait nier ce qui a été dit à propos de la libération de l’esclavage du péché en Romains 6; mais, en fait, il décrit l’expérience de tous les chrétiens qui désirent être saints mais se voient encore pécher. Il met également en place la réponse glorieuse au dilemme présent en Romains 8.

Cela dit, Paul explique en Romains 7:15 qu’il hait le péché, qu’il veut ne pas pécher, mais néanmoins, qu’il pèche. La volonté humaine n’est pas capable de vaincre le péché. Paul continue à discuter de l’incapacité de la volonté humaine dans les versets suivants. Par exemple : «Car je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma nature propre : j’ai la volonté de faire le bien, mais je ne parviens pas à l’accomplir.» (Romains 7:18). Que Paul considère la chair comme restant un facteur agissant chez le chrétien peut être compris au travers de ce passage en Galates : «Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit a des désirs contraires à ceux de la chair. Ils sont opposés entre eux, de sorte que vous ne pouvez pas faire ce que vous voudriez.» (Galates 5:17). Il est important de noter que le mot «voudriez» est la traduction du grec thelo_. Ainsi, Paul dit aux chrétiens qu’ils ont le même problème qu’il décrit avoir en Romains 7:18. Les chrétiens ne peuvent pas faire «ce qu’ils voudraient» (en supposant, comme Paul le fait, que ce qui est voulu est d’être libre du péché) en raison d’une bataille interne entre la chair et l’Esprit.

Le mot «vouloir» se trouve deux fois en Romains 7:19 : «En effet, je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.» L’incapacité de la volonté humaine à vaincre le péché ne pouvait être formulée en des termes plus simples : vouloir le bien et ne pas vouloir le mal ont tout deux échoué à changer l’attitude de Paul (ou la notre). Paul mentionne un principe selon lequel la «loi» du mal contrecarre les décisions en faveur du bien : «Je découvre donc cette loi: alors que je veux faire le bien, c’est le mal qui est à ma portée.» (Romains 7:21). Nous pouvons vouloir le bien, mais ce passage dit littéralement que «le mal est prêt de moi.» Le Dictionnaire de Théologie du Nouveau Testament dit ceci au sujet du mot grec traduit par «à ma portée» : «Dans le NT seulement en Rom 7:18,21 : prêt à mentir, disposé à mentir, se tenir sous la puissance de quelqu’un (désignant la puissance et l’impotence humaine).»[5] Ainsi, le mal se tient toujours prêt et nous ne pouvons pas simplement désirer qu’il soit éloigné.

La discussion de Paul conduit à sa célèbre complainte : «Misérable que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort?» (Romains 7:24). L’ironie de ceci est qu’avant que Paul ait été condamné par le Saint-Esprit et qu’il se convertit au Christ, il avait une opinion totalement différente : «par rapport à la justice de la loi, j’étais irréprochable.» (Philippiens 3:6b). Comment la conversion peut-elle amener quelqu’un à passer «d’irréprochable» à «misérable»? Elle le fait en enlevant les oeillères de la propre justice et confère un véritable désir de sainteté. Le Saint-Esprit présent dans le chrétien lui donne le désir de plaire à Dieu. Mais le désir ou la volonté ne supprime pas tout péché. Le progrès dans la sainteté conduit paradoxalement à une plus grande lamentation à propos de la présence continue du péché.

La complainte du chrétien à propos du péché et la réponse de Dieu

Enseigner que la volonté est capable de vaincre le péché fait du mal aux chrétiens. Certains prétendent même pouvoir atteindre la perfection dans cette vie. Or les chrétiens désirent être libérés du péché, parce qu’ils ont le Saint-Esprit. Ainsi, lorsque les dirigeants chrétiens promeuvent la perfection et offrent des programmes ou des expériences qui prétendent conduire à la perfection, ils font beaucoup de mal au troupeau. Par contre l’honnête chrétien sera convaincu de son propre échec et se sentira désespéré. Les chrétiens moins honnêtes s’efforceront de faire tous ce que les dirigeants leur indiqueront et prétendront eux aussi être parfaits. Ils pourraient même atteindre l’état de Paul quand en tant que pharisien il se considérait comme «irréprochable». Cependant, ils ne pourront pas se débarrasser du péché.

Nous pouvons à ce point mieux comprendre la complainte de Paul à propos de notre misère et continuer la lecture pour en trouver la réponse. Romains 8 est d’autant plus réconfortant si nous le lisons dans le contexte de la complainte de Paul dès la fin de Romains 7. La réponse à la complainte est la suivante : l’action du Saint Esprit, effective pour tous les chrétiens. Commençons avec le verset 1 : «Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ,[…]» (Romains 8:1). Durant mon temps d’égarement des débuts, je lisais même ce passage de manière incorrecte. Je comprenais la «condamnation» comme un état ​​mental dans lequel on se sent coupable. En outre, je pensais que les chrétiens «charnels» étaient ceux qui ressentaient de la condamnation, et que les chrétiens spirituels étaient ceux qui n’en ressentaient pas. Je me suis placé dans la dernière catégorie et me sentais alors très bien dans ma peau. Mais katakrima, «condamnation» tel que le commente Leon Morris, n’est pas un terme émotionnel : «Condamnation est un terme judiciaire qui comprend ici à la fois la sentence et l’exécution de la peine, mais pour les croyants n’y a aucune condamnation […]»[6]

Une vérité fondamentale pour tous les chrétiens est que nos péchés sont pardonnés. La communion chrétienne nous le rappelle. Pensez à ce que Jésus a dit à la dernière Cène : «car ceci est mon sang, le sang de la [nouvelle] alliance, qui est versé pour beaucoup, pour le pardon des péchés.» (Matthieu 26:28). Une raison pour laquelle la Cène du Seigneur est un moyen de grâce, est qu’elle nous rappelle que nos péchés sont pardonnés. Par conséquent, nous ne sommes sous aucune condamnation. Jésus a porté la peine complète pour nos péchés et détourna la colère de Dieu de nos péchés quand il versa son sang sur la croix. Cette vérité pèse souvent trop légèrement sur nous, et nous détournons facilement nos yeux d’elle. Nous pensons que nous avons besoin de quelque chose de plus pratique, qui nous aiderait à faire de meilleurs choix. Paul nous invite à considérer le réconfort en ce que Dieu a réalisé une œuvre de grâce et que nos péchés, qui nous rappellent que nous sommes misérables, ne nous amèneront jamais sous la condamnation. C’est objectivement vrai; ce n’est pas juste un état d’esprit.

La loi qui suscitait la complainte de Paul en Romains 7 l’a amené à l’Évangile en Romains 8, et cela devrait être le cas aussi pour nous. Jésus a utilisé la loi pour montrer à ses auditeurs que leur besoin de justice était bien plus que ce qu’ils pouvaient imaginer : «Car, je vous le dis, si votre justice ne dépasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.» (Matthieu 5:20). Cela nous montre que nous avons un besoin désespéré de la justice de Christ que nous ne pouvons pas atteindre par les œuvres religieuses. Paul avait le sentiment de la justice en tant que pharisien, mais pas la réalité de celle-ci. Ceci est la raison pour laquelle je suis si fortement opposé à l’interprétation déjà mentionnée plus haut des «huit choix qui mènent au bonheur». Si l’on pouvait obtenir une justice surpassant celle des pharisiens à l’aide de choix humains, nous n’aurions pas besoin de la justice imputée par Christ. En banalisant la loi, l’approche de Schuller et de Warren du Sermon sur la Montagne ne parvient pas à nous mettre face à face avec la nécessité de l’évangile. Jésus et Paul, d’un autre coté le font bien mieux.

Paul clarifie sa pensée : «Car ce qui était impossible à la loi parce que la chair la rendait impuissante, Dieu l’a fait: il a condamné le péché dans la chair en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une chair semblable à celle de l’homme pécheur. Ainsi, la justice réclamée par la loi est accomplie en nous qui vivons non selon notre nature propre mais selon l’Esprit.» (Romains 8:3,4). La réponse à la complainte de Paul est ce que le Christ a fait sur la croix pour nous et ce qu’il fait à travers l’œuvre de l’Esprit. Ce travail de l’Esprit s’applique à tous les chrétiens et ne s’applique pas aux non-chrétiens. Interpréter ce passage comme relatif à une élite chrétienne possédant un secret ou ayant eut une expérience d’ordre supérieure, par opposition aux chrétiens ordinaires qui n’ont pas cette expérience, serait un abus du texte. Comment le sais-je? Paul nous dit : «Quant à vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas(Romains 8:9). Paul l’exprime sous la forme d’une proposition en « soit l’un soit l’autre ». (Notez que «Esprit de Dieu» et «Esprit du Christ» sont synonymes.) Si vous avez l’Esprit Saint vous êtes «dans l’Esprit», et si vous ne l’avez pas, vous n’êtes pas un chrétien.

Ayant établi que tous les chrétiens sont dans l’Esprit, considérons quelques versets et voyons combien il est important que nos esprits soient dirigés par l’Esprit : «En effet, ceux qui vivent selon la chair se préoccupent des réalités de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l’Esprit sont préoccupés par ce qui est de l’Esprit. Et la chair tend vers la mort, tandis que l’Esprit tend vers la vie et la paix.» (Romains 8:5,6). En comparant ceci à l’enseignement de Paul en Galates 5 sur le fruit de l’Esprit ou de la chair, nous pouvons arriver à une conclusion importante. Quel que soit ce qui encourage et renforce le travail de l’Esprit dans nos vies, c’est cela qui va amener la sanctification pratique, et tout ce qui nous dévie de l’Esprit vers la chair nous nuit. Pour comprendre les catégories que fait Paul, n’oubliez pas que les chrétiens ne sont pas «dans la chair», mais «dans l’Esprit.» Toutefois d’après ce que nous apprenons en Galates 5, cela ne signifie pas que la chair soit entièrement non agissante en nous. Il y a une bataille.

Ceci étant, toutes les églises chrétiennes devraient insister sur ce qui conduit les gens vers le travail de l’Esprit et avertir sur ce qui les conduit à la chair. Mais malheureusement, le mouvement évangélique est devenu «accro» à la chair. Par exemple, deux des plus grandes méga-églises évangéliques dans notre région utilisent le conseil théophostique [Theophostic counseling] pour leurs membres. J’ai déjà écrit précédemment à ce sujet.[7] La théorie du conseil theophostique affirme que les réponses émotionnelles des chrétiens au moment présent sont causées par leur interprétation des premiers événements de leur mémoire. Ce faux enseignement nie en fait la seule chose que les chrétiens ont et que personne d’autre n’a : la liberté vis-à-vis de notre passé de pécheur. Paul déclare :

Ainsi, désormais, nous ne percevons plus personne de manière humaine; et si nous avons connu Christ de manière purement humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. (2Corinthiens 5:16,17)

Le conseil théophostique subvertit les idées du pardon des péchés et de la liberté de ce que nous étions «dans la chair» et redirige les gens vers la chair. Rien ne pourrait être plus nuisible pour les chrétiens. Nous sommes censés annoncer les moyens de grâce qui rassurent les chrétiens sur le fait que leurs péchés sont pardonnés. Au lieu de cela, certaines de nos plus grandes églises les dirigent vers la chair et suggèrent qu’elle détermine leur bien-être. Ceci est, très franchement, rien de moins que de la méchanceté spirituelle. Toute église adhérant au ministère théophostique, ou similaire, est en rébellion contre l’évangile de Jésus-Christ. Nous avons besoin de l’œuvre de l’Esprit qui vient à nous via la Parole, pas d’un processus d’analyse de la vieille nature charnelle qui a été mise à mort (légalement) à la croix.

Pensez à ce que Paul dit aux Galates : «Voici seulement ce que je veux apprendre de vous: est-ce en pratiquant les oeuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit ou en écoutant l’Evangile avec foi? Manquez-vous à ce point de bon sens? Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par vos propres forces?» (Galates 3:2,3) Le légalisme est une autre façon avec laquelle les églises mettent en valeur la chair. Ils créent des règles artificielles que les gens sont censés suivre (par leur volonté). Les gens n’ont pas besoin de plus de lois. Paul déplorait le fait qu’une loi en particulier (le 10e commandement) était suffisante pour prouver que la volonté humaine ne peut pas vaincre le péché. Nous avons besoin de l’œuvre de l’Esprit; pas de plus de lois. Tout ce qu’une église peut promouvoir en tant que plan pour la vie chrétienne, basé sur la volonté humaine est voué à l’échec. De nos jours, l’évangélisme en Amérique a été sévèrement altéré par un engagement de 150 ans envers la volonté humaine. Or Dieu ne sauve ni ne sanctifie au travers de la force de la volonté.

Les désirs conduisent les choix

Jonathan Edwards a fait une grande contribution à la théologie chrétienne quand il a publié A careful and Strict Inquiry into the Modern Prevailing Notions of that Freedom of Will, Which is Supposed to be Essential to Moral Agency, Virtue and Vice, Reward and Punishment, Praise and Blame.[8] Heureusement, cet ouvrage est connu sous le nom : The Freedom of the Will. À mon avis, personne n’a jamais écrit un livre sur la volonté humaine qui rivalise avec la grande œuvre d’Edwards.

Edwards a proposé cette idée clé dans sa définition de la libre volonté : «La liberté de choisir comme on veut.» Edwards a affirmé que les humains choisissent en fonction de leur plus grand désir du moment. Cette définition explique le dilemme de Paul comme décrit en Romains 7. Puisque «convoitise» du 10e commandement est epithumeo_, «convoitise» ou «fort désir» en Romains 7:7 et dans la Septante en Exode 20:17, c’est par définition un grand désir. Puisque la convoitise est un désir fort, elle détermine des choix humains. Paul a pu prendre la décision de ne jamais convoiter, mais cette décision n’a pu empêcher le «fort désir.»

Le comportement externe peut être modifié en créant un désir plus fort. Par exemple, une personne peut convoiter la femme de son prochain, mais ne concrétisera pas ce désir sur la base du plus grand désir de ne pas voir son propre mariage s’effondrer, divorcer et peut-être perdre sa maison et sa famille. Une personne qui désire voler pourra ne pas concrétiser ce désir en raison d’un plus fort désir de ne pas être capturé et d’être envoyé en prison. Les punitions, pénalités ou les conséquences potentielles peuvent dissuader les gens d’agir sur la base de certains désirs, mais selon Edwards, ils font encore là leurs choix en fonction de leur plus fort désir (pour éviter des conséquences fâcheuses). C’est pourquoi le 10e commandement à tué Paul le pharisien. Il n’y a rien dans la loi qui supprime les désirs intérieurs. Les êtres humains ne peuvent pas garder le commandement de ne pas avoir de désirs. La volonté ne supprime pas le désir.

C’est pourquoi un travail intérieur de l’Esprit Saint est le seul espoir pour accéder à la sanctification. L’Esprit Saint donne progressivement de nouveaux désirs aux chrétiens. A partir du moment où les désirs changent, les choix suivent. Les désirs conduisent les choix et non l’inverse. C’est un concept assez simple.

Finney, écrivant plus de cent ans après Edwards, a rejeté effectivement la théologie Edwards et a proposé le contraire. Finney a porté la capacité humaine vers de nouveaux sommets, il a nié la nature de péché, et a affirmé que, même dans son état non régénéré, chaque personne avait le pouvoir d’obéir à tout ce que Dieu à jamais commandé. Par exemple :

Nous avons vu que la capacité d’obéir à Dieu de tous les hommes sains d’esprit est nécessairement supposée être une vérité première et que cette hypothèse est une des lois mêmes de l’esprit. C’est aussi la condition indispensable de l’affirmation, et de la conception, qu’ils sont sujets à une obligation morale; et que, sans cette hypothèse, les hommes ne peuvent pas même concevoir la possibilité de la responsabilité morale, du mérite ainsi que de la culpabilité.[9]

L’affirmation de Finney selon laquelle on doit être capable d’obéir à une loi morale afin d’avoir la louange ou le blâme contredit directement l’enseignement d’Edwards. Edwards a montré que Dieu Lui-même n’a pas d’autre choix que de faire le bien plutôt que le mal (puisque Dieu ne peut pas pécher), et Dieu est parfaitement louable. L’enseignement de Finney est à la fois illogique et non biblique. Dieu nous ordonne d’être parfaits, mais cela n’implique pas notre capacité de le faire. Dieu ne peut commander quoi que ce soit, si ce n’est ce qui est en accord avec sa propre nature morale. Or nous sommes vendus au péché et incapable de garder tous les commandements de Dieu. Paul l’a très clairement mis en évidence en Romains 7.

Revenons aux béatitudes telles que comprises par Rick Warren et Robert Schuller. Warren a écrit ceci : «Jésus a commencé le sermon sur la montagne en partageant huit secrets de bonheur véritable.»[10] Jésus ne publiait pas des ordonnances pour le bonheur, mais plutôt une description des citoyens du Royaume de Dieu. La première et la dernière des béatitudes (le terme, en passant, vient du terme latin «bénédictions»[11] et n’a rien à voir avec le terme «attitudes») se concluent avec, «car le royaume des cieux est à eux». Celles figurant entre les premières et les dernières béatitudes sont des promesses de bénédictions futures telles que, «ils hériteront la terre.» Loin des «secrets du bonheur» ou de «l’attitude heureuse» ces bénédictions s’adressent à des gens qui ne semblent pas être bénis aux yeux du monde, mais qui ont, par la foi, vu que le royaume s’est approché. Comme mentionné précédemment, John Baker de Celebrate Recovery appelle les béatitudes, «huit choix de guérison.» Ce ne sont pas des choix; ce sont des conditions dans lesquelles les gens se trouvent en raison d’une œuvre de Dieu.

Par exemple, considérez cette béatitude : «Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés» (Matthieu 5:6). Pour mettre cela en perspective, considérons l’enseignement de Paul aux Romains : «comme cela est écrit: Il n’y a pas de juste, Pas même un seul; Aucun n’est intelligent Aucun ne cherche Dieu;» (Romains 3:10,11). Sans un travail préalable de la grâce de Dieu, nul ne cherche Dieu lui-même. Certains prétendent que Paul a exagéré et ne doit pas être pris à la lettre. Mais le contexte indique une chose différente. La litanie de Paul sur le péché humain en Romains chapitres 1-3 a très clairement une portée universelle. Il établit le besoin universel de l’Évangile. Par conséquent, être affamé de justice n’est ni un «choix» qui mène au bonheur, ni le «secret» du véritable bonheur. C’est la condition d’une personne bénie, causée par une œuvre de la grâce que Dieu a effectuée.

Je mentionne les exemples de la façon dont Schuller et Warren utilisent les béatitudes parce que les deux ont été très importants dans l’histoire récente de l’Église. Je prétends que leurs idées sont des produits d’un évangélisme erroné qui a été influencé outre mesure par la capacité humaine pour plus d’un siècle. Le concept de la volonté humaine toute puissante affecte même comment l’Evangile est présenté. Que ce soit à des fins thérapeutiques ou pour sauver certains, l’évangélisme suppose que nous devons avoir la meilleure approche pour motiver les gens à prendre des décisions. Ils croient que la volonté humaine règne en maître. Sinon, pourquoi quelqu’un réduirait les béatitudes à des choix ou des secrets qui mènent au bonheur? Ils supposent que tout le monde veut être heureux et ils utilisent donc ce désir pour motiver les gens à faire des choix différents. La nécessité d’une œuvre surnaturelle de l’Esprit Saint ne reçoit que peu ou pas de considération. Ils ne se considèrent pas eux-mêmes misérables comme Paul; mais ils croient tout simplement qu’ils ont juste besoin d’un coup de pouce d’un conférencier motivateur.

Si Edwards a raison (et je le crois), leur approche motivationnelle qui est si américaine, est promise à l’échec. Si nous avons des désirs mauvais en raison d’une nature de péché, alors nous pouvons être motivé de ne pas agir d’après eux du fait de l’existence de sanctions externes. Mais notre problème avec la convoitise est sans espoir. Seule une œuvre surnaturelle de Dieu par le Saint-Esprit peut changer notre désir au niveau du cœur. Nos désirs et motivations changent lorsque notre cœur est changé.

Le travail de l’Esprit Saint

Martin Luther a dit : «Le Saint-Esprit vient à nous à travers la Parole.» Le livre des Hébreux est clair sur le fait que la Bible est «Dieu qui parle.»[12] Une section de deux Pierre démontre cela :

«Sa divine puissance nous a donné tout ce qui est nécessaire à la vie et à la piété en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa [propre] gloire et par sa force. Celles-ci nous assurent les plus grandes et les plus précieuses promesses. Ainsi, grâce à elles, vous pouvez fuir la corruption qui existe dans le monde par la convoitise et devenir participants de la nature divine.» (2Pierre 1:3,4)

Notez que tout ce qui a trait à «la vie et à la piété» a été accordé par Sa puissance divine. Ces choses ne sont pas obtenues par la volonté humaine. En outre, c’est par «les plus précieuses promesses» de Dieu que nous devenons comme le Christ et échappons à la corruption de la convoitise. Ceci est parfaitement en accord avec les enseignements contenus en Hébreux 11. Les grands hommes de foi dans l’Ancien Testament ont cru en les promesses de Dieu. La foi a besoin d’un objet, et nous devons croire ce que Dieu a promis. Croire conduit à la sanctification.

Revenons brièvement à Romains 8. Après la «misérable» complainte de Romains 7, nous avons vu que Paul a souligné le travail de l’Esprit. Comme un glorieux crescendo, Romains 8:28-39 assure que tous ceux qui sont justifiés (tous les vrais chrétiens) seront glorifiés et qu’il n’y a aucun pouvoir dans l’univers qui puisse arrêter cela. Nous sommes en sécurité dans la providence et dans l’amour de Dieu. Tels sont les «magnifiques» promesses que Pierre mentionne. Les promesses de Dieu doivent être mises en face des chrétiens en permanence de sorte que nous ayons un objet à notre foi (Dieu et Ses promesses). Nous avons besoin de l’assurance que Dieu finira par nous perfectionner, et, que pendant ce temps, Jésus intercède pour nous : «Par conséquent, il peut aussi sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu à travers lui, puisqu’il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur.» (Hébreux 7:25). Nous avons besoin de l’assurance que le Saint-Esprit prie en nous par des soupirs inexprimables (Romains 8:26).

Pierre énumère huit vertus que nous devons appliquer avec diligence (2Pierre 1:5-7). Mais de peur que nous pensions que les qualités chrétiennes sont développées grâce à la volonté, Pierre explique quel est le problème si elles ne se développent pas : «Quant à celui qui ne possède pas ces qualités, il est aveuglé par sa myopie: il oublie qu’il a été purifié de ses anciens péchés.» (2Pierre 1:9). Le Seigneur Jésus a institué la Cène du Seigneur, afin que nous n’oubliions pas comment nous avons gagné le pardon. Les pasteurs et les anciens des églises chrétiennes doivent annoncer la vérité de l’Évangile et tout le conseil de Dieu devant les congrégations. Beaucoup, cependant, ne prêchent pas l’évangile parce qu’ils pensent que prêcher la Bible aux chrétiens n’est pas «pratique». Mais Pierre nous dit que d’oublier notre purification des anciens péchés nous ferait manquer des qualités chrétiennes. Prêcher l’Evangile aux chrétiens est pratique. Dieu utilise cela pour mettre son Esprit en eux et effectuer une œuvre intérieure de grâce.

Les moyens de grâce

Pour en revenir à Romains 8, nous lisons ceci : «Si vous vivez selon la chair, vous mourrez, mais si par l’Esprit vous faites mourir les oeuvres du corps, vous vivrez.» (Romains 8:13). Comment peut-on mettre à mort («mortifier» dans la version David Martin) les actions du corps? L’histoire de l’Église liste de nombreux échecs de tentatives pour mortifier la chair. Par exemple, considérez les monastères médiévaux où les moines mortifiaient la chair dans l’espoir de faire mourir le péché. Si ces moines ascétiques s’en étaient tenu au sola scriptura, ils auraient su que cela ne fonctionnerait pas : «Ils ont, en vérité, une apparence de sagesse, car ils indiquent un culte volontaire, de l’humilité et le mépris du corps, mais ils sont sans aucune valeur et ne servent qu’à satisfaire la chair.» (Colossiens 2:23). Tout «culte volontaire» est impuissant contre «la chair». Cela inclut toute pratique non prescrite aux chrétiens dans la Bible, y compris la prière contemplative, les labyrinthes, la méditation de style oriental, le yoga, le silence, la solitude, la journalisation, ou d’autres disciplines spirituelles extrabibliques.

Le «culte volontaire» n’a pas le pouvoir de mortifier la chair. Pourquoi? Parce que la sanctification se fait par grâce au travers de la foi, tout comme le salut. Nous ne pouvons pas avoir une foi légitime en ce que Dieu utiliserait ce qu’il n’a pas institué. Il n’y a aucune promesse attachée à toute activité autre que les pratiques instituées par Dieu.

Les moyens de grâce sont visibles le jour de la Pentecôte chez les premiers chrétiens :

Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés, et ce jour-là, le nombre des disciples augmenta d’environ trois mille personnes. Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières. (Actes 2:41,42)

Ils ont d’abord été baptisés. Le baptême est un moyen de grâce parce que c’est une pratique instituée par Dieu (Matthieu 28:19). En outre, le baptême nous rappelle la purification de nos anciens péchés (l’oubli dont Pierre parle nous amènerait à ne pas développer les qualités chrétiennes). Paul rappelle aux Colossiens leur baptême (Colossiens 2:12) dans le contexte d’une mise en garde contre le «culte volontaire». D’un autre coté, Paul rappelle aux destinataires de l’épître aux Romains leur baptême (Romains 6:2-5) dans le cadre de l’enseignement sur «ne pas continuer dans le péché». Le baptême est un moyen de grâce et doit être compris comme un des moyens de Dieu pour garder la vérité évangélique face à nous.

Une autre pratique était qu’ils «persévéraient dans l’enseignement des apôtres». Les enseignements des apôtres se trouvent dans notre Nouveau Testament, et en tant que la parole de Dieu, sont les moyens les plus importants de grâce. C’est pourquoi cela est si tragique lorsque les églises mettent de côté l’enseignement de la Bible dans le but d’introduire quelque chose qu’ils jugent plus pratique. En mettant de côté la Parole de Dieu, ils sont assurés que les chrétiens ne se développeront pas dans la sanctification. Une fois que les chrétiens dépérissent faute des nutriments nécessaires, ces mêmes églises embauchent des psychologues et des thérapeutes (dont les enseignements ne sont pas des moyens de grâce) afin de résoudre le manque de sanctification résultant. Et cela ne fonctionne pas. Tout autre enseignement que l’enseignement direct et l’application de la pure parole de Dieu par les pasteurs et les anciens est une faute pastorale. Dieu veut que Ses brebis soient alimentées de nourriture pure : La parole non falsifiée (2Corinthiens 4:2). C’est la seule chose qui soit saine pour elles, et le seul régime spirituel avec lequel elles peuvent prospérer.

La pratique suivante était la «communion fraternelle». La façon dont je comprends la communion dans le cadre de la discussion sur les moyens de grâce, est qu’elle doit être pratiquée dans le cadre de réunions chrétiennes. 1Jean 1:7 relie la communion les uns avec les autres avec la purification du péché par le sang de l’expiation. La communion n’est pas la cause de l’expiation par le sang, qui a été faite par Christ une fois pour toutes, mais la communion en tant que moyen de grâce rappelle aux chrétiens l’expiation par le sang et les bases de la purification des péchés. Nous avons besoin de nous réunir avec le troupeau du Seigneur autour des moyens de grâce.

Les Actes indiquent aussi qu’ils rompaient le pain. La plupart des chercheurs croient à juste titre que cela doit être compris comme la Cène du Seigneur. La Cène du Seigneur, comme le baptême, nous montre ce qui a été fait pour nous ainsi que la promesse future. En effet, Paul dit que le baptême nous rappelle la mort, l’enterrement et la résurrection de Christ ; le baptême nous rappelle ce qu’il a fait pour nous et la promesse future de notre propre résurrection vers l’immortalité. Paul dit aux Corinthiens que quand ils pratiquent la Cène du Seigneur, ils «annoncent la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne». Là aussi il s’agit d’un nouveau rappel de la façon dont nous sommes sauvés, de la promesse à venir du retour du Christ, et du banquet eschatologique final quand tous les rachetés dîneront avec Christ.

La pratique finale mentionnée en Actes 2:42 est la prière. Bien que certains théologiens ne croient pas que la prière soit un moyen de grâce, il y a suffisamment de support biblique en faveur de l’idée que cela le soit. Considérons ce passage : «Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir compassion et de trouver grâce pour être secourus au moment opportun.» (Hébreux 4:16). Nous trouvons grâce au trône de la grâce. La prière individuelle et corporative sont des pratiques instituées par Dieu qui viennent avec la promesse de grâce pour nos besoins.

Quand j’ai commencé à enseigner les moyens de grâce, j’ai constaté que la plupart des chrétiens n’avait jamais entendu parler de ce concept ou même de cette terminologie. Ce principe est enseigné dans la théologie luthérienne et réformée, mais l’évangélisme américain en dehors de ces mouvements a perdu la doctrine des moyens de grâce ou ne l’a jamais eu. Dans notre église, nous devons régulièrement enseigner les moyens de grâce à mesure que de nouvelles personnes arrivent. Beaucoup viennent de différentes églises évangéliques qui ont trempé dans le mouvement des personnes en recherche [seeker movement]. Pour la plupart, ils n’avaient jamais entendu parler de moyens de grâce. Je pense que la raison de cela est la consécration à la volonté humaine qui est répandue depuis si longtemps. L’implication tacite de cela est que les gens sont sanctifiés car prenant les bonnes décisions plutôt que de prendre les bonnes décisions, car ils sont sanctifiés.

Conclusion

Découvrir la vérité sur l’incapacité humaine est ce qui a changé ma vie chrétienne et mon ministère à partir de 1986. J’ai découvert cela alors que j’enseignais sur l’épître aux Romains. L’incapacité humaine est soulignée dans de nombreux endroits en Romains. J’ai passé 10 années en essayant d’amener les gens à prendre de meilleures décisions, plutôt que de leur donner les moyens de grâce dont ils avaient besoin pour changer vraiment. Quand j’étais un jeune homme (je suis désolé de le dire) j’étais trop confiant en ​mes propres capacités. Je pensais que je pouvais faire ce que je concevais en mon esprit. Les gens me disent qu’ils étaient intimidés par moi et que j’étais inaccessible. Un membre de notre congrégation m’a dit qu’elle avait l’habitude de pleurer sur le chemin de la maison après avoir entendu mes prêches. Lorsqu’on lui a demandé, pourquoi sur le chemin du retour, elle a répondu, parce qu’elle ressentait en elle-même un énorme échec à chaque fois. J’ai passé de nombreuses années à conseiller les gens et j’étais régulièrement frustré à leur propos. Je voulais leur dire ce qu’ils devaient faire, mais ils retombaient constamment dans les mêmes échecs. Le problème était que ma démarche était fondée sur la capacité et la volonté humaine. Dieu fut très aimable et m’a ouvert les yeux sur la vérité ; celle-ci m’a tourné vers un chemin différent. Je le remercie du fait que je n’ai commencé à écrire qu’après ce changement. Je ne voudrais pas que mes idées précédentes soient aujourd’hui imprimées.

Cher lecteur chrétien, considérez le fait que Paul a déploré son incapacité de garder le 10e commandement. Considérez que sa réponse à l’impuissance de la volonté humaine était l’opération gracieuse de l’Esprit Saint. Ceci étant, la seule chose qui fait sens est d’accomplir tout ce qui favorise l’action de l’Esprit et de ce fait qui mortifie la chair plutôt que de la nourrir. Ce qui fait sens, c’est de vous mettre sous les moyens de la grâce par la foi, et au travers des magnifiques promesses de Dieu, faire preuve de diligence pour constater que les qualités chrétiennes comme décrites dans la Bible se développent. La promesse de Dieu pour vous est qu’elles se développeront, par Sa grâce. Et même mieux que cela, Il vous promet que vous serez glorifiés et rendus conformes à l’image du Christ.


Sauf indication contraire, les citations bibliques de la traduction française sont tirées de La Bible version Segond 21, Société Biblique de Genève, 2007.


Notes de fin

[1] Charles G. Finney, Discours sur les Réveils Religieux, E. Béroud, 1886, Discours 1.

[2] John Baker, Lifes’s Healing Choices, New York : Howard Books, 2007.

[3] Ibid., p. 4.

[4] Robert Schuller, The Be Happy Attitudes, Waco : Word, 1985.

[5] Theological dictionary of the New Testament. 1964-c1976. Vols. 5-9 edited by Gerhard Friedrich. Vol. 10 compiled by Ronald Pitkin. (G. Kittel, G. W. Bromiley & G. Friedrich, Ed.) (electronic ed.) (3:656). Grand Rapids, MI: Eerdmans.

[6] Leon Morris, The Epistle to the Romans, Grand Rapids : Eerdmans, 1988, p. 300.

[7] Voir l’article CIC n°79, http://cicministry.org/commentary/issue79.htm

[8] J’explique les idées Edwards dans l’article CIC n°92, http://cicministry.org/commentary/issue92.htm

[9] Finney, Systematic Theology, 1878 edition, Lecture 32, p. 444, dans Books For The Ages, AGES Software, version 2.0 [CD-ROM] (Albany, OR: The Master Christian Library Series, 1997).

[10] Rick Warren, The Purpose Driven Life, Zondervan : Grand Rapids, 2002, p. 228.

[11] Craig L. Blomberg, Matthew in The New American Commentary, Nashville: Broadman, 1992, p. 97.

[12] Je cherche à le démontrer dans cet article : http://www.cicministry.org/commentary/worldview0038.htm

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s